Protéger les réfugiés et les migrants en situation d’extradition et d’expulsion : indications au titre de l’article 39 du règlement de la Cour européenne des droits de l’homme
Réponse à Recommandation
| Doc. 12836
| 23 janvier 2012
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1131ère réunion des Délégués des
Ministres (18 janvier 2012). 2012 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1956
(2011)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la
Recommandation
1956 (2011) de l’Assemblée parlementaire : « Protéger les réfugiés
et les migrants en situation d’extradition et d’expulsion : indications
au titre de l’article 39 du règlement de la Cour européenne des
droits de l’homme ». Le Comité des Ministres note que selon la jurisprudence
de la Cour, l’article 34 de la Convention entraîne une obligation
pour les Etats parties de se conformer à une indication de mesures
provisoires en vertu de son Règlement et qu’un manquement à cet
égard peut impliquer une violation de l’article 34. Cependant, comme
l’Assemblée – et tout comme la Cour – le Comité a suivi avec une
vive inquiétude l’augmentation du nombre de demandes de telles mesures.
2. Le Comité rappelle que le 11 février 2011, le Président de
la Cour a publié une déclaration à l’attention aussi bien des Etats
membres qu’à celle des requérants potentiels et de leurs représentants
juridiques, dans laquelle il a attiré l’attention notamment sur
l’augmentation de 4000 % du volume de demandes de mesures intérimaires
entre 2006 et 2010 ainsi que sur les conséquences de telles quantités
de demandes sur la capacité de la Cour d’y faire face y compris
le risque de traitement inadéquat de requêtes provenant « de la petite
minorité de requérants dont la vie ou l’intégrité physique seraient
réellement menacées dans le pays de destination » en cas de refoulement.
3. La déclaration du Président présente ensuite les exigences
détaillées à satisfaire pour que la Cour puisse examiner une demande
urgente de mesures provisoires (détails complétés dans une Instruction pratique
annexée à la déclaration) ainsi que les mesures internes (recours
à effet suspensif) que les Parties contractantes à la Convention
devraient adopter afin de prévenir le besoin de mesures intérimaires
indiquées par la Cour. Le Comité des Ministres a par la suite été
informé d’une diminution significative du nombre de demandes de
mesures provisoires.
4. Le Comité rappelle en outre que dans la section 3 du plan
d’action adopté lors de la Conférence de Haut niveau sur l’avenir
de la Cour européenne des droits de l’homme (Izmir, 26-27 avril
2011), la conférence s’est notamment félicitée des mesures déjà
adoptées par la Cour et, soulignant que la Cour n’est pas un tribunal d’immigration
de quatrième instance, a mis l’accent sur l’importance de recours
internes efficaces d’une part, et d’autre part du respect par les
requérants des termes de l’Instruction pratique citée ci-dessus.
Elle a par ailleurs invité la Cour à examiner, avec les Etats partis,
comment concilier au mieux la pratique des mesures provisoires avec
le principe de subsidiarité et à prendre toute mesure adéquate.
5. La déclaration et le plan d'action d’Izmir ont été endossés
par le Comité des Ministres lors de sa 121e Session à Istanbul le
11 mai 2011. Le Comité des Ministres continuera à porter une attention
particulière à la question de l’article 39 dans le cadre du suivi
des déclarations d’Interlaken et d’Izmir. Il se félicite de la nouvelle
instruction pratique publiée par la Cour en juillet 2011 à propos
des demandes introduites devant elle au titre de l’article 39. Il
suivra avec attention l’impact de cette initiative.
6. Quant aux recommandations d’ordre pratique contenues sous
le point 4 de la recommandation, le Comité des Ministres peut assurer
l’Assemblée qu’il fait plein usage de sa compétence en application
de l’article 46 dans toutes les affaires où il est établi une violation
de l’article 34, que ce soit dans le but d’assurer l’adoption rapide
de mesures urgentes de caractère individuel ou en cas de répétition
de violations à empêcher par l’introduction des sauvegardes internes
requises. Le Comité rappelle dans ce contexte que les nouvelles méthodes
de travail en vigueur depuis janvier 2011 fixent comme indicateurs
de classification en procédure soutenue les affaires appelant des
mesures individuelles ou qui révèlent des problèmes structurels
majeurs.
7. Le Comité prend acte des propositions récentes du Secrétaire
Général relatives à la pertinence et à l’efficacité des procédures
d’asile et de retour des Etats membres, faites dans son document
sur un cadre relatif aux travaux du Conseil de l’Europe dans le
domaine des migrations (SG/Inf(2011)10 rev, Annexe I, paragraphe 10)
ainsi que dans son document de réflexion sur le rapport du Groupe
d’éminentes personnalités « Vivre ensemble – Conjuguer diversité
et liberté dans l’Europe du XXIe siècle » (SG/Inf(2011)22 Partie
II). Il estime que ces propositions vont dans le sens de l’invitation
lancée par l’Assemblée parlementaire au Comité des Ministres au
paragraphe 4.6 de la recommandation.