Observation de l’élection présidentielle dans «l'ex-République yougoslave de Macédoine» (22 mars et 5 avril 2009)
Rapport d’observation d’élection
| Doc. 11866
| 27 avril 2009
1 Introduction
1. Lors de sa réunion du 9 janvier
2009, le Bureau de l’Assemblée a décidé de mettre en place, sous réserve
de la réception d’une invitation, une commission ad hoc pour l’observation
de l’élection présidentielle prévue pour le 22 mars 2009 dans «l'ex-République
yougoslave de Macédoine» et d’envoyer une mission pré-électorale
environ un mois avant la date de l’élection. Après avoir reçu une
invitation du Président de l’Assemblée de «l'ex-République yougoslave
de Macédoine», le Président de l’Assemblée parlementaire m’a nommée
présidente de la commission ad hoc.
2. Le 4 octobre 2004, un accord de coopération a été signé entre
l’Assemblée parlementaire et la Commission européenne pour la démocratie
par le droit («Commission de Venise»). Conformément à l’article 15
de cet accord («lorsque le Bureau de
l’Assemblée décide d’observer des élections dans un pays où la législation
électorale a été précédemment examinée par la Commission de Venise,
l’un des rapporteurs de la Commission de Venise sur cette question
pourra être invité en qualité de conseiller juridique à participer
à la mission d’observation de l’Assemblée»), le Bureau
de l’Assemblée a invité un expert de la Commission de Venise à se
joindre à la commission ad hoc en tant que conseiller.
3. La composition de la commission ad hoc, fondée sur les propositions
des groupes politiques de l’Assemblée, était la suivante:
- Groupe
du Parti populaire européen (PPE/DC)
- M. José MENDES BOTA, Portugal
- Mme Marietta de POURBAIX-LUNDIN
(*), Suède
- M. Janusz RACHOŃ, Pologne
- Groupe socialiste (SOC)
- M. Vidar BJØRNSTAD, Norvège
- M. Andreas GROSS, Suisse
- Mme Sinikka HURSKAINEN, Finlande
- M. Tadeusz IWIŃSKI (*) , Pologne
- Lord TOMLINSON, Royaume-Uni
- Alliance des démocrates et
des libéraux pour l’Europe (ADLE)
- M. Jørgen POULSEN (*), Danemark
- M. Frans WEEKERS (*), Pays-Bas
- Groupe démocrate européen
(GDE)
- M. Mevlüt
ÇAVUŞOĞLU, Turquie
- M. Christopher CHOPE (*), Royaume-Uni
- Commission de Venise
- M. Gaël MARTIN-MICALLEF, Secrétariat,
Commission de Venise
- Secrétariat
- M. Chemavon CHAHBAZIAN, Adjoint
au Chef du secrétariat, Unité de coopération interparlementaire
et d’observation des élections
- Mlle Ann MASON, Assistante, Unité d’assistance parlementaire
- Mlle Beejul TANNA, Assistante
(*)
mission préélectorale (25-27 février 2009)
4. La commission ad hoc de l’APCE faisait partie d’une mission
internationale d’observation des élections (MIOE) composée des missions
d’observation des élections (MOE) de l’Assemblée parlementaire de l’Organisation
pour la sécurité et la coopération en Europe (AP OSCE) et du Bureau
des Institutions Démocratiques et des Droits de l’Homme de l’OSCE
(OSCE/BIDDH). Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil
de l’Europe, qui observait les élections locales, s’est associé
à la déclaration commune de la MIOE.
5. Une mission pré-électorale de l’APCE s’est rendue à Skopje
du 25 au 27 février 2009 afin d’évaluer l’état des préparatifs et
le climat politique à l’approche de l’élection présidentielle du
22 mars 2009. Dans ses conclusions, la commission ad hoc a indiqué
qu'il est nécessaire que toutes les mesures soient prises sur l’ensemble
du territoire, pour éviter d’éventuels actes de violence ou d’intimidation
et pour garantir la tenue de ces élections dans des conditions normales,
permettant ainsi la libre expression de la volonté du peuple. A
cet égard, la délégation a souligné l’importance de la responsabilité
qui incombe à tous les acteurs politiques lorsque des élections
se déroulent dans une société multiethnique. L’élection présidentielle
du 22 mars 2009 constitue également – pour les autorités de «l’ex-République
yougoslave de Macédoine», les dirigeants des partis politiques –
l’occasion de regagner la confiance de la société par le biais d’un
processus démocratique». On trouvera à l’annexe 1 le mémorandum
sur la mission pré-électorale.
6. La commission ad hoc d’observation de l’élection présidentielle
s’est rendue à Skopje du 19 au 23 mars 2009 et s’est entretenue
notamment avec les candidats en lice et les représentants des différents
partis politiques, le président de la Commission électorale centrale
(CEC), le chef et des membres de la mission d’observation des élections
de l’OSCE/BIDDH, ainsi que des représentants de la communauté internationale ainsi
que de la société civile et des médias. On trouvera à l’annexe 2
le programme des réunions de la commission ad hoc.
7. Le jour du scrutin, la commission ad hoc était répartie en
7 équipes qui ont observé les élections à Skopje et environs, elles
se sont rendues également à Tetovo, Struga, Gostivar et Ohrid.
8. La MIOE a conclu que le premier tour de l’élection présidentielle
du 22 mars 2009 dans «l'ex-République yougoslave de Macédoine» s’est
déroulé conformément à la plupart des normes internationales, même
s’il reste quelques problèmes à régler. On trouvera à l’annexe 3
le communiqué de presse publié à l’issue du premier tour des élections.
2 Cadre politique et juridique
9. Le 10 janvier 2009, le Président
de l’Assemblée de «l’ex-République yougoslave de Macédoine» a convoqué
des élections présidentielle et municipales le 22 mars 2009. Les
élections sont régies par un code électoral adopté en mars 2006.
Le 29 octobre 2008, le Parlement a adopté une loi amendant ledit
code. A cet égard, la Commission de Venise du Conseil de l’Europe
publiera en 2009, conjointement avec l’OSCE/BIDDH, un avis sur le
code électoral tel qu’amendé en octobre 2008, notamment à la demande
de la commission de suivi de l’Assemblée parlementaire.
