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Observation des élections générales en Bosnie-Herzégovine

(3 octobre 2010)

Rapport d’observation d’élection | Doc. 12432 | 11 novembre 2010

Commission
Bureau de l'Assemblée
Rapporteur :
M. Tiny KOX, Pays-Bas, GUE
Thesaurus

1 Introduction

1. A la suite de l’invitation de la Commission électorale centrale (CEC) de la Bosnie-Herzégovine du 12 mai 2010, le Bureau de l’Assemblée parlementaire a décidé, lors de sa réunion du 25 mai 2010, de constituer une commission ad hoc composée de 30 membres pour observer les élections générales en Bosnie-Herzégovine qui ont eu lieu le 3 octobre 2010, ainsi que l’organisation d’une mission préélectorale composée de cinq membres – un de chaque groupe politique, également membres de la commission ad hoc – qui a eu lieu les 13 et 14 septembre 2010. M. Tiny Kox a été nommé Président et rapporteur de cette commission ad hoc.
2. Le 4 octobre 2004, un accord de coopération a été signé entre l’Assemblée parlementaire et la Commission européenne pour la démocratie par le droit («Commission de Venise»). Conformément à l’article 15 de l’accord ainsi libellé: «Lorsque le Bureau de l’Assemblée décide d’observer des élections dans un pays où la législation électorale a été précédemment examinée par la Commission de Venise, l’un des rapporteurs de la Commission de Venise sur cette question pourra être invité en qualité de conseiller juridique à participer à la mission d’observation de l’Assemblée», le Bureau de l’Assemblée a invité un expert de la Commission de Venise à se joindre à la commission ad hoc en qualité de conseiller.
3. Sur la base des propositions faites par les groupes politiques de l’Assemblée, la commission ad hoc était composée comme suit:
  • Tiny KOX, chef de la délégation (Pays-Bas, GUE)
  • Groupe du Parti populaire européen (PPE/DC):
    • Renato FARINA, Italie
    • Jean-Charles GARDETTO, Monaco
    • Françoise HOSTALIER, France
    • Anna LILLIEHÖÖK, Suède
    • Miroslawa NYKIEL, Pologne
    • Kent OLSSON, Suède
    • Janusz RACHOŃ, Pologne
  • Groupe socialiste (SOC):
    • Mirjana FERIĆ-VAC, Croatie
    • Angelika GRAF, Allemagne
    • Sinikka HURSKAINEN, Finlande
    • Igor IVANOVSKI, “L’ex-république yougoslave de Macédoine”
    • Reijo KALLIO, Finlande
    • Geert LAMBERT, Belgique
    • Pietro MARCENARO, Italie
    • Gisela WURM, Autriche
  • Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE):
    • Nursuna MEMECAN, Turquie
    • Jørgen POULSEN, Danemark
    • Andrea RIGONI, Italie
  • Groupe démocrate européen (GDE):
    • Yüksel ÖZDEN, Turquie
    • Karin S. WOLDSETH, Norvège
  • Groupe pour la gauche unitaire européenne (GUE):
    • Tiny KOX, Pays-Bas
  • Secrétariat
    • Vladimir Dronov, Chef du secrétariat, Unité de coopération interparlementaire et d’observation des élections
    • Chemavon Chahbazian, Adjoint au chef du secrétariat, Unité de coopération interparlementaire et d’observation des élections
    • Franck Daeschler, Assistant administratif principal
    • Danièle Gastl, Assistante
    • Serguei Kouznetsov, Division des Elections et Referendums, Commission de Venise
4. La commission ad hoc est intervenue dans le cadre de la Mission internationale d’observation des élections qui comprenait également des observateurs de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, de l’Assemblée parlementaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et de la mission d’observation des élections du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (BIDDH/OSCE).
5. La commission ad hoc s’est réunie à Sarajevo du 1er au 4 octobre 2010 et a notamment rencontré des représentants des principaux partis en lice, la présidente de la commission électorale centrale (CEC), la représentante spéciale du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe en Bosnie-Herzégovine, le chef de la mission de l’OSCE, le chef de la mission d’observation des élections du BIDDH/OSCE et ses collaborateurs, ainsi que des représentants de la société civile et des médias. Le programme des réunions de la commission ad hoc figure à l’annexe 1.
6. Le jour des élections, la commission ad hoc s’est répartie en 11 équipes chargées d’observer les élections à Sarajevo, Banja Luka, Pale, Srebrenica, Brčko et autour de ces villes.
7. La Mission internationale d’observation des élections a conclu que «les élections générales qui ont eu lieu en Bosnie-Herzégovine le 3 octobre 2010 ont représenté un nouveau pas en avant et, hormis les restrictions légales concernant le droit de vote, elles se sont déroulées dans l’ensemble conformément aux engagements de l’OSCE et du Conseil de l’Europe». M. Tiny Kox a ajouté: «cependant, les élections se sont déroulées une fois encore avec des restrictions des droits de suffrage actif et passif, fondées sur l’origine ethnique et le lieu de résidence et imposées par les Accords de Dayton. En tant que tel, le cadre juridique actuel continue de constituer une violation du Protocole n° 12 à la Convention européenne des droits de l’homme». Le communiqué de presse conjoint de la Mission internationale d’observation des élections publié après ces élections figure à l’annexe 2.
8. La commission ad hoc souhaite remercier la Représentante spéciale du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe en Bosnie-Herzégovine, ainsi que le personnel du bureau du Conseil de l’Europe pour leur coopération et appui logistique apportés à la commission ad hoc et à sa mission préélectorale. Elle tient également à remercier la mission d’observation des élections du BIDDH/OSCE à Sarajevo pour sa coopération efficace.

