Suivi de la Fédération de Russie
Réponse à Question écrite
| Doc. 12296
| 19 juin 2010
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
à la 1088e réunion des Délégués des Ministres (16 juin 2010) 2010 - Troisième partie de session
- Réponse à Question écrite
- : Question écrite n° 583 (Doc. 12172)
Question écrite no 583
de M. MacShane (Doc.
12172)
Le Comité des Ministres assure le suivi du respect par divers
Etats membres du Conseil de l'Europe des engagements qu’ils ont
contractés, notamment lors de leur adhésion. Les rapports de « suivi »
réguliers (qui portent des noms divers : de suivi, d’enquête, d’évaluation
ou d’information/assistance) sont établis à intervalles variables
par le Secrétariat ou les Groupes du Comité, conformément aux décisions
du Comité des Ministres adoptées au titre de ladite Déclaration
94 ou sur la base d’autres décisions du Comité.
Ces cinq dernières années, de tels rapports ont été élaborés
régulièrement au sujet de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan, de la Bosnie–Herzégovine,
de la Géorgie, de la Moldova, du Monténégro et de la Serbie. J’ai, en
outre, consulté trois rapports établis en 2009 par le Secrétaire
Général sur « le Conseil de l'Europe et le conflit en Géorgie -
activités de promotion des valeurs et des normes du Conseil de l'Europe »
(SG/Inf(2009)5; SG/Inf(2009)5add et SG/Inf(2009)5 add2), qui comportent
des tableaux présentant l’état d’avancement des engagements pris
par la Géorgie et la Fédération de Russie lors de leur adhésion.
L’examen approfondi des informations fournies dans tous les
rapports « de suivi » précités montre clairement que la situation
relative au respect des engagements varie, en qualité comme en quantité,
d’un Etat à l’autre. Toutefois, j’ai été frappé du fait que, ces
cinq dernières années, aucun rapport n’a été établi sur l’état de
mise en œuvre des engagements contractés par la Fédération de Russie.
Bien que le rapport SG/Inf(2009)5 précité et ses addenda présentent
des tableaux, premièrement, ils ne donnent pas une idée suffisamment
précise du degré de réalisation des engagements contractés et, deuxièmement,
lorsque des informations plus circonstanciées sont fournies, elles
couvrent plus ou moins l’état de mise en œuvre des engagements liés
aux conflits politiques sur le territoire de l’ex-URSS.
Gardant à l’esprit les rapports internationaux disponibles
sur la situation de la démocratie, de l’Etat de droit et des droits
de l'homme dans la Fédération de Russie, je voudrais poser au Comité
des Ministres les questions suivantes :
1 Le Comité des Ministres estime-t-il que l’exécution des
engagements pris par la Fédération de Russie vis-à-vis du Conseil
de l'Europe est à un stade beaucoup plus avancé que dans tous les
autres Etats membres précités faisant l’objet d’un « suivi » du
Comité des Ministres ?
2 Pourquoi le Comité des Ministres n’assure-t-il pas le
suivi de la Fédération de Russie en recourant aux procédures existantes
ou mécanismes de « suivi » dont il dispose et qui sont appliqués
à d’autres Etats membres précités du Conseil de l'Europe ?
Réponse du Comité des Ministres
1. En réponse à la question de
l’Honorable parlementaire, le Comité des Ministres souligne l’importance qu’il
accorde au suivi du respect des engagements auxquels ont souscrit
les Etats en devenant membres de l’Organisation et en adhérant aux
diverses conventions du Conseil de l'Europe.
2. Il rappelle qu’il lui appartient de veiller à la mise en œuvre
des différents traités auxquels les Etats membres sont parties en
conformité avec les dispositions pertinentes de ces traités. Il
exerce cette prérogative à l’égard de tous les Etats membres, y
compris la Fédération de Russie. Ainsi, conformément à l'article
46 de la
Convention
de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le Comité des Ministres est régulièrement appelé à
vérifier si la Fédération de Russie prend les mesures nécessaires
pour remédier aux conséquences des violations de la Convention constatées
par la Cour européenne des droits de l’homme. De même, le Comité
des Ministres assure le suivi de la mise en œuvre de la Convention-cadre
pour la protection des minorités nationales et de la Charte sociale
européenne, entrées en vigueur à l’égard de la Fédération de Russie
respectivement le 1er décembre 1998 et le 1er décembre 2009.
3. Le Comité des Ministres examine chaque année le rapport d’activités
du Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), qui couvre
les activités du Comité dans tous les Etats Parties à la Convention européenne
pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains
ou dégradants. Dans ce contexte, le Comité des Ministres note que
dans sa
Résolution 1315
(2003) l’Assemblée Parlementaire a appelé la Fédération de
Russie à faire en sorte que la publication des rapports du CPT soit
assurée et rappelle que, en réponse à la
Recommandation 1517 (2001) de l’Assemblée parlementaire, il a lui-même encouragé toutes
les Parties à la Convention à autoriser, à la première occasion,
la publication de tous les rapports de visites du CPT ainsi que
de leurs réponses. Il sera amené à revenir prochainement sur cette
question lors de la préparation d’un projet de réponse à la Question
écrite n° 579 de Mme Taktakishvili sur « La publication des rapports
du CPT ».
4. Le Comité des Ministres est informé de la situation dans le
domaine de la lutte contre le racisme et la discrimination dans
la Fédération de Russie par le biais des rapports établis par la
Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI).
5. Lors de rencontres à intervalles réguliers, le Commissaire
aux droits de l’homme l’informe du résultat des visites qu’il effectue
dans ce pays. Ces rencontres sont l’occasion d’une discussion au
sein du Comité des Ministres.
6. En outre, dans le contexte de la préparation des réponses
qu’il est amené à fournir à des questions écrites et à des recommandations
provenant de l’Assemblée Parlementaire, le Comité des Ministres
se penche régulièrement sur divers aspects de la démocratie, de
l’Etat de droit et des droits de l'homme en Europe. De nombreuses
questions ou recommandations de ce type concernent spécifiquement
la situation dans la Fédération de Russie.
7. Le Comité des Ministres confirme que, conformément à sa « Déclaration
sur le respect des engagements pris par les Etats membres du Conseil
de l’Europe » du 10 novembre 1994, il peut être saisi, notamment
par l’Assemblée parlementaire elle-même, de questions relatives
au respect des engagements concernant la situation de la démocratie,
des droits de l'homme et de l'Etat de droit dans tous les Etats membres.
Dans le passé, il a d’ailleurs été saisi de la sorte par l’Assemblée
parlementaire à propos de la situation particulière en Tchétchénie.
8. Enfin, à la demande des Délégués des Ministres, le Secrétaire
Général a préparé un rapport de synthèse sur le conflit en Géorgie,
qu’il leur a présenté lors de leur 1084e réunion. Ce rapport contient
des informations sur un certain nombre d’obligations et d’engagements
statutaires de la Fédération de Russie vis-à-vis du Conseil de l'Europe
ayant un rapport direct avec le conflit.