L'Assemblée,
d'accorder une attention toute particulière à la situation des jeunes pour leur insertion professionnelle ;
d'assurer la réalisation d'une convention sur le droit au travail de chacun et sur la protection des travailleurs contre les effets du chômage en y associant les principaux intéressés, notamment les représentants des travailleurs et des employeurs ;
de tenir compte des principes figurant à l'annexe ci-après dans l'élaboration du texte de la convention.
- Les Etats contractants s'engagent à poursuivre une politique visant à créer les conditions économiques nécessaires au maintien du plein emploi ;
- Cet objectif devrait être atteint dans le cadre d'une politique conjoncturelle et structurelle (régionale et sectorielle appropriée, ayant recours à des mesures budgétaires, monétaires, fiscales, d'orientation et de formation professionnelles, et d'éducation permanente dans le cadre d'une politique globale visant à faciliter le recyclage des travailleurs ; les gouvernements des Etats contractants doivent favoriser un consensus entre les partenaires sociaux sur les mesures à prendre, notamment en ce qui concerne les politiques des salaires, des prix ou de l'impôt ;
- Le plein emploi devrait être atteint non seulement au niveau national mais également au niveau régional ;
- Tous les travailleurs devraient bénéficier du même traitement indépendamment de leur nationalité, de leur sexe et de leur âge ;
- Des mesures devraient être prises pour revaloriser le travail manuel et notamment l'artisanat, afin de leur donner une meilleure orientation ;
- Les Etats contractants s'engagent à coordonner les mesures économiques, éducatives et culturelles, à s'abstenir de toute mesure protectionniste unilatérale, et à se consulter régulièrement sur la politique de l'emploi qu'ils poursuivront.
En vue de protéger les travailleurs et les personnes à la recherche d'un premier emploi contre les effets du chômage, les Etats contractants s'engagent :
à généraliser le champ d'application des régimes de prestations de chômage à toutes les catégories de la population active pour lesquelles un arrêt involontaire du travail représente une perte de gain entraînant, à brève échéance, des difficultés économiques et financières ne permettant plus à l'intéressé et à sa famille un niveau de vie décent (dans ce contexte, l'accent devrait surtout être mis sur la nécessité de protéger les travailleurs agricoles y compris les exploitants agricoles, les saisonniers, les indépendants et, en général, tous ceux qui ont été jusqu'ici exclus de la protection contre le chômage parce qu'ils représentaient un «mauvais risque») ;
à prendre des mesures spéciales pour protéger les chômeurs nouveaux venus sur le marché du travail, et qui n'ont pas encore exercé une véritable activité professionnelle pendant un temps déterminé équivalent à la période de stage nécessaire pour avoir droit aux prestations de chômage ;
à déterminer le montant des prestations d'assurance chômage en fonction des gains antérieurs du chômeur et de la nécessité de le réinsérer dans la vie active ;
à déterminer le montant des prestations d'assistance chômage de manière à garantir un niveau de vie décent, et à octroyer les prestations d'assistance chômage pendant toute la période du chômage ;
à assouplir les conditions d'ouverture et de maintien du droit aux prestations de chômage ;
à prendre les mesures d'une politique sociale curative visant à apporter aux chômeurs non seulement une aide financière par le biais de l'indemnisation de la perte de gain, mais surtout les moyens permettant de surmonter le chômage, à savoir des moyens préventifs tels que l'harmonisation des structures d'enseignement et d'éducation, pour tenir compte des besoins du monde du travail et de l'évolution rapide des structures sociales et professionnelles (mesures pour assurer une transition satisfaisante de l'école au travail et pour faciliter l'insertion professionnelle, notamment des jeunes, liaison entre enseignement scolaire et formation professionnelle, orientation professionnelle, formation professionnelle et intégration de celle-ci dans un système général de formation, placement, coordination étroite entre activités d'orientation, de formation et de placement, mais aussi entre services concernés), des moyens de réadaptation (éducation permanente et éducation récurrente, recyclage, remotivation) et des services d'appui (transport des handicapés, prise en charge des frais de déménagement et de voyage, etc.) ;
à permettre aux chômeurs de continuer à bénéficier pendant un certain temps au moins de la protection (par exemple en ce qui concerne maladie, maternité et allocations familiales) dont ils jouissaient avant de perdre leur emploi, et de demeurer soumis à la sécurité sociale pour ce qui a trait aux droits en cours d'acquisition (par exemple pensions de vieillesse, invalidité et survivants) ;
à créer au niveau national et régional des organes chargés de promouvoir des actions concertées en matière de création d'emplois et de favoriser la mise en oeuvre de politiques d'enseignement appropriées ;
à envisager, dans la mesure du possible, une réduction du nombre des demandeurs d'emploi par une prolongation du congé annuel, ainsi que par une réduction de la durée du travail journalier et hebdomadaire, dans le cadre d'une politique des loisirs et de développement culturel ;
à favoriser une retraite flexible selon les différents métiers et professions, en se basant notamment sur le caractère plus ou moins pénible du travail.