La féminisation de la pauvreté
Réponse à Recommandation
| Doc. 11708
| 17 septembre 2008
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
lors de la 1034e réunion des Délégués des Ministres (11 septembre
2008)
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1800
(2007)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres
a pris note avec intérêt de la
Recommandation 1800 (2007) de l’Assemblée parlementaire relative à «La féminisation
de la pauvreté». Il l’a portée à l’attention des gouvernements des Etats
membres et transmise au Comité directeur pour l’égalité entre les
femmes et les hommes (CDEG) et au Comité européen pour la cohésion
sociale (CDCS).
2. L’Assemblée constate, dans sa
Résolution 1558 (2007) sur «La féminisation de la pauvreté», à laquelle elle
fait référence dans la recommandation susmentionnée, que l’inégalité
entre les sexes est l’un des facteurs qui est à l’origine de la
féminisation de la pauvreté. A cet égard, le Comité des Ministres
rappelle l’engagement, pris lors du Troisième Sommet de Chefs d’Etat
et de Gouvernement à Varsovie, d’intensifier les efforts pour parvenir
à une véritable égalité entre les hommes et les femmes dans toutes
les sphères de la société, et de développer, pour ce faire, des
règles et des mécanismes efficaces pour prévenir et éradiquer les discriminations
fondées sur le sexe.
3. L’ensemble de ces règles a été rassemblé dans la Recommandation
Rec(2007)17 sur les normes et mécanismes d’égalité entre les femmes
et les hommes que le Comité des Ministres a adoptée et adressée
aux Etats membres en novembre 2007, avec un ferme encouragement
aux gouvernements afin qu’ils prennent ou renforcent les mesures
nécessaires pour mettre en œuvre l’égalité entre les femmes et les
hommes en prenant pleinement en compte les principes et normes établis.
Le Comité des Ministres attache également une grande importance
à la stratégie de l’approche intégrée de l’égalité, notamment dans
le domaine de la cohésion sociale. Il rappelle à cet égard sa Recommandation
n° R (98) 14 relative à l’approche intégrée de l’égalité entre les
femmes et les hommes.
4. Le Comité des Ministres est conscient du phénomène de féminisation
de la pauvreté, qui est lié à des éléments multiples, tels que l’inégalité
de la prise en compte des qualifications des femmes sur le marché
du travail, un taux de chômage supérieur à celui des hommes, des
salaires et des pensions de retraite souvent moins élevés. C’est
notamment pour lutter contre ces phénomènes que la 6e Conférence
ministérielle européenne sur l’égalité entre les femmes et les hommes
portant sur les «Droits de la personne humaine et les défis économiques
en Europe – l’égalité entre les femmes et les hommes», tenue à Stockholm
les 8 et 9 juin 2006, a adopté un plan d’action pour réaliser l’égalité
entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères de la société,
ainsi qu’une résolution intitulée «Réaliser l’égalité entre les
femmes et les hommes: un défi pour les droits de la personne humaine
et une condition préalable au développement économique».
5. Cette résolution présente des propositions de stratégies pour
promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, parmi lesquelles
l’analyse de genre et la mise en place par les Etats membres de
statistiques ventilées par sexe à prendre en compte dans la planification,
le développement et la mise en œuvre des politiques nationales,
régionales et locales dans leurs différents domaines d’action. Le
Comité des Ministres a porté la résolution et le plan d’action susmentionnés
à l’attention des gouvernements des Etats membres afin qu’ils puissent
s’en inspirer dans l’établissement et la mise en œuvre de leurs
politiques nationales en matière d’égalité, de même qu’à l’Assemblée,
au Congrès, ainsi qu’à tous les comités directeurs.
6. Le partage inégal des responsabilités familiales et domestiques
(soins aux enfants, soins aux membres de la famille à charge, etc.)
est une raison majeure de la discrimination à l’égard des femmes
sur le marché du travail et de leur participation sociale et politique
limitée. A cet égard, le Comité des Ministres réitère son appel aux
Etats membres, déjà formulé dans sa Recommandation n° R (96) 5 sur
la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale
et repris dans sa Recommandation Rec(2007)17, à prendre les mesures appropriées
pour promouvoir le partage égal des tâches au regard des responsabilités
familiales et garantir que ces responsabilités familiales ne constituent
pas une source de discrimination.
7. Le Comité des Ministres a en outre veillé à mettre en avant,
dans cette dernière recommandation, un autre indicateur important
de la volonté politique des Etats et de leur engagement en faveur
de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il s’agit de l’intégration
d’une perspective de genre dans le processus budgétaire et son utilisation
dans tous les programmes, dans tous les domaines, en tant qu’outil
nécessaire pour garantir que le principe d’égalité entre les femmes
et les hommes est respecté dans la distribution et l’allocation
des ressources. Cette question sera notamment développée dans le
cadre d’une conférence qui sera organisée par le Comité directeur
pour l’égalité entre les femmes et les hommes (CDEG), en mai 2009,
à Athènes.
8. En outre, le Comité des Ministres appelle l’attention de l’Assemblée
sur les recommandations formulées par la Task Force de haut niveau
sur la cohésion sociale visant à intensifier la promotion des droits
sociaux en Europe. Dans ce contexte, le Comité européen pour la
cohésion sociale (CDCS) devrait entreprendre des travaux pour la
mise en place d’«indicateurs de cohésion sociale» visant à élaborer,
par le dialogue entre le secteur public et le secteur privé et l’implication
des citoyens, des séries d’indicateurs de bien-être en tant qu’instruments
permettant de renforcer les stratégies de lutte contre la pauvreté
et l’exclusion et d’obtenir la participation des parties prenantes
à la promotion de sociétés cohésives et durables.