2 Contexte politique et juridique

9. Pour les élections générales en Bosnie-Herzégovine, qui ont eu lieu le 3 octobre 2010, le cadre électoral est resté complexe. Les électeurs ont voté pour la présidence de l’Etat et ont élu les députés de l’Assemblée parlementaire de la Bosnie-Herzégovine. De plus, les électeurs de la Republika Srpska ont élu le Président de la Republika Srpska et les membres du Parlement de la Republika Srpska. Les électeurs de la Fédération de Bosnie-Herzégovine ont élu les membres de la Chambre des représentants de la Fédération. Des élections cantonales se sont tenues dans la Fédération de Bosnie-Herzégovine, mais elles n’ont été observées par la commission ad hoc que dans la mesure où elles avaient une incidence sur les élections au niveau de l’Etat et des entités.
10. Les élections générales en Bosnie-Herzégovine sont régies par la Constitution et la loi électorale de 2001. La loi électorale a été modifiée plusieurs fois en 2002, 2004, 2005 et 2006. Une grande partie de ces modifications visait à améliorer les aspects techniques de la loi. Par exemple, la récente modification de la loi en 2006 a introduit un système passif d’inscription des électeurs et a supprimé le conseil chargé des plaintes et des recours électoraux.
11. La Constitution de la Bosnie-Herzégovine, annexe de l’Accord général de paix de 1995 (Accord de Dayton), reprend les restrictions au droit d’éligibilité fondées sur l’appartenance ethnique. Seuls les citoyens de Bosnie-Herzégovine qui s’identifient eux-mêmes comme étant bosniaques, serbes ou croates peuvent être candidats à la présidence tripartite de l’Etat. Au niveau des entités, seuls les Serbes peuvent se présenter à la présidence de la Republika Srpska, ce qui empêche effectivement toute personne appartenant à la catégorie dite «autre» de se présenter. De plus, les électeurs de la Republika Srpska ne peuvent voter que pour un candidat serbe et ceux de la Fédération de Bosnie-Herzégovine ne peuvent voter que pour des candidats à la présidence bosniaques et croates.
12. Dans sa Résolution 1701 (2010), l’Assemblée a exprimé sa profonde préoccupation concernant la réforme constitutionnelle en Bosnie-Herzégovine dans le contexte des élections générales du 3 octobre en déclarant: «Elle prend note de l’arrêt rendu par la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Sejdić et Finci c. Bosnie-Herzégovine, dans lequel la Cour estime que le maintien de l’interdiction faite aux requérants de se présenter aux élections à la Chambre des peuples et à la présidence de la Bosnie-Herzégovine, au motif qu’ils n’ont déclaré leur appartenance à aucun des trois «peuples constituants», emporte violation de l’article 14 combiné avec l’article 3 du Protocole no 1 et de l’article 1 du Protocole no 12 à la Convention. Pour se conformer à l’arrêt de la Cour, les autorités de Bosnie-Herzégovine doivent mettre en œuvre une réforme constitutionnelle. Si celle-ci n’est pas mise en œuvre ces prochains mois, il sera impossible de tenir les élections législatives d’octobre 2010 sur la base de nouvelles règles, dans la mesure où la législation électorale n’aura pu être modifiée à temps. C’est pourquoi le risque est grand que, au terme des élections d’octobre 2010, les institutions du pays soient à nouveau formées dans des conditions contraires à la Convention».
13. Hormis les restrictions constitutionnelles susmentionnées, la loi électorale telle que modifiée en mars 2006, est un cadre approprié pour la tenue d’élections démocratiques. Le dernier avis de la Commission de Venise sur la loi électorale a été adopté en juin 2008.
14. Les membres de la commission ad hoc ont eu la possibilité de rencontrer les chefs et les représentants des principaux partis participants aux élections: l’Alliance des sociaux-démocrates indépendants (SNSD), le Parti du progrès démocratique (PDP), le Parti démocratique serbe (SDS), le Parti de l’action démocratique (SDA), le Parti pour la Bosnie-Herzégovine (SBH), le Parti pour le meilleur avenir de la Bosnie-Herzégovine (SBBBiH), l’Union démocratique croate de la Bosnie-Herzégovine (HDZ-BH) et l’Union démocratique croate (HDZ 1990).
15. A cet égard, la commission ad hoc a constaté que tous les partis politiques se sont prononcés en faveur de la suppression des dispositions discriminatoires concernant la possibilité d’être candidat à une élection pour les représentants «des autres». Néanmoins, indépendamment de la volonté de mettre en œuvre l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Sejdić et Fincic. Bosnie-Herzégovine du 22 décembre 2009, il était clair qu’il subsiste de profondes différences quant à la manière de régler le problème. Certains partis politiques préconisent un changement simple de la Constitution afin de permettre la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour, tandis que pour les autres il s’agit d’entamer des réformes en profondeur de la Constitution. Plusieurs résolutions de l’Assemblée ont proposé d’améliorer la situation en la matière. Pourtant, ces résolutions n’ont pas été mises en œuvre.

