Violences sexuelles envers les femmes dans la partie orientale de la République démocratique du Congo
Proposition de recommandation
| Doc. 11633
| 17 juin 2008
- Signataires :
- Mme Miet SMET,
Belgique ; M. John AUSTIN,
Royaume-Uni ; Mme Olena BONDARENKO,
Ukraine, PPE/DC ; M. Jean-Guy BRANGER,
France ; M. Igor CHERNYSHENKO,
Fédération de Russie, GDE ; M. James CLAPPISON,
Royaume-Uni ; M. Daniel DUCARME,
Belgique ; Baroness Anita GALE,
Royaume-Uni ; Mme Olha HERASYM'YUK,
Ukraine, PPE/DC ; Mme Birgen KELEŞ,
Turquie, SOC ; M. Gabino PUCHE,
Espagne, PPE/DC ; Mme Marlene RUPPRECHT,
Allemagne, SOC ; M. Steingrímur J. SIGFÚSSON,
Islande ; Mme Doris STUMP,
Suisse, SOC ; M. Marek WIKIŃSKI,
Pologne, SOC ; M. Paul WILLE,
Belgique
- Thesaurus
Cette proposition n'a pas été examinée par l'Assemblée et n'engage que ses signataires.
Utilisées comme arme de guerre, les violences sexuelles commises
par des groupes armés, l’armée, la police et les civils dans la
partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC) s’élèveraient,
dans le seul Nord-Kivu, à 25 000 cas chaque année, selon les estimations
de la Mission de l’ONU en RDC (MONUC) et Stephen Lewis, ancien envoyé
spécial des Nations Unies sur le sida. Le coordonnateur des secours
d’urgence des Nations Unies et Secrétaire général adjoint aux Affaires
humanitaires, John Holmes, évoquait, en septembre 2007, 27 000 cas
recensés de violences sexuelles au Sud-Kivu en 2006.
Ces actes de violences sexuelles sont punissables et répréhensibles
au regard des quatre conventions de Genève auxquelles la RDC est
signataire depuis 1961, qui condamnent le viol ainsi que d’autres
formes de violences sexuelles, comme des violations graves du droit
humanitaire dans les conflits internes aussi bien qu’internationaux.
Ils relèvent des crimes contre l’humanité au sens de l’article 7.1
du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Or, les auteurs
de violences sexuelles en RDC restent impunis. Pour que la paix soit
restaurée, il est impératif que l’impunité cesse. Tant que les auteurs
de violences sexuelles ne seront pas jugés, les atrocités continueront.
Les atrocités semblent avoir affaibli tous les mécanismes
sociaux de protection. Les femmes qui ont survécu à un viol sont
souvent rejetées par leur famille et par leur communauté. Certaines
victimes ont subi des mutilations irréversibles de leurs organes
génitaux et plusieurs victimes ont des lésions graves. En plus,
le nombre de contaminations par le virus du sida augmente considérablement.
Les victimes des violences sexuelles ont besoin de soins médicaux,
psychosociaux et financiers pour elles-mêmes ainsi que pour leurs enfants.
Rappelant sa Résolution
1212 (2000) sur le viol dans les conflits armés, l’Assemblée recommande
au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe et aux gouvernements
des Etats membres:
1 de condamner
catégoriquement les nombreux cas de violences sexuelles commises
dans les zones de conflit et postconflit, y compris dans l’est de
la RDC;
2 de demander à la RDC et aux différents partis de mettre
en œuvre sans délai les Accords de paix de Goma du 23 janvier 2008
et de donner suite au communiqué de Nairobi du 9 novembre 2007;
3 d’agir au sein du Conseil de sécurité pour:
- renforcer le mandat et les moyens
de la MONUC en matière de protection des civils, en veillant à une
plus grande implication européenne;
- combattre énergiquement les violences sexuelles commises
dans les zones de conflit et postconflit dans les- quelles agissent
les missions de maintien de paix de l’ONU;
- soutenir la nouvelle résolution des Nations Unies qui
englobera pour la première fois la violence sexuelle en tant que
sujet de sécurité;
4 d’inciter le Gouvernement congolais:
- à mettre fin à l’impunité des
auteurs de violences sexuelles et à appliquer les dispositions du Code
pénal congolais sur les violences sexuelles (articles 167, 168,
170 et 171);
- à développer les moyens humains et les ressources financières
nécessaires à la bonne application de la justice;
- à développer, avec l’aide de la communauté inter- nationale,
des structures d’accueil et d’accompagnement pour les victimes de
viols ainsi que pour les enfants, y compris des centres médicaux
adaptés aux blessures pouvant être engendrées par les violences
sexuelles (fistules, etc.);
5 d’aider à reconstruire et à renforcer le système judiciaire
congolais, à réformer la police congolaise et le système pénitentiaires
congolais pour que justice soient rendue aux victimes.