La protection des femmes immigrées sur le marché du travail
Réponse à Recommandation
| Doc. 12870
| 06 février 2012
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée à la 1132e réunion des
Délégués des Ministres (1er février 2012). 2012 - Commission permanente de mars
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1970
(2011)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
intérêt la Recommandation 1970 (2011) de l’Assemblée parlementaire
sur « La protection des femmes immigrées sur le marché du travail »
qu’il a communiquée au Comité européen pour la cohésion sociale
(CDCS), à la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance
(ECRI), au Comité directeur pour l’égalité entre les femmes et les
hommes (CDEG), au Comité européen des droits sociaux (CEDS) et au
Comité gouvernemental de la Charte sociale européenne.
2. Le Comité des Ministres reconnaît, comme l’Assemblée parlementaire,
l’importance de protéger les droits fondamentaux des femmes immigrées,
en particulier parce qu’elles font parfois l’objet d’une double discrimination
du fait de leur genre et de leur origine, tant dans les pays d’accueil
que dans leurs communautés. Conformément aux priorités du Conseil
de l’Europe, cette protection peut être favorisée par une intégration
plus efficace des migrants et par une plus grande attention accordée
à la prise en compte pleine et entière d’une perspective de genre
dans les politiques migratoires (employabilité par exemple) et les
politiques d’intégration (accès à l’éducation et aux services par
exemple).
3. Le Comité des Ministres informe l’Assemblée que le nouveau
Programme d’activités donne un nouvel élan à l’action du Conseil
de l’Europe dans le domaine des migrations, de l’intégration et
de l’asile. En 2012-2013, le Conseil de l’Europe se concentrera
sur des domaines dans lesquels il peut apporter une contribution utile
sur la base de ses valeurs fondamentales, des normes existantes
et de son expertise reconnue, ce qui comprend en particulier l’intégration
des migrants, y compris la lutte contre la xénophobie, l’intolérance
et la discrimination, et la promotion de la participation des migrants
aux sociétés d’accueil et de leur interaction avec ces sociétés.
4. Le Comité des Ministres rappelle que de nombreux travaux normatifs
et de politique générale ont déjà été menés dans le secteur intergouvernemental
sur les questions relatives aux migrations qui traitent de problèmes
comme l’accès à l’emploi, la discrimination sur le marché du travail,
la mobilité professionnelle des migrants, la validation des compétences
que les migrants ont acquises dans des cadres informels ou non formels,
la protection juridique et sociale des migrants et des personnes
issues de l’immigration. De nombres recommandations élaborées par
le Conseil de l’Europe ces dernières années portent notamment sur
la vulnérabilité particulière des femmes migrantes sur le marché
du travail et proposent des mesures pratiques pour favoriser leur
intégration et leur participation
Note. En
2012-2013, le Conseil de l’Europe orientera ses travaux dans le
domaine des migrations non plus sur l’élaboration de normes nouvelles
destinées à favoriser une utilisation plus efficace et responsable
des normes, mais sur un suivi approprié des constatations faites
dans le cadre des mécanismes de suivi. A la demande des Etats membres,
le Conseil de l’Europe mènera des activités spécifiques de renforcement
des capacités pour aider les immigrés à s’insérer dans la société
et faire respecter leurs droits fondamentaux. La coopération avec
l’Union européenne et avec ses institutions et agences (Commission
européenne, ADF, BEAA et FRONTEX) sera considérée comme une priorité.
5. A ce sujet, le Comité des Ministres attire l’attention sur
les travaux pertinents menés dans le cadre des divers mécanismes
de suivi du Conseil de l’Europe aux côtés de la Cour européenne
des droits de l’homme, comme le Comité européen des droits sociaux
(CEDS), la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance
(ECRI), ainsi que sur les travaux du Commissaire aux droits de l’homme.
Les activités et procédures de ces organes sont des instruments
efficaces pour recenser les problèmes dans les Etats membres et
proposer des solutions.
6. Le nouveau programme transversal pour l’égalité des genres
qui doit être mis en place en 2012 complètera naturellement les
activités du nouveau Programme d’activités dans le domaine des migrations,
de l’intégration et de l’asile. Les travaux et activités en cours
portent notamment sur la promotion, la ratification et la mise en
œuvre de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention
et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence
domestique, dont un chapitre entier est consacré aux femmes migrantes
et demandeurs d’asile qui sont confrontées à des actes de violence
fondés sur le genre. Ce chapitre énumère un certain nombre d’obligations
visant à introduire une compréhension de la violence à l’égard des
femmes migrantes et des femmes demandeurs d’asile.
7. Le Comité des Ministres invite l’Union européenne et ses Etats
membres à prendre dûment en considération les recommandations pertinentes
de l’Assemblée évoquées au paragraphe 3 et encourage les Etats membres,
selon qu’il conviendra, à demander l’assistance de l’Organisation,
comme prévu dans le cadre du nouveau Programme d’activités, afin
de favoriser l’intégration et la protection des femmes immigrées,
y compris sur le marché du travail. Les femmes immigrées, et en
particulier celles qui sont en situation irrégulière, risquent aussi
d’être victimes de la traite des êtres humains. Le Comité invite
donc instamment les Etats membres, lorsqu’ils seront en mesure de
le faire, à ratifier les Conventions du Conseil de l’Europe sur
la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes
et la violence domestique et sur la lutte contre la traite des êtres
humains.
8. Pour finir, le Comité des Ministres se félicite de l’adoption
de la Convention n° 189 de l’OIT. Il informe l’Assemblée qu’il ne
dispose pas actuellement des ressources nécessaires pour envisager
une campagne de sensibilisation, comme il est proposé au paragraphe 3.4,
mais il encourage les Etats membres à lancer des campagnes nationales
visant à sensibiliser le public aux problèmes soulevés par les conditions
de vie et de travail des travailleurs domestiques immigrés. Le Comité
des Ministres tiendra aussi compte de la recommandation 3.7 de l’Assemblée
dans le cadre de l’élaboration de la politique du Conseil de l’Europe envers
les régions voisines.