3 Administration électorale

16. Les élections générales du 3 octobre 2010 ont été les deuxièmes élections entièrement administrées par les autorités de la Bosnie-Herzégovine sans que la communauté internationale y soit associée.
17. Les élections ont été gérées par une administration électorale à trois niveaux composée de la commission électorale centrale, de 142 commissions électorales municipales et de 5 276 commissions de bureaux de vote.
18. La commission électorale centrale se compose de sept membres nommés par le Parlement de la Bosnie-Herzégovine. Deux des membres représentent la communauté bosniaque, deux la communauté croate et deux la communauté serbe, tandis que la catégorie dite «autre» est représentée par un membre. Le président de la CEC est élu parmi les membres par rotation tous les 21 mois. Les commissions électorales municipales comprennent trois à sept membres en fonction du nombre d’électeurs dans la commune. Ces membres sont nommés par le conseil municipal/assemblée municipale dont ils relèvent sous réserve de l’approbation de la CEC.
19. Tous les partis et les candidats indépendants ont le droit de désigner des membres des commissions de bureaux de vote. Celles-ci sont nommées par les commissions électorales municipales dont elles relèvent, moyennant un système de tirage au sort organisé par la CEC.
20. La commission ad hoc a relevé le professionnalisme et la transparence dans le fonctionnement de la CEC. Les représentants et les chefs des partis politiques, indépendamment de leur position politique, ont exprimé leur confiance en la CEC. La CEC a coopéré d’une manière efficace avec le Conseil de l’Europe, notamment pour la mise en œuvre du plan d’action d’assistance préélectorale qui a commencé en février 2010. A cet égard, la commission ad hoc encourage la CEC à poursuivre et renforcer sa coopération avec le Conseil de l’Europe.

4 Inscription des candidats et des électeurs

21. La date limite de l’inscription des candidats était le 21 mai 2010 et la CEC a respecté cette date. L’inscription des candidats s’est faite de manière transparente et inclusive, si l’on omet les restrictions constitutionnelles au droit d’éligibilité fondées sur l’origine ethnique déjà mentionnées. Au total, 32 partis politiques, 10 coalitions et 7 candidats indépendants étaient inscrits, ce qui était représentatif de toutes les tendances politiques en Bosnie-Herzégovine et a offert aux électeurs un vaste choix le jour du scrutin.
22. Au total 8 242 candidats étaient inscrits sur 562 listes séparées pour participer aux élections générales dont 4 259 étaient des Bosniaques, 1 926 des Serbes, 1 713 des Croates et 299 dite «autres». Quarante-quatre candidats n’ont pas déclaré leur identité nationale. Environ 63% des candidats étaient des hommes et 39% des femmes. Selon les statistiques de la CEC, 324 candidats n’ont pas été enregistrés pour différentes raisons (en général, à cause de formulaires non complets), mais aucun des candidats refusés n’a porté plainte devant la CEC.
23. Pour les élections générales du 3 octobre 2010 au total 3 126 599 électeurs ont été inscrits sur les listes électorales. L’un des principaux résultats des amendements apportés en mars 2006 à la loi électorale a été le passage d’un système actif d’inscription des électeurs à un système passif. Le registre électoral central à partir duquel les listes d’électeurs sont dressées repose sur le registre d’état civil connu sous le nom de «système de protection de l’identification des citoyens». Tout citoyen de plus de 18 ans est obligé de par la loi de s’inscrire dans ce système et apparaît donc automatiquement sur la liste des électeurs.
24. Le registre électoral central été clôturé le 19 août 2010. Pour la première fois, 1 065 électeurs étaient enregistrés dans les ambassades et services consulaires des pays étrangers pour participer aux élections. De plus, 36 649 électeurs ont été enregistrés pour voter à distance par courrier, à condition d’avoir rempli des formulaires avant le 19 juillet 2010. Concernant le vote par courrier, la CEC a identifié certaines irrégularités, notamment des centaines de courriers contenant des bulletins de vote sont arrivés à la CEC en provenance de mêmes adresses d’un pays étranger. Suites aux investigations, la CEC a décidé de ne pas tenir compte de ces bulletins dans le comptage.
25. Comme lors des élections précédentes, les personnes déplacées pouvaient voter dans leur commune de résidence actuelle ou dans la circonscription dont elles dépendaient avant 1991. Sur 113 642 personnes déplacées à l’intérieur du pays, 22 473 ont choisi de voter dans leurs circonscription d’avant 1991.