Note
10. Le Président est élu par un vote direct pour un mandat de
5 ans renouvelable une fois. Pour être élu dès le premier tour le
candidat doit recevoir les voix de la majorité absolue des électeurs
enregistrés sur les listes électorales. Si aucun des candidats n’obtient
la majorité absolue – un deuxième tour est organisé dans les 14 jours
après le premier tour et est déclaré élu le candidat ayant obtenu
le plus de voix à condition que le taux de participation atteigne
40% des électeurs enregistrés.
11. Le taux de participation requis pour un second tour à l’élection
présidentielle a diminué de 50 à 40 % suite à une modification constitutionnelle.
Cet amendement répond pour partie à de précédentes recommandations
de la Commission de Venise. Cependant, ce taux de participation
restant élevé.
12. Le Président actuel de «l’ex-République yougoslave de Macédoine»,
M. Branko Crvenkovski, dont le mandat de 5 ans expirera en mai prochain,
n’est pas candidat à sa propre succession. Lors de la rencontre avec
les membres de la mission pré-électorale, il a précisé qu’il envisageait
de devenir le leader de son parti politique, l’Union sociale-démocratique
de Macédoine (SDSM), en tant que parti politique de l’opposition.
13. L’élection présidentielle a eu lieu pratiquement 9 mois après
les élections parlementaires du 1er juin 2008
caractérisées par des actes de violences et des irrégularités dans
un grand nombre de bureaux de vote qui n’ont pas satisfaits à toutes
les normes démocratiques fondamentales selon les conclusions de
la mission internationale d’observation des élections.
14. En ce qui concerne les principaux partis politiques et les
candidats présidentiels, dans leurs interventions ils ont exclu,
sauf un ou deux cas très rares, des messages de haine, d’intolérance,
en privilégiant le dialogue entre eux. Pour la première fois dans
la pratique des campagnes électorales du pays, un débat télévisé
a eu lieu avec la participation des sept candidats. La mission pré-électorale
de l’APCE avait longuement insisté là-dessus lors des rencontres
avec tous les candidats, considérant cet événement comme un pas
important afin de faire naître et de renforcer la culture politique
de la tolérance dans un pays avec une société multiethnique.
3 Liste électorale et enregistrement
des candidats
15. Le ministère de la Justice
était responsable de la mise à jour de la liste des électeurs, sur
la base des informations transmises par les administrations locales.
La Commission électorale centrale a pris la responsabilité de la
gestion des listes électorales en lieu et place du ministère de
l’Intérieur.
Note Cet amendement du
Code électoral devrait permettre un renforcement de l’indépendance
de l’administration électorale, tout du moins si des moyens humains
et financiers adéquats sont fournis parallèlement à la Commission
électorale centrale.
16. L’électorat a été invité à consulter et à rectifier les listes
électorales entre le 20 janvier et le 3 février 2009. Malgré la
campagne de sensibilisation accompagnant cette initiative, seules
1525 modifications ont été apportées à la liste. On comptait 1 792 082
inscrits sur les listes électorales au total dont uniquement 73
000 sont enregistrés (avec astérisque sur les listes électorales)
comme habitant à l’étranger. Selon différentes estimations, y compris
celles des autorités, ce chiffre devrait normalement dépasser 300 000.
17. Par ailleurs, les membres de la mission pré-électorale et
aussi électorale n’ont pas pu recevoir d’explications claires et
convaincantes de la part des autorités compétentes concernant la
très faible différence entre le nombre d’habitants de «l’ex-République
yougoslave de Macédoine» qui est de 2 022 547 (selon les données
officielles du recensement de 2002) et le nombre d’électeurs inscrits
sur les listes pour les élections qui est de 1 792 082 (selon les
données de la CEC en 2009).
18. Par conséquent, il demeure des inquiétudes quant à la qualité
actuelle des listes électorales et leur exactitude concernant un
grand nombre de citoyens vivant à l’étranger et qui sont enregistrés
sur les listes électorales du pays. En lui apportant les moyens
et compétences nécessaires, la Commission électorale centrale devrait
effectuer un important travail de mise à jour des listes, notamment
à la faveur d’une période sans échéances électorales, et ce avec
l’assistance des administrations qui peuvent apporter les sources d’information
nécessaires à la tenue des listes électorales, en particulier le
Ministère de l’Intérieur.
19. Pour l'élection présidentielle du 22 mars 2009, sept candidats
ont été enregistrés par la Commission électorale centrale. S’agissant
de la collecte des 10.000 signatures nécessaires pour être enregistré
comme candidat à l’élection présidentielle, plusieurs candidats
de l’opposition ont souligné que le système actuel n’est pas équitable
pour eux parce que les citoyens sont obligés de se rendre aux bureaux
des candidats pour apporter leur signature et manifester ainsi leur
soutien. D’après eux, un grand nombre de citoyens aurait peur de
faire une telle démarche pour des candidats de l’opposition.
4 Administration électorale
20. L’administration électorale
du pays est organisée en trois échelons avec, à sa tête, la Commission électorale
centrale (CEC), 84 commissions électorales municipales (CEM) et
un bureau électoral (BE) pour chacun des 2 976 bureaux de vote.
21. Les membres de la CEC sont nommés par le Parlement dont le
président et deux membres ont été présentés par l’opposition, le
vice-président et trois autres membres – par les autorités. Cette
composition de la CEC et la procédure de nomination a créé une atmosphère
de confiance dans son fonctionnement. La CEC a œuvré de façon généralement
transparente et efficace et est parvenue à respecter presque toutes
les échéances.
22. Les membres des CEMs et BEs ont été choisis par ordinateur
parmi les fonctionnaires d’Etat, des agents travaillant dans les
administrations publiques de différents niveaux. Par rapport aux
élections précédentes, il y avait un changement important concernant
la nomination des membres des BEs: les partis de l’opposition et
des autorités, chacun, ont nommé un adjoint du président du BE et
un membre. Cette composition mixte des BEs, qui est politico-professionnelle,
a également contribué à renforcer la confiance dans le fonctionnement
de l’administration électorale.
23. La CEC a diffusé sur les médias nationaux une campagne centrée
sur la mobilisation des électeurs, l’explication des procédures
de vote et la mise en garde contre les fraudes électorales. Les
ONGs nationales ont, en outre, mené des campagnes de sensibilisation
des électeurs.
