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Réconciliation et dialogue politique entre les pays de l’ex-Yougoslavie

Proposition de résolution | Doc. 11818 | 29 janvier 2009

Signataires :
M. Pietro MARCENARO, Italie, SOC ; M. John AUSTIN, Royaume-Uni ; M. Luc Van den BRANDE, Belgique, PPE/DC ; M. Vannino CHITI, Italie, SOC ; M. Mátyás EÖRSI, Hongrie, ADLE ; M. Nigel EVANS, Royaume-Uni ; M. Piero FASSINO, Italie, SOC ; M. Jean-Charles GARDETTO, Monaco, PPE/DC ; M. Paolo GIARETTA, Italie, ADLE ; M. Andreas GROSS, Suisse, SOC ; M. Mike HANCOCK, Royaume-Uni, ADLE ; M. Kastriot ISLAMI, Albanie, SOC ; M. Tadeusz IWIŃSKI, Pologne, SOC ; M. Konstantin KOSACHEV, Fédération de Russie, GDE ; M. Göran LINDBLAD, Suède, PPE/DC ; M. Zsolt NÉMETH, Hongrie ; Mme Kristiina OJULAND, Estonie ; M. Christos POURGOURIDES, Chypre, PPE/DC ; M. Andrea RIGONI, Italie, ADLE ; M. Björn von SYDOW, Suède, SOC ; M. Zoltán SZABÓ, Hongrie ; M. Luigi VITALI, Italie, PPE/DC ; M. Luca VOLONTÈ, Italie, PPE/DC ; M. David WILSHIRE, Royaume-Uni, GDE
Thesaurus

Le conflit qui a ravagé le territoire de l’ex-Yougoslavie dans les années 1990 et provoqué sa dissolution a laissé des blessures profondes qui ne sont toujours pas cicatrisées. Malgré la nature démocratique de leurs institutions, leur appartenance commune au Conseil de l’Europe et à l’OSCE et leurs aspirations en vue d’une adhésion à l’Union européenne, les Etats issus de la dissolution de l’ex-Yougoslavie voient toujours leurs relations ternies par l’héritage de la guerre.

Au niveau judiciaire, le processus visant à établir les responsabilités pour les violations graves du droit international humanitaire commises pendant le conflit se poursuit à travers le travail du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), qui a inculpé à ce jour 161 individus dont deux, Goran Hadžić et Ratko Mladić, sont toujours en fuite. En outre, la Bosnie-Herzégovine et plus récemment la Croatie ont intenté une action en justice devant la Cour international de justice pour génocide contre la Serbie, qui déclare maintenant qu’elle va déposer une requête similaire contre la Croatie.

Il est certes important que la justice suive son cours. Cependant, parallèlement au travail des tribunaux, il devrait y avoir un processus politique entrepris en premier lieu par les dirigeants et les forces politiques des pays concernés et visant à aider l’opinion publique à comprendre le passé et à tourner la page pour pouvoir aller de l’avant. Malheureusement, rares sont encore les déclarations publiques faites par de hauts responsables de l’Etat qui reconnaissent les atrocités commises pendant le conflit ou présentent des excuses à ce propos. C’est là une occasion manquée de faciliter le dialogue interethnique dans un pays donné et de créer les conditions effectives de la réconciliation et d’un véritable dialogue politique entre pays voisins.

Dans un sens, il est paradoxal de constater que, alors que la plupart des Etats issus de la dissolution de l’ex-Yougoslavie progressent sur la voie d’une plus grande intégration à l’Union européenne et entretiennent un dialogue étroit avec Bruxelles, leurs relations bilatérales semblent se détériorer, à en juger notamment par le ton de certaines déclarations publiques et les discours tenus par les dirigeants politiques nationalistes.

Par conséquent, l’Assemblée devrait examiner l’état des relations bilatérales entre les pays issus de la dissolution de l’ex-Yougoslavie et souligner les actions positives entreprises au niveau politique pour surmonter l’héritage du passé et encourager la réconciliation avec leurs voisins. A la lumière de cette analyse, l’Assemblée devrait faire des recommandations visant à consolider les relations bilatérales et à renforcer le dialogue et la coopération entre les pays concernés, dans le respect du Statut du Conseil de l’Europe et des valeurs qu’il défend et dans l’intérêt de la stabilité régionale.

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