5 Période préélectorale et médias

26. La campagne électorale a débuté le 3 septembre 2010. Le climat de la campagne électorale était pacifique. La commission ad hoc a noté comme un élément positif le fait que lors de cette campagne électorale les partis politiques n’ont pas mené de campagne l’un contre l’autre sur la base de l’appartenance ethnique, ce qui avait souvent été le cas dans le passé. Néanmoins, la campagne électorale a été marquée par un discours de division ethnique et par la réforme de la Constitution. Les partis, à de rares exceptions près, se sont disputés pour l’essentiel les voix au sein de leur propre communauté ethnique. Les résultats des sondages de l’opinion publique ont montré que beaucoup de citoyens n’étaient pas satisfaits du fait que, pendant des années, les promesses électorales n’aient pas été tenues et qu’il existe toujours une grande différence entre les promesses et ce qui est réalisé en effet.
27. Tous les représentants des partis politiques ont souligné la nécessité des réformes de la Constitution de l’Etat et de la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du 22 décembre 2009 dans l’affaire Sejdic et Finci afin de la rendre conforme à la Convention européenne des droits de l’homme. Malgré ces déclarations rassurantes, la situation reste toujours bloquée. A cet égard, la commission ad hoc a demandé aux acteurs politiques du pays de s’employer sans relâche, après les élections, à résoudre ce problème de toute urgence.
28. La commission ad hoc a noté que, selon un grand nombre d’acteurs de la société civile et de représentants des médias, l’inefficacité de la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, les problèmes de développement économique et le chômage étaient les premières préoccupations des citoyens de la Bosnie-Herzégovine, indépendamment de leur origine ethnique. A cet égard, la commission ad hoc a exprimé son étonnement du fait que ces questions aient très peu été débattues lors de la campagne électorale.
29. Un autre thème de préoccupation majeure a été le financement de la campagne électorale qui est assuré par le budget d’Etat. Les partis politiques participant aux élections ont l’obligation de présenter un compte rendu de leurs dépenses financières concernant la campagne dans un délai d’un mois après les élections. Selon les représentants de la CEC, dans le cas de non respect des règles de financement, le parti concerné doit payer une amende pouvant aller jusqu’à 5 000 KM (l’équivalent d’environ €2 500). Cette somme semble insignifiante par rapport aux dépenses réelles effectuées par les principaux partis politiques. La commission ad hoc a noté avec inquiétude le fait que les règles régissant le financement de la campagne électorale soient opaques, ce qui n’aide pas à renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral démocratique.
30. Lors de la campagne électorale, un grand nombre de personnes, y compris les membres de la CEC, ont évoqué le danger d’éventuelles irrégularités le jour du scrutin, surtout après la fermeture des bureaux de vote pendant le comptage des bulletins de vote, compte tenu de la complexité du système électoral. Par exemple, à Banja Luka, les membres de la mission préélectorale de l’Assemblée parlementaire ont été informés par les membres du Parti du progrès démocratique (PDP) du fait que, lors des élections locales en 2008, dans certains bureaux de vote, le nombre des bulletins de vote invalides avait atteint 12%, dont l’écrasante majorité était en faveur du PDP qui est un parti de l’opposition. Pour cette raison, différents interlocuteurs ont demandé à la mission préélectorale, dans la mesure du possible, de déployer plus d’équipes dans les localités où ce type d’irrégularités avait déjà été constaté.
31. La commission ad hoc a constaté qu’en Bosnie-Herzégovine le réseau des ONGs locales non partisanes impliquées dans l’observation des élections était très faiblement développé par rapport à d’autres pays de la région, bien que la législation électorale du pays autorise ce type d’observation. La présence des observateurs locaux non partisans pourrait renforcer la confiance entre les forces politiques, ce qui reste un problème majeur de la vie politique du pays. Une telle présence renforcerait également la confiance des citoyens dans le processus électoral démocratique. Le Conseil de l’Europe, dans le cadre des ses programmes d’assistance électorale, y compris avec la CEC, et dont la nécessité est reconnue par les autorités de la Bosnie-Herzégovine, a commencé des actions visant à développer le réseau de telles ONGs. La commission ad hoc considère qu’il faudra développer ce type de programmes d’assistance électorale davantage, sans attendre les prochaines élections.
32. Concernant la couverture médiatique de la campagne électorale, la Bosnie-Herzégovine dispose d’un éventail large et pluraliste de médias, ce qui a permis aux électeurs d’obtenir les informations dont ils avaient besoin pour faire un choix en connaissance de cause le jour du scrutin. Les dispositions légales concernant le temps d’antenne réservé à tous les candidats ont d’une manière générale été respectées. Dans l’ensemble, les radiodiffuseurs publics au niveau de l’Etat ont rendu compte de la campagne électorale de manière nuancée et impartiale. Les radiodiffuseurs au niveau des entités ont, comme prévu, couvert la campagne dans une perspective ethnique. Les radiodiffuseurs privés ont fait de même.
33. En Bosnie-Herzégovine il existe environ 200 radiodiffuseurs et 100 médias écrits. Un grand nombre de radiodiffuseurs diffusait des émissions spéciales quotidiennes «Chronique des élections». Selon le rapport du monitoring de médias de la BIDDH/OSCE, les programmes d’information en Republika Srpska étaient plutôt favorables aux représentants des autorités, tandis que la chaine de télévision de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, FTV, avait une couverture plutôt critique vis-à-vis des autorités et favorable à l’opposition. La couverture des activités des autorités par la chaine publique BHT1 était neutre.
34. La commission ad hoc a souligné l’importance de l’accès équitable aux médias électroniques de tous les partis politiques, y compris les petits partis. Le service public devrait être considérablement amélioré, notamment au niveau des programmes d’information et des reportages sur la campagne.