5 La campagne
24. Pour l’élection présidentielle
du 22 mars 2009, sept candidats ont été enregistrés par la Commission électorale
centrale (CEC): M. Ljubomir Frckoski, l’Union sociale démocratique
de Macédoine (SDSM), M. Imer Seljmani, Nouvelle Démocratie (ND),
M. Nano Ruzin, Partie libéral démocratique (LDP), M. Gjorgji Ivanov, Organisation
révolutionnaire de Macédoine – Parti démocratique pour l’unité nationale
de Macédoine (VMRO-DPMNE), M. Ljube Boskovski, candidat indépendant,
M. Agron Buxhaku, Union démocratique pour l’intégration (DUI) et
Mme Miruse Hoxha, Parti démocratique
des Albanais (DPA).
25. Trois candidats étaient d’origine albanaise, six candidats
étaient soutenus par des partis politiques. Toutefois, seuls deux
d’entre eux sont membres des partis politiques qui les soutiennent.
Les quatre autres candidats sont issus d’un milieu d’académiciens
et de professeurs des universités. Pour la première fois dans l’histoire
du pays, il y avait une candidate femme pour l’élection présidentielle:
Mme Mirushe Hoxha (Parti démocratique
des Albanais).
26. Les candidats à l’élection présidentielle menaient la campagne
pratiquement à l’intérieur des communautés ethniques, ce qui ne
contribue pas à la création d’une société de citoyens avec différentes origines
ethniques. Les statistiques de vote des communautés illustrent d’une
manière éclatante les lignes de division en fonction des origines
ethniques. Néanmoins, la mission d’observation tient à souligner
le cas encourageant de la campagne du candidat Imer Seljmani, Nouvelle
Démocratie (ND), qui essayait de dépasser les frontières ethniques
et a obtenu 14,51% des voix au premier tour.
27. La campagne électorale était assez courte du 2 au 20 mars,
ce qui a suscité la critique de certains représentants de l’opposition.
Elle était pacifique, visible, avec beaucoup de manifestations à
travers le pays.
28. En ce qui concerne le financement de la campagne électorale,
suite aux amendements du Code électoral d’octobre 2008, des améliorations
ont été apportées, mais des interrogations inquiétantes restent toujours
à l’ordre du jour, plus précisément concernant la transparence de
financement, les liens entre les leaders des partis politiques et
les propriétaires des médias, surtout électroniques.
29. Tous les acteurs politiques soulignaient l’importance des
élections du 22 mars 2009 pour marquer un pas important vers une
intégration euro-atlantique du pays. A cet égard, les membres de
la mission d’observation des élections ont attiré leur attention
sur le fait que «l’ex-République yougoslave de Macédoine» en tant
que membre du Conseil de l’Europe a des engagements d’organiser
des élections démocratiques indépendamment des perspectives de l’intégration
euro-atlantique.
30. Tous les interlocuteurs, y compris des représentants de l’opposition
et des organisations non gouvernementales, ont souligné que la campagne
était calme, la situation n’était pas conflictuelle, il y avait
très peu de cas de tensions, même dans les localités marquées par
des actes de violences lors du scrutin du 1er juin 2008. Les autorités
et les responsables politiques en ont tiré des leçons positives.
Parmi les signes positifs, il faut souligner les différentes formes
de dialogue et des rencontres entres les candidats à l’élection présidentielle,
y compris le débat télévisé avec la participation des tous les candidats.
31. La MIOE a été informée par certains candidats, par des ONG,
ainsi que par des représentants des médias, des cas d’intimidations
et de pressions exercées par les autorités, des menaces de pertes
d’emplois pour les agents publics qui soutiennent l’opposition,
surtout au niveau local. Ce problème devient encore plus grave du
fait que selon différentes estimations, le chômage atteint plus
de 30% parmi la population active et plus de 100 000 personnes travaillent
dans l’administration publique du pays.
32. A cet égard, la MIOE tient à souligner que le Premier Ministre
a fait une déclaration publique le 18 mars 2009 disant que ce genre
de pratique ne sera pas tolérée par le gouvernement. Si les autorités
ont réussi à assurer la sécurité de la campagne électorale, néanmoins
la campagne n’était pas dépourvue de cas d’intimidation, surtout
dans les régions rurales.
6 Environnement médiatique
33. Pendant la campagne, les médias
ont retransmis un large éventail d’opinions politiques, permettant
aux électeurs d’évaluer en connaissance de cause les positions politiques
des candidats. Dans «l’ex-République yougoslave de Macédoine», il
y a 152 chaînes de télévision et de radios dont 3 chaînes de télévision
et 3 radios sont publiques, ainsi que 10 journaux quotidiens dont
7 sont en langue macédonienne et 3 en langue albanaise.
34. Le Conseil de l’audiovisuel a contrôlé le respect de la législation
existante par les médias électroniques. Il a, en outre, formulé
des lignes directrices sur l’équité de la couverture médiatique
de la campagne présidentielle. Selon ces lignes directrices, lors
de la campagne pré-électorale, les médias ont le droit de couvrir
les activités des candidats uniquement sous forme de news et de
s‘abstenir de diffuser des interviews sur les candidats. Cet arrangement
a provoqué une certaine irritation et de l’incompréhension au sein
de certains milieux journalistiques
35. Les chaînes de télévision publiques ont respecté les 70 minutes
de temps gratuit pour chaque candidat. Néanmoins, sur les chaînes
de télévision publique, plus de 30% des programmes d’actualités
étaient consacré aux activités du gouvernement. Les chaînes de la
télévision privées étaient plus équilibrées dans leur couverture
de la campagne de l’élection présidentielle. D’une manière générale,
les médias privés sont liés avec tel ou tel parti politique, tendis
que les médias publiques dépendent du financement de l'Etat.
36. Concernant la presse écrite, elle a assuré un très large éventail
d’opinions et les articles dans la presse écrite étaient plus critiques
que la couverture proposée par les chaînes de télévision.
7 Réclamations et recours
37. En ce qui concerne les recours
effectifs des candidats présidentiels, même si pour la procédure d’enregistrement
des candidats il n’y avait pas de recours ni de réclamations, néanmoins,
des précisions devraient être apportées dans le Code électoral concernant
les échéances des recours d’ordre électoral et de traitement de
tels recours, permettant à tous les candidats concernés d’avoir
des chances réelles de voir un traitement impartial et dans un délai
raisonnable de leurs recours, sans pour autant remettre en cause
leur droit d’éligibilité.
