Nouvelles mesures à prendre par les Etats membres en ce qui concerne la Convention européenne des Droits de l'Homme et le protocole additionnel
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Cette recommandation
a été adoptée par l'Assemblée au cours de sa 22e séance,
le 24 septembre 1953 (voir Doc. 205,
rapport de la commission des Questions juridiques et administratives).
- Thesaurus
L'Assemblée,
Tout en exprimant la vive satisfaction que lui cause l'entrée
en vigueur de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme
et des Libertés fondamentales, qui marque une étape importante dans
la réalisation d'un des buts essentiels du Conseil de l'Europe,
Recommande au Comité des Ministres d'adresser aux gouvernements
des États membres les recommandations suivantes :
1. Il est extrêmement désirable que les États qui n'ont
pas encore déposé l'instrument de ratification, soit de la Convention,
soit du protocole additionnel, hâtent autant que possible ce dépôt,
tout retard dans l'acceptation définitive de ces accords par l'un
des Membres du Conseil de l'Europe ébranlant le crédit de l'organisation,
en même temps qu'il est une cause de complication dans la constitution
de la Commission européenne des Droits de l'Homme.
2. L'Assemblée Consultative a dès l'origine considéré comme essentiel
à là sauvegarde des Droits de l'Homme que les personnes qui se croyaient
victimes de lésion de leurs droits de la part d'une haute Partie contractante
puissent soumettre directement leurs griefs à un organe international
aux fins d'enquête et de conciliation sans avoir à solliciter l'appui
d'un gouvernement, dont l'intervention aurait pour effet de transformer une
réclamation individuelle en litige interétatique. C'est à cette
fin qu'a été instituée la Commission européenne des Droits de l'Homme.
L'Assemblée insiste très vivement pour que les États qui ne l'ont
pas encore fait fassent usage de la faculté prévue à l'article 25
de la Convention et reconnaissent a la Commission le droit de se
saisir des requêtes individuelles.
3. De même l'Assemblée Consultative estime fort préférable que
les réclamations retenues par la Commission comme sérieuses, et
dont elle n'aurait pu obtenir un règlement satisfaisant par la conciliation, soient
portées devant un organe judiciaire plutôt que devant un organe
politique; elle insiste à cette fin pour que les gouvernements des
Etats membres déclarent accepter, par application de l'article 46
de la Convention, la compétence obligatoire de la Cour européenne
des Droits de l'Homme.
4. Enfin l'Assemblée Consultative attire l'attention des Membres
assurant les relations internationales de territoires non-métropolitains
sur les soupçons et les critiques auxquels ils s'exposeraient s'ils
prétendaient refuser en bloc aux populations de ces territoires
le bénéfice de la Convention et du protocole; en conséquence elle
espère vivement que les gouvernements intéressés voudront bien réexaminer
la possibilité de souscrire une déclaration de la nature prévue
aux articles 63 de la Convention et 4 du protocole additionnel.