6 Jour du scrutin

35. Les membres de la commission ad hoc ont souligné que, dans tous les bureaux de vote visités le jour de scrutin, le vote et le dépouillement se sont déroulés dans le calme, de manière organisée. Les membres de la commission ad hoc ont en particulier pris note de la bonne atmosphère générale dans les bureaux de vote et entre les membres des commissions de ces bureaux.
36. Les membres de la commission ad hoc ont fait les observations critiques suivantes: de longues queues ont parfois été observées dans les bureaux de vote, en raison du grand nombre de bulletins que chaque électeur devait glisser dans l’urne et de la complexité de ces derniers; le nombre d’urnes différait d’un bureau de vote à l’autre et pouvait aller d’une à trois; certains bureaux de vote étaient trop petits; quasiment tous les bureaux de vote étaient inaccessibles aux personnes à mobilités réduite; des cas de non respect de la procédure de vote, par exemple les cartes d’identités des électeurs n’étaient pas retenues par le membre du bureau de vote au moment où il remettait les bulletins de vote; des cas isolés de vote en famille dans les localités rurales, mais plus dans le souci d’assister que d’orienter le vote; un cas isolé dans un bureau de vote près de l’aéroport de Sarajevo où la commission n’a pas été coopérative avec l’équipe des observateurs.
37. L’une des équipes de la commission ad hoc, observant le scrutin en Republika Srpska a assisté au vote de M. Dodik, le Premier ministre actuel de la Republika Srpska, dans sa ville natale Laktasi. M. Dodik a voté en public, sans entrer dans l’isoloir, ce qui représente une violation du principe du vote secret et peut être considéré aussi comme de la propagande, compte tenu du fait que le vote en public a été diffusé par les chaînes de la télévision le jour du scrutin. Cependant, les membres de la commission ad hoc ont été informés par la BIDDH/OSCE d’un cas de vote d’un chef de parti politique: les membres du bureau de vote ont refusé de donner les bulletins de vote à ce chef de parti politique parce qu’il avait oublié sa carte d’identité et il a été obligé de se représenter au bureau de vote plus tard, muni de cette pièce.
38. Les membres de la commission ad hoc ont noté que les procédures de dépouillement et de comptage n’ont pas été complètement suivies dans un certain nombre de bureaux de vote. Encore une fois, cette situation s’expliquerait essentiellement par la complexité du système de vote, par des procédures lourdes et compliquées du dépouillement, du comptage des résultats de quatre élections, par la fatigue des membres des bureaux de vote et dans certains cas également par la formation insuffisante des membres de la commission électorale plutôt que par des intentions malveillantes.
39. La participation s’est élevée à 56,28%, d’après les résultats préliminaires des élections générales du 3 octobre 2010, soit une augmentation d’environ 3% par rapport à 2006. La date limite de la publication des résultats officiels est le 2 novembre 2010.
40. D’après les résultats préliminaires de la CEC, M. Izetbegović, le candidat du parti bosniaque SDA, M. Komšić, le candidat croate du parti SDP, et M. Radmanović, le candidat serbe du parti SNSD sont élus à la Présidence de l’Etat. Le candidat de SNSD, M. Dodik, est élu Président de la Republika Srpska et son parti a gagné la majorité des sièges au Parlement de la Republika Srpska. Le 20 octobre, la CEC a déclaré les résultats des partis politiques concernant le nombre de sièges obtenus à l’Assemblée parlementaire de la Bosnie-Herzégovine:
  • Alliance des Sociaux-démocrates Indépendants (SNSD) – 8
  • Parti Social Démocrate de Bosnie-Herzégovine (SDP) – 8
  • Parti pour l’Action Démocratique (SDA) – 7
  • Parti Démocrate Serbe (SDS) – 4
  • Union pour un Meilleur Futur (SBB) – 4
  • Union Démocratique Croate de Bosnie-Herzégovine (HDZ BiH) – 3
  • Union Démocrate Croate 1990 (HDZ 1990) – 2
  • Parti pour la Bosnie-Herzégovine (SBiH) – 2
41. Le 11 octobre, la CEC a déclaré que les protocoles des résultats de 697 bureaux de vote avaient suscité des soupçons et a décidé de recalculer les bulletins de vote venant de 11 bureaux de vote des localités suivantes: Banja Luka, Zvornik, Visegrad, Teslic, Teochak, Gorni Vakuf et Travnik.

