L’avenir du Conseil de l’Europe à la lumière de ses soixante années d’expérience
Réponse à Recommandation
| Doc. 12342
| 15 juillet 2010
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
à la 1090e réunion des Délégués des Ministres (15 juillet 2010) 2010 - Quatrième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1886
(2009)
1. Le Comité des Ministres
a examiné la
Recommandation
1886 (2009)
de l’Assemblée parlementaire sur « L’avenir du Conseil
de l’Europe à la lumière de ses soixante années d’expérience »,
qu’il a portée à l’attention des gouvernements des Etats membres.
Il l’a également communiquée au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux
du Conseil de l’Europe pour information.
2. Le Comité des Ministres considère que cette recommandation
et le rapport correspondant sont particulièrement opportuns au regard
de la réforme menée actuellement mettant en œuvre l’objectif fixé
lors du Troisième Sommet du Conseil de l’Europe pour accroître la
pertinence politique, l’impact et l’efficacité de l’Organisation.
Le succès des efforts pour réformer l’Organisation et renforcer
sa visibilité politique dépendra de la participation de tous les
secteurs du Conseil de l’Europe. A cet égard, le Comité des Ministres
se félicite de « la volonté de l’Assemblée de définir clairement
ses priorités autour des valeurs essentielles de l’Organisation
tout en conservant un large mandat pour mieux répondre aux attentes
et aux nouveaux besoins des citoyens européens
Note ». Le fait
pour l’Assemblée de mettre davantage l’accent sur les activités fondamentales
du Conseil de l’Europe contribuera assurément à améliorer la synergie
et la complémentarité des deux organes et, à leur tour, cette synergie
et cette complémentarité favoriseront une plus grande efficacité dans
la réalisation des objectifs communs et permettront de renforcer
l’impact dans les Etats membres.
3. Les idées ou propositions contenues dans le paragraphe 3 de
la recommandation seront dûment prises en compte dans le processus
de réforme. A ce sujet, plusieurs événements récents intervenus
depuis l’adoption de la recommandation par l’Assemblée méritent
d’être mentionnés. Concernant les relations avec l’Union européenne,
le Comité des Ministres a adopté un certain nombre de décisions
Note lors
de sa 120e Session (11 mai 2010). Les
ministres se sont félicités en particulier des progrès substantiels
de la coopération sur la base du Mémorandum d’accord et ont souligné
l’importance d’une coopération continue et orientée vers l’avenir.
Le Comité des Ministres a aussi noté que l’entrée en vigueur du
Traité de Lisbonne et de la Charte des droits fondamentaux le 1er décembre
2009 avait créé de nouvelles possibilités de promouvoir plus avant le
partenariat fondé sur les valeurs communes du Conseil de l’Europe
et de l’Union européenne, en vue de réaliser un système solide et
cohérent de protection des droits de l’homme en Europe ; ils s’est
félicité de l’engagement de l’Union européenne d’adhérer à la Convention
européenne des droits de l’homme (CEDH) et a réaffirmé son propre
attachement à ce processus facilité par l’entrée en vigueur le 1er juin 2010
du Protocole n° 14 à la CEDH ; il a appelé à ce que les négociations
soient menées à bien dans les meilleurs délais et qu’une adhésion
intervienne rapidement.
4. Par ailleurs, suite à la 120e Session
du Comité des Ministres (mai 2010), les Délégués des Ministres ont été
chargés de présenter des propositions pour un partenariat entre
la Conférence du Conseil de l’Europe des ministres responsables
des collectivités locales et régionales et le Comité des Ministres.
