L’impact du Partenariat oriental de l’Union européenne sur la gouvernance et le développement économique en Europe orientale
Réponse à Recommandation
| Doc. 12792
| 22 novembre 2011
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
à la 1125e réunion des Délégués des Ministres (9 novembre 2011) 2012 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1971
(2011)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres précise que le
rôle du Conseil de l’Europe dans la mise en œuvre du Partenariat oriental,
et que le dialogue avec l’Union européenne à ce sujet, devraient
s’inscrire dans le cadre plus large du renforcement en cours du
partenariat entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne,
qui repose sur le Mémorandum d’accord de 2007 entre les deux organisations
et sur les dispositions pertinentes du Traité de Lisbonne de l’Union
européenne.
2. Dans la mesure où tous les pays partenaires du Partenariat
oriental sauf un sont membres du Conseil de l’Europe, le Comité
des Ministres voit dans ce Partenariat une occasion pour le Conseil
de l’Europe de promouvoir, là où il sera possible et en collaboration
avec les pays concernés, ses normes relatives aux droits de l’homme,
à la démocratie et à l’Etat de droit. A ce sujet, il rappelle que
le Secrétariat du Conseil de l’Europe participe de manière permanente
aux Plates-formes 1 et 4 du Partenariat oriental qui portent respectivement sur
« La démocratie, la bonne gouvernance et la stabilité » et « Les
contacts interpersonnels ».
3. S’agissant de la coopération spécifique menée dans le cadre
du Partenariat oriental, le 15 décembre 2010, le Secrétaire Général
du Conseil de l’Europe et le Commissaire européen à l’élargissement
et à la politique européenne de voisinage ont signé un accord prévoyant
une « facilité » de financement de 4 millions d’euros pour des activités
concrètes dans les domaines prioritaires définis dans le cadre de
la Plate-forme 1 du Partenariat oriental. La mise en œuvre de ces
activités a débuté le 1er mars 2011 et durera 30 mois. Les activités
portent sur quatre domaines de coopération : les normes électorales,
le soutien à l’appareil judiciaire, la lutte contre la corruption
et la lutte contre la cybercriminalité
Note. Cette « facilité » a pour principal
objectif de soutenir les pays partenaires dans leurs réformes par
une stratégie multilatérale d’évaluation par les pairs et d’échange
de bonnes pratiques en accord avec les normes du Conseil de l’Europe et
de l’Union européenne dans les domaines essentiels visés par la
Plate-forme 1. Elle consolide le suivi des constatations faites
par les organes consultatifs et de suivi du Conseil de l’Europe
dans des domaines prioritaires donnés en apportant les ressources
nécessaires pour obtenir des conseils d’experts et de pairs.
4. Le Comité des Ministres encourage le Bélarus à tirer pleinement
parti de sa participation aux travaux menés dans le cadre de la
« facilité » et à prendre part, à un niveau approprié, aux travaux
de toutes ses composantes.
5. Cette approche novatrice des activités communes du Conseil
de l’Europe et de l’Union européenne démontre que le Conseil de
l’Europe joue un rôle consultatif de référence et qu’il est reconnu
en tant que partenaire majeur de l’Union européenne pour mener des
activités de coopération.
6. Dans ce contexte, le Conseil de l’Europe sera prêt à examiner
avec l’Union européenne d’autres possibilités spécifiques de coopération
dans le cadre du Partenariat oriental à la lumière des conclusions
du Sommet du Partenariat oriental qui s’est tenu en Pologne les
29 et 30 septembre 2011.
7. En ce qui concerne la participation du Conseil de l’Europe
aux travaux du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, le
Comité des Ministres est favorable à cette proposition et invite
le Secrétariat à poursuivre ses efforts à cette fin. La décision
définitive d’ajouter le Conseil de l’Europe sur la liste des organisations
internationales pouvant bénéficier de l’aide publique au développement
appartient à l’OCDE. Le Comité des Ministres note que 21 des 24
membres du CAD sont Etats membres ou observateurs du Conseil de
l’Europe.
8. La Conférence des OING invite régulièrement des représentants
du Forum de la société civile du Partenariat oriental à rendre compte
à sa Commission démocratie, cohésion sociale et enjeux mondiaux.