7 Conclusions et recommandations

42. La commission ad hoc a conclu que les élections se sont déroulées, une fois encore, avec des restrictions des droits de suffrage actif et passif, fondées sur l’origine ethnique et le lieu de résidence et imposées par les Accords de Dayton. En tant que tel, le cadre juridique actuel continue de constituer une violation de l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme, ainsi que de l’article 3 du Protocole n° 1 et de l’article 1 du Protocole n° 12.
43. La commission ad hoc constate, avec beaucoup d’inquiétude, qu’à la différence des élections précédentes, les élections générales du 3 octobre ont eu lieu dans les conditions où l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du 22 décembre 2009 dans l’affaire Sejdic et Finci n’a pas été mis en œuvre par les autorités de la Bosnie-Herzégovine. Pourtant, l’Assemblée parlementaire, dans sa Résolution 1725 (2010), avait instamment invité les autorités du pays à se conformer à l’arrêt de la Cour en modifiant la législation électorale pour éviter le risque de former de nouveau des institutions du pays dans des conditions contraires à la Convention européenne des droits de l’homme.
44. La commission ad hoc considère que l’Assemblée parlementaire ne devrait pas être en mesure d’accepter que les prochaines élections générales en Bosnie-Herzégovine se déroulent dans des conditions contraires à la Convention européenne des droits de l’homme. Eu égard à la Résolution 1725 (2010) de l’Assemblée, la commission ad hoc constate que l’échec du processus de préparation des amendements à la Constitution découlant de l’arrêt Sejdic et Finci et la tenue des élections générales du 3 octobre 2010 conformément aux règles contraires à cet arrêt, constitue une violation des engagements pris par la Bosnie-Herzégovine lors de l’adhésion au Conseil de l’Europe. Cette situation est inacceptable. Par conséquent, la commission ad hoc invite les autorités et le nouveau parlement élu à s’engager pleinement dans «un processus institutionnalisé sérieux destiné à élaborer un ensemble complet de modifications constitutionnelles, conformément aux engagements pris par le pays lors de l’adhésion, en tirant pleinement parti du savoir-faire et des recommandations des experts de la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise)», comme cela est préconisé par la Résolution 1725 (2010) de l’Assemblée.
45. Cela étant, les élections générales du 3 octobre 2010 en Bosnie-Herzégovine ont représenté un nouveau pas en avant. Le climat de la campagne électorale était pacifique et le jour du scrutin le vote et le dépouillement se sont déroulés dans le calme, de manière organisée.
46. Indépendamment de leur origine ethnique, un grand nombre d’interlocuteurs a exprimé son inquiétude concernant l’opacité des règles qui régissent le financement de la campagne électorale, l’inefficacité de la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, les problèmes de développement économique et de chômage qui sont les premières préoccupations des citoyens de la Bosnie-Herzégovine. A cet égard, la commission ad hoc invite la commission de suivi de l’Assemblée, ainsi que les autres instances concernées du Conseil de l’Europe à renforcer leur coopération avec la Bosnie-Herzégovine.
47. La commission électorale centrale jouit de la confiance des représentants et des chefs des partis politiques, indépendamment de leur position politique et des origines ethniques. A cet égard, la commission ad hoc tient à souligner le professionnalisme et la transparence dans le fonctionnement de la CEC, ainsi que la motivation, le dévouement et le travail difficile effectué par environ 43 000 membres des bureaux de vote le jour du scrutin qui a duré pratiquement 24 heures. La commission ad hoc encourage la CEC à poursuivre et renforcer sa coopération avec le Conseil de l’Europe.
48. Le jour du scrutin, les membres de la commission ad hoc ont constaté l’absence d’observateurs locaux non partisans dans les bureaux de vote visités. D’une manière générale, en Bosnie-Herzégovine, le réseau des ONGs locales non partisanes impliquées dans l’observation des élections est très faiblement développé par rapport aux autres pays de la région, bien que la législation électorale du pays autorise ce type d’observation.
49. La commission ad hoc considère que la présence d’observateurs locaux non partisans pourrait renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral démocratique, qui reste un problème majeur de la vie politique du pays. Le Conseil de l’Europe, dans le cadre de ses programmes d’assistance électorale, y compris avec la CEC, a commencé des actions visant à développer le réseau de telles ONGs. Il faudra développer ce type de programmes d’assistance électorale à moyen et long terme, sans attendre les prochaines élections.
50. La commission ad hoc invite la CEC, en étroite coopération avec la Commission de Venise, à faire une analyse des procédures techniques de dépouillement et de comptage des bulletins de vote ayant pour objectif de préparer des recommandations pour améliorer les procédures trop compliquées et d’accélérer le processus de comptage et de publication des résultats préliminaires des élections.