Dans le même temps, ils examinent également l’organisation des Conférences
de ministres spécialisés du Conseil de l’Europe. Concernant les
conventions du Conseil de l’Europe, dans le cadre des priorités
pour 2011, un bilan de la situation sera dressé, en procédant à
un examen critique de leur pertinence. Cette entreprise servira
de base aux décisions sur les suites à donner, y compris des mesures
pour augmenter la visibilité et le nombre des Etats parties aux
conventions pertinentes. Enfin, pour ce qui concerne la stratégie
budgétaire, le Comité des Ministres souhaite souligner que les discussions
et les décisions budgétaires ne peuvent être déconnectées de la
situation financière générale des Etats membres. La première mesure
décidée pour alléger la pression sur le Budget ordinaire a été d’introduire
une plus grande flexibilité pour la mise en place des accords partiels et
d’étudier, au sein du Groupe de rapporteurs sur le Programme, le
Budget et l’Administration (GR-PBA), le principe d’acceptation de
contributions volontaires d’entités extérieures aux Etats membres
ou observateurs. Le groupe examinera également l’opportunité d’un
passage éventuel à un processus budgétaire biennal à partir de 2012.
5. Concernant les propositions contenues dans le paragraphe 4
visant une plus grande valorisation des différents travaux du Conseil
de l’Europe dans le domaine de la démocratie, le Comité des Ministres
note que le Forum pour l’avenir de la démocratie au sein duquel
l’Assemblée joue un rôle actif, conduit actuellement un processus
de réforme qui vise à lui permettre de contribuer activement à la
consolidation du pilier de la démocratie. A ce sujet, il est à noter
qu’il existe un consensus entre les différents acteurs du forum
sur la nécessité de le doter d’une nouvelle mission et de lignes
directrices révisées pour ses activités, afin qu’il puisse traiter
des questions de démocratie d’une manière innovante et globale associant
davantage tous les secteurs de la société. Le Comité des Ministres
note également les développements en cours en parallèle au niveau
de l’Université d’été de la démocratie et du débat annuel de l’Assemblée.
L’université d’été, qui réunit chaque année des participants du
réseau des seize écoles d’études politiques, pourrait potentiellement
devenir un événement international d’une portée bien plus grande,
dans l’esprit de l’idée exposée dans la recommandation.
6. Pour ce qui concerne le dialogue et la coopération continus
entre les deux organes, plusieurs événements sont là encore intervenus
depuis l’adoption de la recommandation en octobre 2009. Le Comité des
Ministres renvoie en particulier aux propositions sur lesquelles
l’Assemblée et lui-même se sont déjà entendus en octobre 2009, qui
visent à améliorer le dialogue et la coopération entre les deux
organes statutaires
Note. Il rappelle
aussi que le Secrétaire Général a présenté son rapport lors du Comité
Mixte en juin 2010 sur les mesures identifiées. Les recommandations
formulées étaient une source utile pour ce rapport.
7. A cet égard, le Comité des Ministres renvoie en particulier
aux réunions informelles qui se sont tenues entre le Bureau du Comité
des Ministres et le Comité des Présidents de l’Assemblée, qui ont
fortement contribué à renforcer l’interaction entre les deux organes,
favorisé une meilleure compréhension et permis l’établissement d’un
dialogue informel dans un climat franc et constructif. Dans le même
esprit, des échanges de vues sur certains sujets d’intérêt commun
ont lieu ponctuellement avec le rapporteur de l’Assemblée compétent,
lors de réunions des Délégués des Ministres ou au sein des Groupes
de rapporteurs concernés, et inversement. Les efforts conjoints
de l’Assemblée et du Comité des Ministres ont abouti à l’adoption,
en avance sur le calendrier, de la Déclaration interprétative conjointe
sur les règles et procédures pour les futures élections du Secrétaire
Général, ce qui démontre clairement que l’Assemblée et le Comité
des Ministres se sont véritablement rapprochés et que leurs relations
de travail se sont améliorées.
8. Le Groupe de travail sur les réformes institutionnelles (GT-REF.INST)
a aussi tenu un échange de vues avec M. Jean-Claude Mignon, rapporteur
de la commission des questions politiques. Cet échange a permis
la tenue d’un débat direct et franc au sujet de la recommandation
en question, et il a été salué comme un nouveau progrès dans le
renforcement des relations de travail entre les deux organes. Le
Comité des Ministres considère davantage la recommandation et la
présente réponse comme une étape dans un processus continu positif.