Situation actuelle en matière de convertibilité
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Cette Résolution a
été adoptée par l'Assemblée au cours de sa dixième séance, le 13
mai 1953 (voir Doc. 134, rapport
de la commission des Questions économiques).
- Thesaurus
L'Assemblée,
Réaffirmant sa conviction qu'il faut intensifier la division
internationale du travail et relever le niveau de vie de tous les
peuples en appliquant un système multilatéral d'échanges et de paiements
à la zone la plus étendue possible,
1. Salue l'initiative du Gouvernement du Royaume-Uni
tendant à s'engager résolument dans la voie d'un système plus large
et plus libre d'échanges internationaux;
2. Souligne que la convertibilité des monnaies ne doit, en aucun
cas, être obtenue au prix d'une restriction des échanges;
3. Recommande instamment que toutes mesures destinées a rétablir
la convertibilité d'une monnaie européenne ne soient pas prises
unilatéralement, mais que, vu les difficultés qu'elles risquent
de créer pour le système de libéralisation de l'O.E.C.E., l'U.E.P.
et le marché commun de la Communauté Européenne du Charbon et de
l'Acier, elles ne soient adoptées qu'après consultation de toutes
les parties intéressées;
4. Considère que les premières étapes vers l'extension du système
d'échanges et de paiements, quelles qu'elles soient, devraient être
franchies en recourant à des méthodes qui ne compromettent pas l'intégration européenne,
telles que :
i Un nouvel élargissement
du programme de libération des échanges de l'O.E.C.E.;
ii L'inclusion de tous les pays de la zone de l'U.E.P. dans
le système de libération des échanges de l'O.E.C.E.;
iii Un nouvel examen de la procédure de règlement des excédents
et déficits au sein de l'U.E.P., en se proposant pour but ultime
le rétablissement de la convertibilité;
iv Le rétablissement de marchés européens de produits, où
les pays de l'U.E.P. puissent s'approvisionner à la source la moins
chère;
5. Souligne que la convertibilité ne permet pas, par elle-même,
de résoudre le problème-dollars qui se pose à l'Europe, problème
qui, étant de nature structurelle, ne peut être résolu que par des
aménagements de la structure de la production et des échanges. Dans
ces aménagements les nations débitrices aussi bien que les nations
créditrices ont leur rôle à jouer;
6. Apprécie à sa juste valeur la contribution essentielle que,
par leur aide, les États-Unis ont déjà apportée, mais affirme sa
conviction que, désormais, il conviendrait de plus en plus qu'ils
fournissent cette contribution en abaissant leurs droits de douane,
en simplifiant leurs formalités douanières, en incitant les entreprises
non-américaines à faire des soumissions pour des contrats privés
et gouvernementaux, enfin en développant leurs investissements publics
et en encourageant les investissements américains privés à
l'étranger;
7. Salue l'initiative récente qu'a prise la C. E. E. en rouvrant
la discussion du problème de l'accroissement des échanges avec les
pays de l'Europe orientale, et souligne l'importance qui s'attache
à ce que soient surmontés, en Asie non moins qu'en Europe, les obstacles
politiques qui s'opposent aux échanges de produits non stratégiques;
8. Réaffirme sa conviction que les nations européennes et les
pays d'outre-mer qui leur sont associés doivent intensifier leurs
efforts communs selon les méthodes suggérées dans le " Plan de Strasbourg
".