Annexe 1 – Programme

Vendredi, 1er octobre 2010

08.30-09.30 Réunion de la commission ad-hoc:

  • Ouverture et information sur la mission préélectorale par M. T. Kox, Chef de la Délégation;
  • Briefing par les autres membres de la mission préélectorale
  • Situation politique et générale, Mme C. Ravaud, Représentante spéciale du Secrétaire général du Conseil de l’Europe en Bosnie-Herzégovine
  • Développements récents en matière de législation électorale, M. S. Kouznetsov, Secrétariat de la Commission de Venise
  • Questions pratiques et logistiques, Secrétariat

Réunion parlementaire conjointe

09.30-10.00 Ouverture par les Chefs des délégations parlementaires:

  • M. R. Batelli, Coordinateur spécial des observateurs de court terme de l’OSCE
  • M. T. Kox, Chef de la Délégation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe
  • M. W. Sidorowicz, Chef de la Délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN

10.00-10.30 Table ronde:

  • Ambassadeur G.D. Robbins, Chef de la Mission de l’OSCE en Bosnie-Herzégovine
  • Mme C. Ravaud, Représentante spéciale du Secrétaire général du Conseil de l’Europe en Bosnie-Herzégovine

10.30-11.45 Briefing par la Mission d’Observation électorale du BIDDH

  • Ouverture par l’Ambassadeur D. Everts, Chef de la mission d’observation des élections du BIDDH 
  • Situation politique et campagne électorale 
  • Supervision des media
  • Situation juridique 
  • Administration électorale
  • Procédures le jour du scrutin 
  • Formulaires d’observation 
  • Questions/Réponses

11.45-13.05 Réunion avec les partis politiques:

11.45-12.05: Parti pour l’Action Démocratique (SDA)

12.05-12.25: Parti pour la Bosnie-Herzégovine (SBiH)

12.25-12.45: Alliance des Sociaux-démocrates Indépendants (SNSD)

12.45-13.05: Parti Social Démocrate de Bosnie-Herzégovine (SDP)

13.05-14.20 Pause déjeuner

14.20-15.40 Réunion avec les partis politiques:

14.20-14.40: Union Démocratique Croate de Bosnie-Herzégovine (HDZ BiH)

14.40-15.00: Parti Démocrate Serbe (SDS)

15.00-15.20: Union Démocrate Croate 1990 (HDZ 1990)

15.20-15.40: Union pour un Meilleur Futur (SBB)

15.40-16.00 Pause Café

16.00-16.45 Réunion avec les Représentants de la Commission Electorale Centrale de Bosnie-Herzégovine:

  • Mme I. Hadziabdic, Présidente du CEC

16.45-17.15 Réunion avec des représentants d’ONG:

  • Transparency International
  • ONG Women to Women, Mme M. Zvizdovic, Présidente
  • Open Society Fund, M. H. Batinic, Directeur de Programme, Roms et Société Civile

17.15-18.00 Réunion avec des représentants des media:

  • Press Council, Mme L. Zurovac, Directrice
  • Journal “Avaz”, M. S. Numanovic, Rédacteur en chef
  • Radio et Télévision de Bosnie-Herzégovine, M. D. Simic, rédacteur-en-chef des programmes d’information
  • TV Pink BiH, M. S. Musaefendic, Rédacteur de programmes d’information

Samedi, 2 octobre 2010

09.15-10.00 Briefing régional par les observateurs de long terme de Sarajevo

10.00 Réunion avec les interprètes et chauffeurs

12.00 Déploiement

Dimanche, 3 octobre 2010

Observation de l’ouverture et de la fermeture des bureaux de vote, ainsi que du dépouillement du scrutin.

