Les conséquences humanitaires de la guerre entre la Géorgie et la Russie
Réponse à Recommandation
| Doc. 12085
| 24 novembre 2009
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
à la 1070e réunion des Délégués des Ministres (18 novembre 2009) 2010 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1857
(2009)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres
partage pleinement les graves préoccupations de l’Assemblée parlementaire
à propos des conséquences humanitaires du conflit d’août 2008. Alerté
dès l’origine de celui-ci sur les allégations d’atteintes graves
aux droits de l’homme, il s’est rapidement mobilisé pour que les
normes et valeurs de l’Organisation concernant les droits fondamentaux
des individus, tels que protégés en particulier par la Convention
européenne des droits de l’homme, soient pleinement respectées.
C’est ainsi qu’il a apporté son appui politique et matériel à la
mise en œuvre par le Commissaire aux droits de l’homme des six principes qu’il
avait énoncés en vue de la protection urgente des droits de l’homme
et de la sécurité humanitaire. C’est dans le même sens que dès le
mois d’octobre 2008, il a autorisé le Secrétaire Général à mettre
en place un programme de formation aux droits de l’homme pour les
membres de la Mission d’observation de l’Union européenne (EUMM)
en Géorgie.
2. Le Comité des Ministres considère en effet, comme l’Assemblée
parlementaire, que la communauté internationale en général et le
Conseil de l’Europe en particulier ont un rôle important à jouer
dans ce contexte difficile pour protéger et promouvoir les droits
de l’homme et le droit humanitaire. Le rôle de l’Organisation est d’autant
plus important aujourd’hui que la présence de la communauté internationale
sur le terrain a malheureusement diminué au cours des derniers mois.
3. Comme il l’a indiqué lors de sa dernière Session à Madrid
en mai 2009, le Comité des Ministres attend de toutes les parties
impliquées qu’elles facilitent et accordent au Conseil de l’Europe,
et plus généralement à l’ensemble de la communauté internationale,
un accès à toutes les personnes affectées par le conflit et qui
ont besoin d’une protection en matière de droits de l’homme. L’échange
de vues que les Délégués des Ministres ont eu le 9 septembre 2009
avec la Présidente de la commission des migrations, des réfugiés
et de la population de l’Assemblée parlementaire, Mme Corien Jonker,
a montré que l’exigence d’un accès libre et sans entraves à ces
personnes reste toujours d’actualité. Le Comité des Ministres regrette
vivement que cet accès ne soit pas encore pleinement garanti et
ne peut donc que renouveler son appel à toutes les parties concernées
pour qu’elles agissent en ce sens. Il rappelle également l’importance
qu’il attache au droit au retour volontaire, dans la sécurité et
la dignité, de toutes les personnes déplacées suite au conflit.
4. Depuis la Session ministérielle de Madrid, le Comité des Ministres
a continué à suivre avec attention la situation sur le terrain,
sur la base des rapports trimestriels qu’il a demandé au Secrétaire
Général de lui soumettre sur la situation des droits de l’homme
dans les zones affectées par le conflit. Il procèdera à un examen
exhaustif des activités menées par le Conseil de l’Europe suite
au conflit lors de la réunion de transfert de la présidence du Comité
des Ministres le 18 novembre 2009. Les préoccupations partagées
de l’Assemblée et du Comité à propos de la protection des droits
de l’homme et de la situation humanitaire seront au cœur de cet
examen. A la lumière de son évaluation de la situation, le Comité
des Ministres décidera des éventuelles initiatives supplémentaires
qui devraient être prises par l’Organisation, en tenant compte de
l’action des autres instances internationales impliquées. Il gardera
à l’esprit les recommandations spécifiques de l’Assemblée parlementaire
dans ce contexte.