Des représentants de la société civile sont en particulier associés
aux travaux relatifs aux normes électorales et au soutien des éléments
judiciaires de la « facilité ». Les coprésidents du Forum de la
société civile du Partenariat oriental ont pris part à une audition
lors de la première réunion du Comité de pilotage de la « facilité »
tenue à Bruxelles le 5 mai 2011.
9. De plus, dans le cadre de la « facilité », le projet des ONG
en matière électorale a été mis au point en coopération avec des
ONG d’Arménie, d’Azerbaïdjan, du Bélarus, de Géorgie, de Moldova
et d’Ukraine ayant participé au quatrième Congrès régional des ONG
sur « Le rôle des ONG dans une démocratie pluraliste », organisé
par la Conférence des OING à Vilnius du 10 au 12 juin 2010.
10. Pour ce qui est du consentement des Etats membres et du Bélarus
à être liés par diverses conventions du Conseil de l’Europe, le
Comité des Ministres tient à rappeler ce qui suit :
.1 Le Bélarus est Partie aux Conventions
pénale et civile sur la corruption (STE n° 173 et 174) depuis le
1er mars 2008 et le 1er juillet 2006 respectivement. De plus, avec
l’entrée en vigueur, le 13 janvier 2011, de l’Accord entre le Bélarus
et le Conseil de l’Europe concernant les privilèges et les immunités
des représentants des membres du Groupe d’Etats contre la corruption
et des membres des équipes d’évaluation du GRECO, la participation
du Bélarus au GRECO est devenue effective.
.2 Pour ce qui est de la Convention relative au blanchiment,
au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime
et au financement du terrorisme (STE n° 198), à laquelle le Bélarus pourrait
devenir partie, cet instrument actualise et étoffe la Convention
relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation
des produits du crime (STE n° 141). Ces conventions sont toutes
les deux ouvertes, ce qui requiert une invitation et l’accord du
Comité des Ministres. Le Bélarus n’est pas Partie à la STE n° 141
et n’est pas membre de MONEYVAL, mais il est membre du Groupe eurasien
sur la lutte contre le blanchiment (EAG) qui bénéficie de l’équivalent
du statut d’observateur en vertu du Statut de MONEYVAL. La Convention
STE n° 198 a été promue par MONEYVAL au sein de ce groupe en tant
qu’instrument pouvant aider les pays à obtenir davantage de résultats
en matière de condamnations pour blanchiment de capitaux et de mesures
de confiscation dans les affaires générant des produits.
.3 Tous les pays partenaires du Partenariat oriental, à l’exception
du Bélarus, sont assujettis aux procédures d’évaluation de MONEYVAL
en tant que membres du Conseil de l’Europe. Tous les Etats membres
du Conseil de l’Europe sont Parties à la STE n° 141 et le Comité
des Ministres encourage les Etats membres qui n’ont pas encore signé
et ratifié la STE n° 198 d’envisager de le faire.
11. Pour ce qui est de faire davantage profiter le Bélarus de
son statut de membre associé de la Commission de Venise, le Bureau
élargi de la Commission de Venise a décidé, en octobre 2010, au
vu de la demande annoncée d’avis sur la loi sur la Cour constitutionnelle,
de coopérer de nouveau avec le Bélarus. A l’occasion d’un échange
avec le Vice-Président de la Cour constitutionnelle du Bélarus,
le Président de la Commission de Venise a précisé, lors de la session
plénière de décembre 2010, que les demandes d’analyse juridique
de nouveaux textes législatifs contribuaient à renforcer les liens
de coopération et à accélérer les réformes démocratiques dans le
pays.
12. Parallèlement, la Commission de Venise a récemment rédigé
trois avis à la demande de l’Assemblée parlementaire
NoteNoteNote.
Un autre avis demandé par l’Assemblée parlementaire sur la compatibilité
avec les normes universelles des droits de l’homme de l’article
193-1 du Code pénal bélarussien, concernant les droits des associations
non enregistrées dans ce pays, a été adopté en octobre 2011. Le
Comité des Ministres encourage le Bélarus à tirer pleinement profit
de son statut auprès de la Commission de Venise pour renforcer ses
liens de coopération avec le Conseil de l’Europe en vue de l’analyse
juridique de textes législatifs actuels et nouveaux et de leur compatibilité
avec les normes du Conseil de l’Europe.