La situation des droits de l’homme en Europe: la nécessité d’éradiquer l’impunité
Réponse à Recommandation
| Doc. 12212
| 26 avril 2010
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
à la 1083e réunion des Délégués des Ministres (21 avril 2010) 2010 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1876
(2009)
- Thesaurus
1. La
Recommandation 1876 (2009) de l’Assemblée parlementaire sur « La situation des
droits de l’homme en Europe : la nécessité d’éradiquer l’impunité »
soulève de graves questions auxquelles le Comité des Ministres accorde
une attention considérable. Il a communiqué la recommandation aux
gouvernements des Etats membres ainsi qu’au Comité directeur pour
les droits de l’homme (CDDH), à la Commission européenne contre
le racisme et l’intolérance (ECRI) et au Comité européen pour la
prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains
ou dégradants (CPT), pour information et commentaires. La recommandation
a aussi été transmise au Comité ad hoc pour prévenir et combattre
la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (CAHVIO)
pour information.
2. Le Comité des Ministres considère que l’éradication de l’impunité
est une priorité de l’action du Conseil de l’Europe. Il rappelle
qu’il a chargé le CDDH d’examiner la faisabilité de lignes directrices
dans ce domaine. Le CDDH a conclu à leur faisabilité et un comité
d’experts subordonné au CDDH
Note a été
chargé d’élaborer les lignes directrices sur la base des indications
fournies par le CDDH lors de sa dernière réunion. L’instrument en question
est destiné à envoyer un signal clair pour montrer la volonté de
l’Europe de mettre un terme à l’impunité en ce qui concerne les
violations graves des droits de l’homme. Le CDDH a pris acte des
points de vue de l’Assemblée concernant le secret d’Etat, les immunités
et les mesures et voies de recours pour combattre toutes les formes
d’impunité, et il en tiendra compte dans la suite de ses travaux.
Le comité d’experts a tenu deux réunions et achevé un premier examen
du projet de lignes directrices. Les lignes directrices devraient
être achevées avant la fin de l’année 2010.
3. Le Comité des Ministres renvoie à sa réponse à la
Recommandation 1872 (2009) de l’Assemblée parlementaire sur « Les droits des filles
d’aujourd’hui : les droits des femmes de demain », et il souligne
que la future convention du Conseil de l’Europe qu’est en train
d’élaborer le CAHVIO portera sur les formes les plus graves et les
plus répandues de violence à l’égard des femmes, y compris la violence
domestique et les crimes dits « d’honneur ».
4. Se référant à son rôle en matière de surveillance de l’exécution
des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, le Comité
des Ministres relève que l’Assemblée l’encourage à étudier la possibilité
pour les Etats de rouvrir les procédures internes à la suite d’une
décision de la Cour européenne des droits de l’homme établissant
que les enquêtes ou procédures internes ont été fondamentalement
viciées, afin d’éviter que des délinquants ne se voient accorder
l’impunité en vertu du principe ne bis
in idem.
5. Quant à l’invitation de l’Assemblée au Comité des Ministres
d’examiner l’opportunité d’établir une commission européenne indépendante
pour enquêter sur des allégations sérieuses de violations graves
et systématiques des droits de l’homme, le Comité souligne le rôle
des mécanismes de suivi qui existent déjà au Conseil de l’Europe,
celui du Secrétaire Général, ainsi que celui du Commissaire aux
droits de l’homme. Il ne voit nullement la nécessité de créer une
structure supplémentaire à ce stade.
Annexe 1 à la réponse
Commentaires du Comité directeur pour
les droits de l’homme (CDDH)
1. Le Comité directeur pour les
droits de l’homme (CDDH) partage pleinement les préoccupations exprimées
par l’Assemblée parlementaire dans sa
Recommandation 1876 (2009) sur «La situation des droits de l’homme en Europe: nécessité
d’éradiquer l’impunité».
2. Suite à la demande adressée par l’Assemblée parlementaire
au Comité des Ministres d’accélérer et intensifier ses travaux en
vue de l’élaboration de lignes directrices du Conseil de l’Europe
sur les droits de l’homme et la lutte contre l’impunité, le CDDH
rappelle qu’il a reçu un mandat du Comité des Ministres pour examiner
la faisabilité de lignes directrices dans ce domaine. Le CDDH a
institué son Comité d’experts sur l’impunité (DH-I) qui a tenu sa
1ère réunion du 9 au 11 septembre 2009. Celui-ci a conclu à la faisabilité
de lignes directrices contre l’impunité dans le cadre de violations
des droits de l’homme. Le Comité, tout en laissant ouvertes certaines
questions relatives à la définition d’impunité et à la portée des
lignes directrices, a rédigé une liste préliminaire de sujets éventuels
à examiner. Les lignes directrices refléteront les normes dégagées
par la jurisprudence de la Cour et par le Comité européen pour la
prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains
ou dégradants (CPT), ainsi que, le cas échéant, d’autres questions
qui pourraient s’avérer pertinentes dans la lutte contre l’impunité.
Cet instrument pourrait envoyer un signal clair de bonne volonté
de l’Europe de mettre un terme à l’impunité au regard des violations
des droits de l’homme. Lors de sa réunion de novembre, le CDDH a
eu l’occasion d’examiner les premières conclusions du DH-I et a chargé
ce dernier d’entamer l’élaboration des lignes directrices.
3. Le CDDH prend note des points de vue donnés par l’Assemblée
parlementaire, relatives à la question du secret d’Etat, des immunités
ou aux mesures et voies de recours pour combattre toutes les formes d’impunité.
Cela sera pris en compte dans les travaux à venir du DH-I, qui devraient
s’achever au courant de l’année 2010.
Annexe 2 à la réponse
Commentaires du Comité européen pour la
prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains
ou dégradants (CPT)
Le CPT a pris acte avec grand intérêt de la Recommandation 1876 (2009) de l’Assemblée parlementaire. Le Comité partage l’avis
de l’Assemblée selon lequel l’éradication de l’impunité doit être
une priorité de l’action du Conseil de l’Europe. Le CPT a souligné
à maintes reprises, encore tout récemment dans son 19e rapport général,
que la crédibilité de l’interdiction de la torture et des peines
ou traitements inhumains ou dégradants est mise à mal chaque fois
que des fonctionnaires responsables de telles infractions ne sont
pas appelés à répondre de leurs actes. Le CPT contribue aux travaux
en cours concernant l’élaboration de lignes directrices du Conseil
de l’Europe contre l’impunité pour les violations des droits de
l’homme et il espère que ces travaux seront prochainement menés
à bonne fin.