Annexe à la réponse
Commentaires de la Commission européenne
pour la démocratie par le droit (Commission de Venise)
1. Par le présent document, la
Commission de Venise donne suite à la demande du Comité des Ministres formulée
lors de sa 1077e réunion (24 février 2010), relative à la
Recommandation 1898 (2010) de l’Assemblée parlementaire sur « Les seuils électoraux
et autres aspects des systèmes électoraux ayant une incidence sur la
représentativité des parlements dans les Etats membres du Conseil
de l’Europe ».
2. Ce document a été adopté par le Conseil des élections démocratiques
lors de sa 32e réunion (Venise, 11 mars 2010) et par la Commission
lors de sa 82e session plénière (Venise, 12-13 mars 2010).
3. La Commission de Venise ne peut que soutenir l’objectif de
garantir que le territoire des Etats membres du Conseil de l’Europe
devienne la plus vaste zone au monde d’élections « libres et équitables », conformément
aux normes démocratiques (point 3 de la recommandation). Ces normes
sont définies en particulier dans le Code de bonne conduite en matière
électorale (CDL-AD(2002)023rev), sur lequel il sera revenu ci-dessous.
Sur les seuils
4. La Commission de Venise a déjà
examiné la question des seuils et autres aspects des systèmes électoraux
ayant une incidence sur la représentativité des parlements dans
les Etats membres du Conseil de l’Europe dans deux documents :
- Le rapport comparatif sur les
quorums et autres aspects des systèmes électoraux restreignant l’accès au
Parlement, adopté par le Conseil des élections démocratiques lors
de sa 26e réunion (Venise, 18 octobre 2008) et par la Commission
de Venise lors de sa 77e session plénière (Venise, 12-13 décembre 2008)
(CDL-AD(2008)037).
- Le projet de rapport sur les quorums et autres aspects
des systèmes électoraux restreignant l’accès au Parlement (II),
qui a été adopté par le Conseil des élections démocratiques lors
de sa 32e réunion (Venise, 11 mars 2010) et par la Commission de
Venise lors de sa 82e session plénière (Venise, 12-13 mars 2010)
(CDL-AD(2010)007).
5. Ces deux documents ont été transmis à l’Assemblée parlementaire
du Conseil de l’Europe avant le débat sur le document 12107, qui
a conduit à l’adoption de la
Recommandation
1898 (2010)
.
6. La Commission signale que ses propres travaux l’amènent à
considérer que la question des seuils électoraux comprend non seulement
celle du seuil explicite mais aussi celles des seuils implicites
(naturels) que comprend la législation électorale.
7. La Commission considère que la grande variété des dispositions
nationales rend difficile l’élaboration de normes européennes autres
que très générales. Elle est néanmoins prête à réfléchir à cette
possibilité si l’Assemblée le souhaite.
Sur les questions électorales
en général
8. La Commission de Venise a élaboré
d’importantes normes européennes dans le domaine électoral.
9. Le Code de bonne conduite en matière électorale (CDL-AD(2002)023rev),
adopté par la Commission de Venise, l’Assemblée parlementaire et
le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, a
fait l’objet d’une déclaration solennelle du Comité des Ministres
le 13 mai 2004. Dans cette déclaration, le Comité des Ministres reconnaît:
« l'importance du Code de bonne
conduite en matière électorale qui reflète les principes du patrimoine électoral
européen comme document de référence pour les activités du Conseil
de l'Europe dans ce domaine, et comme base pour d'éventuels développements
du cadre législatif des élections démocratiques dans les Etats européens » ;
et invite :
«les gouvernements,
les parlements et les autres autorités compétentes des Etats membres
à tenir compte du Code de bonne conduite en matière électorale,
à s'en inspirer, dans le
respect de leurs traditions nationales démocratiques, lors de l'élaboration et l'application
de la législation électorale et à déployer des efforts soutenus
pour lui assurer une diffusion plus large au sein des milieux concernés. »
10. Le Code de bonne conduite en
matière électorale peut être considéré comme le document de référence du
Conseil de l’Europe en la matière et est régulièrement cité par
la Cour européenne des droits de l’homme. Il s’agit du texte européen
le plus complet en matière de standards électoraux.
11. Le Code de bonne conduite en matière électorale (CDL-AD(2002)023rev)
contient les lignes directrices sur les principes qui régissent
le processus électoral (voir le point 4.2 de la recommandation).
En particulier, il traite des commissions électorales (CDL-AD(2002)023rev,
II.3.1, voir le point 4.1.1 de la recommandation) ; des procédures
de vote (voir notamment CDL-AD(2002)023rev, I.3.2, et le point 4.1.6) ;
de l’observation des élections (CDL-AD(2002)023rev, II.3.2, voir
le point 4.1.7 de la recommandation). La question des seuils électoraux
et mesures analogues (point 4.1.2 de la recommandation) a déjà été
mentionnée ci-dessus.
12. La Commission de Venise a développé la question du statut
international des observateurs d’élections dans les Lignes directrices
relatives à un statut internationalement reconnu des observateurs
d'élections adoptées par le Conseil des élections démocratiques
lors de sa 31e réunion (Venise, 10 décembre 2009) et par la Commission
de Venise lors de sa 81e session plénière (Venise, 11-12 décembre
2009) (CDL-AD(2009)059). L’Assemblée parlementaire, le Congrès des
pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe et la Commission
de Venise ont souscrit à la Déclaration de principe pour l’observation
internationale d’élections et au Code de conduite pour les observateurs
internationaux d’élections élaborés par la Division électorale d’aide
des Nations Unies (UNEAD), l’Institut démocratique national pour
les affaires internationales (NDI) et le Centre Carter (TCC) (CDL-AD(2005)036).
13. Par ailleurs, la Commission de Venise a étudié la question
de l’impact des systèmes électoraux sur la représentation des femmes
en politique (CDL-AD(2009)029).
14. La Commission a également adopté des lignes directrices sur
le financement des partis politiques (CDL-INF(2001)008 ; cf. le
point 4.1.5 de la recommandation).
15. Dès lors, il apparaît à la Commission que la plupart des thèmes
mentionnés dans la recommandation font déjà l’objet de lignes directrices
qu’elle a élaborées ou reconnues en coopération, le cas échéant,
avec d’autres organismes. Les représentants de l’Assemblée parlementaire
ont été étroitement associés à la rédaction de tous les textes soumis
au Conseil des élections démocratiques.
16. La Commission de Venise est à la disposition du Comité des
Ministres s’il souhaite l’élaboration d’autres normes en la matière.