Lundi, 3 octobre 2010

08.00 Débriefing de la commission ad hoc

13.00 Conférence de Presse

Annexe 2 – Communiqué de presse

Bosnie-Herzégovine: des élections dans l’ensemble conformes aux normes internationales, mais il faut agir sur des domaines-clés

Strasbourg, 04.10.2010 – Les élections générales qui ont eu lieu hier en Bosnie-Herzégovine ont représenté un nouveau pas en avant et, hormis les restrictions légales concernant le droit de vote, elles se sont déroulées dans l’ensemble conformément aux engagements de l’OSCE et du Conseil de l’Europe, telle a été la conclusion des observateurs internationaux dans une déclaration préliminaire publiée aujourd’hui. Ils ont néanmoins souligné qu’il fallait prendre des mesures dans certains domaines fondamentaux.

«Nous avons vu encore une fois une illustration de la stabilisation du processus électoral en Bosnie-Herzégovine, ce qui est un nouveau pas en avant prometteur vers une intégration à part entière dans les structures européennes. Je félicite la population du pays ainsi que l’administration des élections pour la manière dont celles-ci se sont déroulées. J’espère que nous verrons prochainement le nouveau parlement s’atteler à résoudre les questions qui subsistent», a déclaré le coordinateur spécial, Roberto Battelli, qui conduit la mission d’observateurs à court terme de l’OSCE et dirige la délégation de l’AP de l’OSCE.

«Notre délégation est impressionnée par l’atmosphère pacifique et détendue dans laquelle se sont déroulées ces élections, et elle rend hommage aux milliers d’administrateurs électoraux dont le professionnalisme et le dévouement ont fait du scrutin un succès. Cependant, les élections se sont déroulées une fois encore avec des restrictions des droits de suffrage actif et passif, fondées sur l’origine ethnique et le lieu de résidence et imposées par les Accords de Dayton. En tant que tel, le cadre juridique actuel continue de constituer une violation du Protocole n° 12 à la Convention européenne des droits de l’homme», a déclaré Tiny Kox (Pays-Bas, GUE), chef de la délégation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).

«Ces élections ont consolidé les progrès accomplis par la Bosnie-Herzégovine depuis 2006. Nous avons été impressionnés par le déroulement extraordinairement discipliné du scrutin dans les bureaux de vote de tout le pays le jour des élections. Il subsiste certes des dysfonctionnements, notamment en ce qui concerne les problèmes de procédure. Néanmoins, la population de ce pays a remporté ces élections. Elle a fait la preuve de son vif attachement à l’égard de la démocratie», a déclaré Wladyslaw Sidorowicz, chef de la délégation de l’Assemblée parlementaire de l’Otan.

«Compte tenu de la complexité du système électoral, les responsables des élections ont accompli un travail digne d’éloges en organisant le scrutin de manière professionnelle et efficace. La suppression des restrictions qui s’appliquent encore au droit de vote non seulement rendrait le cadre juridique parfaitement conforme aux normes internationales, mais en outre rendrait le processus plus facile à gérer pour les responsables des élections et plus facile à comprendre pour les électeurs», a précisé Daan Everts, chef de la mission d’observation des élections du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE.

Les électeurs pouvaient choisir parmi une vaste liste de candidats représentant un large éventail politique au niveau de l’Etat et des entités.

Le jour du scrutin s’est passé dans l’ordre et le calme. Le vote a fait l’objet d’une évaluation positive, mais les observateurs ont constaté des cas de vote familial dans un bureau de vote sur quatre visités. L’évaluation du dépouillement a été moins positive, de nombreuses irrégularités procédurales ayant été constatées. Le pourcentage inhabituellement élevé de bulletins nuls est préoccupant.

Les commissions électorales au niveau central et municipal jouissaient de la confiance générale des participants aux élections. La procédure de désignation des scrutateurs pour les bureaux de vote a cependant été ternie par la pratique qu’avaient les participants à l’élection de nommer des scrutateurs adhérents d’un autre parti ou sympathisants d’un autre candidat, ou d’échanger leurs sièges.

La campagne électorale a été calme dans l’ensemble, bien que marquée occasionnellement par des déclarations nationalistes emphatiques et incendiaires. La diversité des opinions présentées dans les médias a permis aux électeurs de faire un choix éclairé, bien que la rhétorique populiste ait souvent nui aux questions de fond. Tandis que les adversaires abordaient des sujets économiques et sociaux ou liés à l’intégration européenne, les questions constitutionnelles et les divisions ethniques sous-jacentes restaient omniprésentes.