8 Le jour du scrutin
38. Le jour de scrutin était calme,
sans incidents. A cause de l’abondance de neige dans les régions montagneuses
134 bureaux de vote n’ont pas pu recevoir de matériel électoral
et, par conséquent, n’étaient pas ouverts. Cela représentait environ
1,5% des électeurs.
39. Les membres de la mission d’observation ont constaté que l’atmosphère
dans les bureaux de vote était pacifique, les forces de police étaient
présentes à proximité des bureaux de vote et dans les bâtiments
ou se trouvaient les bureaux de vote. La présence de la police était
plus visible et renforcée dans les localités de la population d’origine
albanaise.
40. Parmi les erreurs constatées: des cas de vote en famille,
même si les membres de la mission d’observation considèrent qu’il
n’est pas facile de différencier le vote en famille de l’aide aux
personnes illettrées, dont la plupart sont des femmes des localités
albanophones; de longues queues d’attente devant certains bureaux
de vote. Le déroulement du vote était évalué mauvais ou très mauvais
dans 8% des bureaux de vote dans les localités albanophones et dans
3% des bureaux de vote des localités de langue macédonienne. Des
formations pour les membres des bureaux de vote, notamment dans
les localités rurales seraient très utiles.
41. Les membres de la mission d’observation ont perçu comme des
signes positifs la présence efficace de la police, sans intimidation
près des bureaux de vote, la présence des observateurs de différents
partis politiques et des observateurs domestiques dans pratiquement
tous les bureaux de vote visités.
42. Selon les résultats préliminaires de la Commission électorale
centrale dans «l'ex-République yougoslave de Macédoine» publiés
le 23 mars 2009, les candidats à l’élection présidentielle ont obtenu: M. Ljubomir
Frckoski (SDSM) – 19,81%; M. Imer Seljmani (ND) – 14,51%; M. Nano
Ruzin (LDP) – 3,92%; M. Gjorgji Ivanov (VMRO-DPMNE) – 33,95%; M. Ljube
Boskovski, candidat indépendant – 14,40%; M. Agron Buxhaku (DUI)
– 7,27% et Mme Miruse Hoxha (DPA) – 2,99%.
9 Deuxième tour de l’élection
présidentielle
43. Suite au premier tour de l’élection
présidentielle, M. Gjorgji Ivanov (VMRO-DPMNE) et M. Ljubomir Frckoski
(SDSM), ont respectivement obtenu 33,95 % et 19,81% des voix exprimées,
et conformément à la législation en vigueur, un deuxième tour de
l’élection a été organisé le 5 avril 2009 entre les deux candidats.
44. M. Jørgen Poulsen (Danemark, ADLE), membre de la commission
ad hoc pour l’observation de l’élection présidentielle dans «l'ex-République
yougoslave de Macédoine», qui a participé aux missions pré-électorale
et électorale, a été nommé pour représenter l’APCE lors du deuxième
tour de l’élection présidentielle.
45. M. Poulsen, la veille de l’élection à Skopje, s’est entretenu
avec M. Gjorgji Ivanov et le directeur de la campagne électorale
de M. Ljubomir Frckoski, le président de la Commission électorale
centrale (CEC), le chef de la mission d’observation des élections
de l’OSCE/BIDDH, le représentant spécial de l’EU et le chef de la délégation
de la Commission européenne, les représentants de l’ONG MOST.
46. Le jour du scrutin, M. Poulsen a observé l'élection dans une
dizaine de bureaux de vote choisis au hasard à Skopje, Tetovo et
Gostivar.
47. La MIOE a conclu que le deuxième tour de l’élection présidentielle
qui a eu lieu dimanche le 5 avril 2009 dans «l'ex-République yougoslave
de Macédoine» a respecté la plupart des engagements et des normes fixées
par le Conseil de l'Europe et l’OSCE pour des élections démocratiques,
bien que certains des problèmes mis en évidence à l’occasion du
premier tour, notamment des allégations crédibles d’intimidation,
soient de plus en plus préoccupants. On trouvera à l’annexe 4 le
communiqué de presse publié à l’issue de l'élection.
48. Le principal défi du deuxième tour de l’élection présidentielle
était le taux de participation de 40% suite à une modification constitutionnelle.
Le deuxième défi de l’élection du 5 avril 2009 était la mobilisation
des électeurs d’origine albanaise dont les candidats n’étaient pas
présents au deuxième tour.
49. L’analyse des résultats de la participation de l’électorat
d’origine albanaise au deuxième tour montre clairement l’indifférence
de cet électorat à l’élection présidentielle au deuxième tour. Par
exemple, dans la localité d’Arachinovo le taux de participation
au deuxième tour est 4,9%, tendis que dans la même localité le taux
de participation au premier tour était 52.56%; à Tetovo le taux
de participation est 26,30%, au premier tour il était 46,85%; par
contre, à Ohrid la population d’origine macédonienne a participé
à la hauteur de 63,35%. Ces chiffres soulignent également une réalité
dangereuse qui est la ligne de division dans la société de «l'ex-République
yougoslave de Macédoine» selon l’origine ethnique.
50. Selon les résultats de la Commission électorale centrale,
publiés le 6 avril le taux de participation était 42,61%. M.Gjorge
Ivanov a obtenu 63,14% des voix et M.Ljubomir Frckovski, 36,86%.
10 Conclusions
51. La commission ad hoc de l’APCE
pour l’observation de l’élection présidentielle dans «l'ex-République yougoslave
de Macédoine» a conclu que l’élection présidentielle a respecté
la plupart des engagements et des normes fixées par le Conseil de
l'Europe pour des élections démocratiques, bien que certains des
problèmes mis en évidence à l’occasion du premier tour, notamment
des allégations crédibles d’intimidation, soient de plus en plus
préoccupants.
52. Les autorités et les principaux acteurs politiques ont tiré
des enseignements positifs des élections législatives de juin 2008.
La sécurité pendant la campagne électorale et le jour du scrutin
s’est considérablement améliorée. A l’évidence, cette élection présidentielle
a contribué à redonner confiance aux citoyens, en s’inscrivant dans
un processus démocratique.
