Activités de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 1992 et 1993
Recommandation 1253
(1994)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Texte adopté
par la Commission Permanente, agissant au nom de l'Assemblée, le
10 novembre 1999. Voir Doc. 7177,
rapport de la commission des migrations, des réfugiés et de la démographie,
rapporteur: Sir John Hunt.
- Thesaurus
1. Les principaux objectifs de l'Organisation
internationale pour les migrations (OIM) sont de favoriser l'instauration
de conditions permettant le déroulement ordonné des migrations dans
le monde entier, d'organiser la réinstallation ou le retour volontaire
des réfugiés, des personnes déplacées et des demandeurs d'asile,
et d'orienter la migration comme une ressource en vue du développement
social et économique. L'OIM poursuit ces objectifs en étroite collaboration
avec ses cinquante-deux Etats membres et quarante Etats observateurs.
Elle agit en partenariat avec le système des Nations Unies, ainsi
qu'avec d'autres organismes intergouvernementaux et organisations
non gouvernementales.
2. Depuis sa création en 1951, l'OIM a organisé le transfert
de plus de cinq millions de migrants et de réfugiés, pour 80 % d'entre
eux dans le cadre de programmes humanitaires, pour les autres au
titre de programmes pour le transfert de ressources humaines qualifiées
ou de migrants nationaux. Près d'un million de personnes ont été
transportées par l'OIM dans les seules années 1992 et 1993, dont
l'immense majorité pour des raisons humanitaires, notamment des
réfugiés, des personnes déplacées à l'intérieur des frontières et
d'autres personnes au titre de programmes spéciaux, par exemple
pour le traitement médical d'urgence des victimes de la guerre dans
l'ex-Yougoslavie ou pour l'évacuation des ressortissants de pays
tiers pris par le conflit au Yémen.
3. Reconnaissant que les migrations internationales sont un facteur
important du développement social et économique, l'OIM a lancé des
programmes de «migration pour le développement» pour aider les pays
en développement à répondre à leurs besoins en main-d'œuvre hautement
qualifiée. Depuis 1964, elle a organisé le transfert de plus de
42 000 cadres et techniciens hautement qualifiés, dont bon nombre
sont retournés dans leur pays d'origine après avoir acquis leurs
compétences à l'étranger.
4. Dans sa volonté de créer un cadre pour la régulation des flux
migratoires déséquilibrés et sauvages, l'OIM privilégie une approche
globale, convaincue qu'il convient de diriger l'aide internationale
au développement vers les pays producteurs de migration, de mener
des campagnes d'information dans ces pays afin de dissiper d'éventuelles
illusions sur les chances offertes ailleurs, de renforcer les services
de migration des gouvernements, d'actualiser les politiques de migration
pour qu'elles correspondent plus étroitement à la réalité, et d'accorder
un soutien accru au retour des migrants dans leur pays d'origine.
5. Au cours de ces dernières années, l'OIM s'est particulièrement
préoccupée d'étoffer ses moyens en vue d'assurer des services de
migration dans les pays d'Europe centrale et orientale, compte tenu
des problèmes et des besoins spécifiques de ces pays en matière
de migration, et des flux migratoires désordonnés qu'ils risquent
d'engendrer. L'accent a été mis sur la formation à la gestion des
migrations, sur la fourniture de conseils concernant les réformes
législatives, sur la recherche et sur des campagnes d'information
visant à corriger les attentes irréalistes des candidats à la migration.
6. Le maintien d'un financement pour ces tâches représente un
défi majeur pour l'OIM, dont le budget opérationnel est assuré par
des contributions volontaires des gouvernements, des migrants eux-mêmes
ou de leurs répondants, et dont le budget administratif est alimenté
par ses Etats membres sur une base proportionnelle. Les Etats membres
du Conseil de l'Europe qui ne sont pas membres de l'OIM ni candidats
à le devenir – République tchèque, Estonie, Islande, Irlande, Liechtenstein,
Lituanie, Malte, Roumanie, Saint-Marin, Slovaquie, Slovénie, Espagne,
Turquie et Royaume-Uni – devraient, compte tenu de leur intérêt manifeste
à voir l'OIM atteindre ses objectifs, apporter leur contribution
en adhérant à l'organisation.
7. L'Assemblée recommande au Comité des Ministres:
i d'attirer l'attention des gouvernements
des pays mentionnés au paragraphe 6 ci-dessus sur l'intérêt qu'il y
aurait à voir l'ensemble des Etats membres du Conseil de l'Europe
adhérer à l'OIM;
ii à travers les comités intergouvernementaux appropriés
et dans le cadre du suivi de la Conférence des ministres sur les
mouvements de personnes en provenance des pays d'Europe centrale
et orientale, de renforcer la coopération et la coordination entre
le Conseil de l'Europe et l'OIM, notamment dans les domaines:
a de l'assistance technique, de la
recherche et des activités d'information dans les pays d'Europe centrale
et orientale;
b des aspects juridiques et relatifs aux droits de l'homme
de la migration, de l'asile territorial et de la circulation des
réfugiés et personnes apatrides;
iii d'inciter les gouvernements des Etats membres du Fonds
de développement social à renforcer la coopération entre le fonds
et l'OIM dans la mise en œuvre des projets comportant la réinstallation
de migrants et de réfugiés;
iv d'inciter les Etats membres du Conseil de l'Europe à apporter
un soutien politique et financier à l'OIM dans l'accomplissement
de ses tâches.