53. La commission ad hoc souligne le fonctionnement impartial,
indépendant et efficace de la Commission électorale centrale malgré
l’insuffisance de personnel qualifié. Le mode et la procédure de
nomination des membres de la CEC et le très haut niveau de confiance
de tous les acteurs politiques en CEC pourraient servir comme exemple
d’inspiration pour certains pays membres du Conseil de l’Europe
sous la procédure de suivi s’agissant du fonctionnement des CECs
dans ces pays concernés.
54. Dans une société multiethnique ou, en plus, les traditions
démocratiques ne sont pas encore enracinées, il est crucial que
les élections ne contribuent pas à l’isolement à l’intérieur des
frontières ethniques.
55. A cet égard, le très faible taux de participation de la population
d’origine albanaise au deuxième tour de l’élection présidentielle
a souligné encore une fois une réalité dangereuse qui est la ligne
de division dans la société de «l'ex-République yougoslave de Macédoine»
selon l’origine ethnique malgré le cas encourageant de la campagne
du candidat Imer Seljmani, Nouvelle Démocratie (ND), qui a essayé
de dépasser les lignes de divisions entre les communautés lors du
premier tour.
56. La commission ad hoc tient à souligner le travail des différentes
organisations non gouvernementales en leur qualité d’observateurs
domestiques, travail effectué lors de ces élections, plus particulièrement
celle de MOST qui était présente pratiquement dans tous les bureaux
de vote.
57. La commission ad hoc regrette que des cas d’intimidations
et de pression continuent à exister, pire encore, des menaces de
perte d’emploi pour les agents publics qui soutiennent l’opposition,
surtout au niveau local. C’est un fait extrêmement préoccupant dans
un pays où, selon différentes estimations, le chômage représente
plus de 30% de la population active et où plus de 100.000 personnes
travaillent dans l’administration publique.
58. Le taux de participation au deuxième tour de l’élection présidentielle
a montré aussi que 40% requis pour un second tour, suite à une modification
constitutionnelle, reste toutefois assez élevé.
11 Recommandations
59. La commission ad hoc considère
que «l’ex-République yougoslave de Macédoine» devrait renforcer
sa coopération avec la commission de suivi de l’APCE dans le cadre
du dialogue post-suivi pour répondre aux préoccupations suivantes,
liées aux élections:
- dans le
souci de rendre plus stable et prévisible son système politique
à moyen et à long terme, y compris le système électoral, il serait
judicieux de procéder aux changements de la législation en la matière
bien avant les échéances électorales nationales, ce qui n’était
pas le cas pour les élections en mars 2009;
- ces changements devraient être préparés en étroite coopération
avec toutes les forces politiques et la société civile pour leur
mise en œuvre efficace;
- solliciter l’assistance de la Commission de Venise du
Conseil de l’Europe pour l’amélioration de la législation électorale,
suite à l’avis de la Commission de Venise qui sera publié dans les
prochains mois et suite aux recommandations du présent rapport;
- améliorer les dispositions juridiques relatives aux financements
des campagnes électorales des partis politiques, des mass médias
même si les amendements du Code électoral en octobre 2008 ont introduit certaines
améliorations en la matière;
- inviter la Commission électorale centrale à effectuer
une mise à jour conséquente, puis régulière des listes électorales,
conjointement avec les autorités compétentes;
- des moyens humains et financiers suffisants devraient
être apportés à la Commission électorale centrale, ainsi qu’aux
autres niveaux de l’administration électorale, afin de lui permettre
le recrutement d’un personnel qualifié;
- le service chargé de la formation du personnel électoral
à tous les niveaux, et plus encore dans les régions rurales et dans
les localités albanophones, devrait être repensé et professionnalisé.
Une campagne de sensibilisation pourrait être organisée qui puisse
être ciblée vers différentes catégories, selon l’âge et en fonction
des particularités des régions.
Annexe 1 –
Observation de l’élection présidentielle dans «l'ex-République yougoslave
de Macédoine» (22 mars 2009)
Mission
pré-électorale, Skopje, les 26 et 27 février 2009 – Mémorandum préparé
par Mme Marietta de Pourbaix-Lundin (Suède,
PPE/DC), Présidente de la commission ad hoc
1. La mission préélectorale s’est
rendue à Skopje les 26 et 27 février 2009 afin d’évaluer l’état
des préparatifs et le climat politique à l’approche de l'élection
présidentielle du 22 mars 2009. La délégation était composée de
Mme Marietta de Pourbaix-Lundin (Suède,
PPE/DC), présidente de la commission ad hoc et chef de la délégation,
M. Tadeusz Iwiński (Pologne, SOC), M. Jørgen Poulsen (Danemark ADLE)
et M. Christopher Chope (Royaume-Uni, GDE). Malheureusement, aucun
membre du Groupe pour la gauche unitaire européenne (GUE) n’était
disponible pour représenter ce groupe au sein de la délégation.
2. La déclaration de la délégation à l’issue de sa visite est
jointe en annexe 1.
3. Durant sa visite à Skopje, la délégation a rencontré les divers
candidats en lice, le Président de la République, Branko Crvenkovski,
la Vice-présidente de l’Assemblée, Svetlana Jakimovska, la Ministre
de l’Intérieur, Gordana Jankuloska, le Président de la Commission
centrale électorale, Aleksandar Novakovski, la délégation de «l’ex-République
yougoslave de Macédoine» auprès de l’APCE, ainsi que les représentants
de la communauté internationale à Skopje et des représentants de
la société civile et des médias. Le programme de la visite est joint
en annexe 2. La commission préélectorale tient à remercier le Parlement
de «l’ex-République yougoslave de Macédoine» et le personnel du
bureau d’information du Conseil de l’Europe à Skopje pour l’excellente
organisation du programme et pour le soutien logistique apporté
à la délégation.
4. Pour l'élection présidentielle qui aura lieu le 22 mars 2009,
sept candidats ont été enregistrés par la Commission électorale
centrale (CEC) dont trois candidats d’origine albanaise. Six candidats
sont soutenus par des partis politiques. Toutefois, seuls deux d’entre
eux sont membres des partis politiques qui les soutiennent. Les
quatre autres candidats sont issus d’un milieu d’académiciens et
de professeurs des universités.
5. Le Président actuel de «l’ex-République yougoslave de Macédoine»
M. Branko Crvenkovski, dont le mandat de 5 ans expire en mai prochain,
n’est pas candidat à sa propre succession. Lors de la rencontre
avec les membres de la mission préélectorale, il a précisé qu’il
envisageait de devenir le leader de son parti politique, l’Union
sociale-démocratique de Macédoine (SDSM), en tant que parti politique
de l’opposition.
6. Les sept candidats à l’élection présidentielle ont confirmé,
au cours de leurs réunions avec la délégation, leur décision de
participer aux débats publics télévisés dans le cadre de la campagne
électorale, ce qui n’était apparemment pas acquis jusqu’à la rencontre
avec la délégation préélectorale. En effet, les citoyens ont le droit
d’être informés des idées et des programmes soutenus par les candidats
afin de pouvoir faire un choix éclairé le jour de l’élection.
7. Une majorité d’interlocuteurs, y compris des représentants
de l’opposition et des organisations non gouvernementales, sont
persuadés qu’il n’y aura pas d’actes de violences lors de ces élections
et que les leçons ont été tirées des événements lors du scrutin
du 1er juin 2008.
8. Plusieurs interlocuteurs ont néanmoins évoqué le fait que
les élections municipales, qui auront lieu le même jour que l'élection
présidentielle, seront marquées par un climat plus tendu. La délégation
a été informée du fait que le Premier Ministre du pays a pris l’initiative
d’organiser une série de rencontres avec les leaders des partis
politiques représentés au parlement afin d’assurer le processus
démocratique des élections. Plus précisément, le 22 février dernier,
un accord a été conclu entre les partis politiques concernant le
rôle de la police le jour des élections afin d’assurer le bon déroulement
du vote du point de vue de la sécurité.
9. Tous les acteurs politiques rencontrés ont souligné l’importance
des élections du 22 mars 2009 pour marquer un pas important vers
une intégration euro-atlantique du pays. Sur cette dernière question
il n’y avait cependant pas de convergence de vues substantielle
entre les candidats à l’élection présidentielle.
10. La délégation a été informée par les autorités du pays des
mesures prises visant à mettre en œuvre les recommandations de la
commission ad hoc pour l'observation des élections législatives
organisées les 1er et 15 juin 2008 (répétition). Concernant les
actes de violence de juin 2008, 18 affaires sur 200 sont closes
et un certain nombre se trouve toujours en phase d’enquête, selon
l’information du Ministère de la Justice.
11. La mission préélectorale a été informée par certains candidats,
par des ONG, ainsi que par des représentants des médias, de certains
cas d’intimidations et de pression exercées par les autorités mais,
selon ces mêmes sources, il y a très peu d’incidents de violence
liés à la campagne de l’élection présidentielle.
12. La mission préélectorale a estimé préoccupant le fait qu’il
existe des cas d’utilisation frauduleuse des ressources administratives
aux frais de la campagne et des menaces de perte d’emploi pour les
agents publics qui soutiennent les candidats de l’opposition, surtout
au niveau local.
13. Dans ce contexte, s’agissant de la collecte des 10.000 signatures
nécessaires pour être enregistré comme candidat à l’élection présidentielle,
plusieurs candidats de l’opposition ont souligné que le système actuel
n’est pas équitable pour eux parce que les citoyens sont obligés
de se rendre aux bureaux des candidats pour apporter leur signature
et ainsi manifester leur soutien. D’après eux, un grand nombre de
citoyens aurait peur de faire une telle démarche pour des candidats
de l’opposition.
14. En ce qui concerne les récents amendements au Code électoral,
ceux-ci font actuellement l’objet d’une analyse par la Commission
de Venise du Conseil de l’Europe, à la demande de la commission
de suivi de l’APCE. Les membres de la mission préélectorale ont
soulevé la question de la connaissance pratique, par les membres
des différents organes de l’administration électorale, des amendements
du Code électoral. Ceci est d’autant plus important compte tenu
du fait que le 22 mars auront lieu deux élections différentes.
15. A cet égard, la mission préélectorale a exprimé son étonnement,
devant les interlocuteurs concernés, quant à la décision des partis
politiques selon laquelle chaque électeur n’aura le droit d’entrer
dans un bureau de vote qu’une seule fois le 22 mars 2009, pour voter
à la fois pour l’élection présidentielle et pour les élections locales.
La possibilité de participer à l’élection présidentielle le matin
et aux élections locales après-midi ou bien de ne participer qu’à
une seule élection sera donc exclue prétendument pour éviter les
doubles votes. Pour les membres de la mission préélectorale le contrôle
de ce processus par les membres des bureaux de vote n’est pas clair.
16. Par ailleurs, les membres de la mission pré-électorale n’ont
pas pu recevoir d’explications claires et convaincantes de la part
des autorités compétentes concernant la très faible différence entre
le nombre d’habitants de «l’ex-République yougoslave de Macédoine»
qui est de 2.022.547 (selon les données officielles du recensement
de 2002) et le nombre d’électeurs inscrits sur les listes pour les
élections qui est de 1.792.082 (selon les données de la CEC en 2009).
17. Concernant le couverture par les media de la campagne électorale
qui commençait officiellement le 2 mars, la mission pré-électorale
a émis le souhait qu’elle soit équilibrée, surtout s’agissant de
l’accès de tous les candidats à l’élection présidentielle aux médias
électroniques avec une couverture au niveau national.
18. La mission pré-électorale a conclut qu'il est nécessaire que
toutes les mesures soient prises, sur l’ensemble du territoire,
pour éviter d’éventuels actes de violence ou d’intimidation, et
pour garantir la tenue de ces élections dans des conditions normales,
permettant ainsi la libre expression de la volonté du peuple. A
cet égard, la délégation souligne l’importance de la responsabilité
qui incombe à tous les acteurs politiques lorsque des élections
se déroulent dans une société multiethnique. L’élection présidentielle
du 22 mars 2009 constitue également – pour les autorités de «l’ex-République
yougoslave de Macédoine», les dirigeants des partis politiques et
l’ensemble des citoyens de bonne volonté – l’occasion de regagner
la confiance de la société par le biais d’un processus démocratique.
«L’ex-République
yougoslave de Macédoine»: déclaration de la mission pré-électorale
de l’APCE
Strasbourg, le 27.02.2009 – Dans le cadre de sa mission pré-électorale
dans «l’ex-République yougoslave de Macédoine», la délégation de
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) note que
les autorités nationales ont pris des mesures visant à mettre en
œuvre les recommandations de la commission ad hoc pour l'observation
des élections législatives organisées le 1er et le 15 juin 2008
(répétition). La délégation prend également note de l’adoption d’amendements
au Code électoral; ceux-ci font actuellement l’objet d’une analyse
par la Commission de Venise du Conseil de l’Europe.
Toutefois, la délégation regrette vivement que tous les responsables
des actes de violence et de fraude électorale commis en juin 2008
n’aient toujours pas été identifiés et déférés en justice.
Par ailleurs, la délégation se félicite des efforts entrepris
par les autorités pour résoudre les graves problèmes ayant entaché
les élections législatives tenues en juin 2008. Toutefois, elle
estime que la modification des lois existantes n’est pas suffisante.
Tout changement apporté à la législation devrait reposer sur la
volonté de tous les acteurs politiques – à la fois les partis politiques
et les différentes communautés du pays – d’instaurer un véritable
climat de confiance.
La délégation exprime certaines préoccupations concernant
l’exactitude des données figurant sur le registre des votants.
Elle se félicite du fait qu’au cours de leurs réunions avec
la délégation, les sept candidats à l’élection présidentielle aient
consenti à participer aux débats publics télévisés dans le cadre
de la campagne électorale. En effet, les citoyens ont le droit d’être
informés des idées et des programmes soutenus par les candidats
avant de leur donner mandat.
Par ailleurs, les autorités de «l'ex-République yougoslave
de Macédoine» ont réaffirmé à la délégation que toutes les mesures
nécessaires seraient prises sur l’ensemble du territoire pour éviter
d’éventuels actes de violence ou d’intimidation, et pour garantir
la tenue de ces élections dans des conditions normales, permettant ainsi
la libre expression de la volonté du peuple. A cet égard, la délégation
souligne l’importance de la responsabilité qui incombe à tous les
acteurs politiques lorsque des élections se déroulent dans une société multiethnique.
L’élection présidentielle du 22 mars 2009 constitue également
– pour les autorités de «l’ex-République yougoslave de Macédoine»,
les dirigeants des partis politiques et l’ensemble des citoyens
de bonne volonté – l’occasion de regagner la confiance de la société
par le biais d’un processus démocratique.
La délégation a rencontré les divers candidats en lice; le
Président de la République, M.Branko Crvenkovski; la Vice-présidente
de l’Assemblée, Svetlana Jakimovska; la Ministre de l’Intérieur,
Gordana Jankuloska; le Président de la Commission centrale électorale,
Aleksandar Novakovski; la délégation de «l’ex-République yougoslave
de Macédoine» auprès de l’APCE, ainsi que des ambassadeurs et des
représentants de la société civile et des médias.
L’APCE observera les élections présidentielles qui doivent
se tenir le 22 mars 2009.
Membres de la délégation:
Marietta de Pourbaix-Lundin (Suède, PPE/DC), Chef de la délégation;
Tadeusz Iwiński (Pologne, SOC); Jørgen Poulsen (Danemark ADLE);
Christopher Chope (Royaume-Uni, GDE)
Contact APCE: Chemavon
Chahbazian, Unité de coopération interparlementaire et d’observation
des élections
Annexe 2 –
Commission ad hoc pour l’observation de l’élection présidentielle
dans “l'ex-République yougoslave de Macédoine” (22 mars 2009)
Programme
du 20 au 23 mars 2009
Jeudi 19 mars
2009
Arrivée des membres de la délégation
Vendredi 20 mars
2009
9h00 Réunion de la délégation (Hotel Holiday Inn)
14h30 Ouverture des réunions:
Mme Pia Christmas-Møller, Chef
de la délégation de l’AP de l’OSCE
Mme Marietta de Pourbaix-Lundin,
Chef de la délégation de l’APCE
15h00 Intervention de l’Ambassadeur Erwan Fouéré, Représentant
spécial de l’Union européenne et Chef de la Délégation de la Commission
européenne à Skopje
15h15 M. Sulejman Rushiti, Directeur de la campagne électorale
de M. Imer Seljmani, Nouvelle Démocratie (ND)
15h40 Parti VMRO DPMNE
- M. Aleksandar
Spasenovski,
- M. Ilija Dimovski
16h20 M. Jovo Despotovski, Secrétaire des relations internationales
et de la coopération avec les institutions internationales du SDSM
17h00 Mission de l’OSCE:
- Ambassadeur
Jose Luis Herrero, Chef de la mission
- M. Peter Erhardy, questions électorales
- Mme. Enrica Vida, questions électorales
17h20 Programme commun de la mission d’observation de l’OSCE/BIDDH:
- M. Peter Eicher, Chef de la
mission de l’OSCE/BIDDH
- Mme Lolita Cigane, analyste
politique
- Mr Marek Mracka, analyste des médias
- Mr Simeon Apostolov, analyste pour des questions électorales
18h10 ONGs/OINGs:
- M. Chris
Hanshaw, Directeur, NDI
- M. Darko Aleksov, Président, MOST, Groupe d’observateurs
domestiques
- Mme Savka Todorovska, Présidente,
Union des organisations des femmes
19h00 Représentants des médias:
- M. Bobi Hristov, Editeur, ALSAT TV
- M. Toni Krstevski, Editeur, MTV
- M. Aleksandar Damovski, Editor en Chef, Nova Makedonija
Samedi 21 Mars
2009
11h30 M. Agron Buxhaku, Candidat présidentiel, DUI
12h00 Mme Mirushe Hoxha, Candidate
présidentielle, DPA
14h30 Rencontres avec les interprètes et les chauffeurs
16h45 M. Emil Kirjas, Vice-président, parti LDP
17h30 M. Aleksandar Novakovski, Président de la Commission
électorale centrale
18h30 M. Ljube Boskoski, Candidat présidentiel indépendant
Dimanche 22 Mars
2009
Observation de l’élection présidentielle
Lundi 23 Mars
2009
8h30 Réunion de la délégation (Holiday Inn Hôtel)
14h00 Conférence de presse (Alexander Palace Hôtel)
Annexe 3 –
Des élections globalement conformes aux normes internationales,
même si des problèmes subsistent, selon les observateurs à Skopje
Strasbourg, 23.03.2009 – Le premier tour
des élections présidentielles et municipales tenues hier dans «l’ex-République
yougoslave de Macédoine» s’est déroulé conformément à la plupart
des normes internationales, même s’il reste quelques problèmes à
régler, a indiqué une mission internationale d’observation des élections dans
une déclaration publiée aujourd’hui.
Les élections ont été bien administrées et n’ont été marquées
par aucun incident violent, contrairement aux élections législatives
de l’an dernier. Le jour du scrutin a été paisible et le processus
de vote a été dans l’ensemble bien géré, bien qu’il y ait eu des
irrégularités de procédure et que le dépouillement ait fait l’objet d’une
évaluation moins positive.
Les autorités et les dirigeants des partis politiques ont
déployé des efforts concertés pour que les élections se déroulent
dans le calme. Le scrutin a été précédé par une campagne énergique
qui a eu un fort retentissement; la multiplicité des candidats et
des partis a offert un véritable choix aux électeurs. Toutefois,
les observateurs ont aussi noté que l’atmosphère de méfiance persistait
en partie, comme l’ont montré de nombreuses allégations troublantes
de pressions ou d’intimidations liées aux élections, visant en particulier
les fonctionnaires, pendant la période pré-électorale.
«Je suis heureuse de constater que ce pays a sensiblement
avancé sur la voie démocratique qu’il avait rejointe lors de la
répétition des élections de l’été dernier. Il y a toujours des irrégularités
et un manque de confiance – et il faudra s’attaquer à ces problèmes
– mais, incontestablement, vous avez encore progressé vers l’organisation
d’élections conformes à vos engagements internationaux», a déclaré
la vice-présidente de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, Pia Christmas-Møller,
coordinatrice spéciale chargée de conduire la mission d’observation
à court terme de l’OSCE.
«Les autorités et les principaux acteurs politiques ont tiré
des enseignements positifs des élections législatives de juin 2008.
La sécurité pendant la campagne électorale et le jour du scrutin
s’est considérablement améliorée. A l’évidence, cette élection présidentielle
a contribué à redonner confiance aux citoyens, en s’inscrivant dans
un processus démocratique», a affirmé Marietta de Pourbaix-Lundin,
chef de la délégation de l’APCE.
«Le premier tour, malgré quelques points de préoccupation,
marque un important pas en avant. Nous observerons attentivement
le second tour pour voir si les progrès se confirment», a indiqué
Peter Eicher, chef de la mission d’observation à long terme de l’OSCE/BIDDH.
«Nous nous félicitons que les élections municipales se soient
déroulées conformément à la plupart des normes européennes, mais
nous regrettons que l’élection présidentielle ait éclipsé les campagnes
locales. Nous encourageons le gouvernement à envisager de séparer
les élections locales et nationales afin que les scrutins municipaux
reçoivent l’attention qu’ils méritent», a déclaré Ludmila Sfirloaga,
chef de la délégation du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux.
La mission internationale d’observation des élections est
une opération conjointe du Bureau des institutions démocratiques
et des droits de l’homme de l’OSCE (OSCE/BIDDH), de l’Assemblée
parlementaire de l’OSCE (AP-OSCE) et de l’Assemblée parlementaire
du Conseil de l’Europe (APCE). Le Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux du Conseil de l’Europe s’est également associé à la déclaration
ci-jointe.
Annexe 4 –
Des progrès le jour des élections, mais quelques problèmes subsistent,
déclarent les observateurs à Skopje
Strasbourg, 06.04.2009 – Le deuxième tour
des élections présidentielle et municipales qui ont eu lieu dimanche
dans «l'ex‑République yougoslave de Macédoine» ont respecté la plupart
des engagements et des normes fixées par l’OSCE et le Conseil de
l'Europe pour des élections démocratiques, bien que certains des problèmes
mis en évidence à l’occasion du premier tour, notamment des allégations
crédibles d’intimidation, soient de plus en plus préoccupants, ont
déclaré les observateurs internationaux des élections, dans une déclaration
publiée aujourd’hui.
«Nous sommes satisfaits de voir un environnement paisible
et une journée électorale bien gérée, bien que certains aspects
de la campagne électorale aient gravement nui à la qualité d’ensemble
du processus électoral», a déclaré Peter Eicher, chef de la mission
d’observation des élections du BIDDH/OSCE.
«Le vote s’est bien mieux déroulé que lors des élections législatives
de 2008», a déclaré Jørgen Poulsen, membre de l’Assemblée parlementaire
du Conseil de l'Europe (APCE). «Le président et le parti majoritaire doivent
maintenant se montrer à la hauteur de la responsabilité qui leur
incombe de créer un processus politique caractérisé par l’ouverture
et de remédier aux problèmes qui ne sont pas encore résolus en ce
qui concerne le processus électoral».
Pendant la période précédant le second tour des élections,
la plupart des candidats et des partis s’étaient déclarés déterminés
à continuer de respecter leur engagement à assurer des élections
calmes et démocratiques. Malgré quelques tensions, surtout lors
des scrutins municipaux serrés, la situation est restée paisible
pendant toute la période électorale. Néanmoins, les allégations
de pression et d’intimidation exercés sur des électeurs ont continué
à ternir l’évaluation généralement positive faite par la mission
d’observation des élections.
Le vote s’est déroulé calmement dans l’ensemble, bien qu’il
y ait eu quelques irrégularités procédurales. Le vote familial a
continué d’être un problème, mais il a considérablement diminué
au second tour. La participation électorale plus faible pour l’élection
présidentielle a fait la preuve du risque que l’exigence d’un taux
de participation de 40 % puisse conduire dans l’avenir à des élections
invalidées, surtout lorsque s’y ajoutent des problèmes concernant
les listes électorales.
Le Bureau des institutions démocratiques et des droits de
l'homme de l’OSCE (OSCE/BIDDH), qui avait déployé pour le second
tour des élections 170 observateurs originaires de 30 pays, dont
40 observateurs et analystes de longue durée et 132 observateurs
de courte durée, a publié lundi une déclaration commune avec l’Assemblée
parlementaire du Conseil de l'Europe, qui avait désigné Jørgen Poulsen
pour représenter l’Assemblée au second tour de l’élection présidentielle.