Représentation paritaire dans la vie politique
Recommandation 1413
(1999)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par
l’Assemblée le 22 juin 1999 (19e séance)
(voir Doc. 8423,
rapport de la commission sur l’égalité des chances pour les femmes
et les hommes, rapporteur: M. Staes). Texte adopté par l’Assemblée
le 22 juin 1999 (19e séance).
- Thesaurus
1. L’Assemblée affirme que la réalisation
de l’égalité des chances pour les femmes et les hommes est une condition
nécessaire pour le fonctionnement d’une société démocratique.
2. L’examen de la composition de la classe politique actuelle
dans les différents Etats membres du Conseil de l’Europe révèle
une forte sous-représentation féminine au sein des institutions
politiques: parlements, gouvernements, collectivités locales et
territoriales. Cette sous-représentation est d’autant plus grave
si l’on considère l’attention particulière prêtée par les femmes
aux exigences spécifiques de la communauté.
3. Plusieurs facteurs jouent en défaveur d’une meilleure représentation
des femmes dans la vie publique. Les pratiques culturelles qui perpétuent
stéréotypes et préjugés, l’éducation politique et civique biaisée,
ainsi que les responsabilités traditionnelles dans la sphère privée
sont autant d’obstacles à l’entrée d’un plus grand nombre de femmes
dans le milieu politique.
4. Dans certains Etats membres il est apparu qu’un seuil de 30 %
de participation des femmes dans les instances politiques constitue
«une masse critique». Au-delà de ce niveau, de nets progrès qualitatifs
sont visibles et les femmes peuvent se libérer du modèle masculin
d’exercice du pouvoir, pour apporter leur propre vision.
5. Toutefois, rien dans le système majoritaire d’élections parlementaires
n’empêche les femmes d’obtenir 30 % ou plus des sièges et l’utilisation
d’un système à la proportionnelle ne doit pas servir de prétexte
pour ne pas élire de femmes aux sièges pourvus par système majoritaire.
Pour éviter cela, il faut fixer des objectifs et il convient d’examiner
comment des femmes ont réussi à être élues dans des systèmes qui
étaient entièrement ou essentiellement majoritaires.
6. Le Conseil de l’Europe œuvre depuis plusieurs années pour
une plus grande égalité des femmes et des hommes dans la vie politique.
7. La Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes
les formes de discrimination à l’égard des femmes, adoptée le 18
décembre 1979 et entrée en vigueur le 3 septembre 1981, prévoit
l’élimination des discriminations fondées sur le sexe en assurant
aux femmes le droit de vote et d’éligibilité, et le droit de prendre part
à l’élaboration et à l’exécution de la politique de l’Etat.
8. L’Assemblée parlementaire, dans sa Résolution 1008 (1985)
relative à la place des femmes dans la vie politique, a recommandé
au Comité des Ministres d’inviter les gouvernements des Etats membres
à promouvoir l’égalité des femmes par une institution nationale
en ayant la charge et dotée des moyens nécessaires pour faciliter
la participation des femmes à la vie politique, à égalité avec les
hommes.
9. Le plan d’action de la Conférence des Nations Unies de Beijing
(4-15 septembre 1995) a recommandé aux gouvernements de prendre
toutes les mesures visant à assurer aux femmes l’égalité d’accès
et la pleine participation aux structures du pouvoir et à la prise
de décisions.
10. La Conférence ministérielle européenne sur l’égalité entre
les femmes et les hommes comme critère fondamental de la démocratie
(Istanbul, 13 et 14 novembre 1997) a rappelé qu’il incombait aux
gouvernements et aux partis politiques de s’engager pour promouvoir
le rôle des femmes en politique.
11. L’Assemblée parlementaire constate toutefois que, malgré tout,
peu de progrès ont été enregistrés dans les Etats membres du Conseil
de l’Europe.
12. En conséquence, l’Assemblée invite ses délégations nationales
à agir au sein des parlements en vue de prendre des mesures concrètes
pour corriger la sous-représentation des femmes dans la vie politique,
et notamment:
i de créer des commissions
ou délégations parlementaires pour les droits des femmes et pour
l’égalité des chances;
ii d’instaurer la parité au niveau des partis politiques
et de conditionner leur financement à la mise en œuvre de cet objectif;
iii d’adopter des dispositions permettant de concilier vie
familiale et vie publique;
iv de légiférer afin de mettre en place un système d’éducation
paritaire, à partir de la scolarité de base, de façon à assurer
les mêmes chances d’accès à tous les niveaux de formation.
13. L’Assemblée recommande au Comité des Ministres:
i d’élaborer une recommandation aux
Etats membres sur la représentation paritaire dans la vie politique et
publique, par le biais d’instruments spécifiques;
ii d’instituer un(e) médiateur/médiatrice européen(ne) chargée
de rééquilibrer la représentation paritaire, pour la promotion et
la surveillance de l’accès à des postes à responsabilité (empowerment) et
de l’approche intégrée (mainstreaming), tels
qu’ils sont définis dans le programme d’action de Beijing, et de coordonner
tous les organismes nationaux de parité des divers Etats membres;
iii de charger les comités directeurs concernés de mettre
en place un programme d’éducation dans le domaine de l’égalité.
14. En outre, l’Assemblée recommande au Comité des Ministres d’inviter
les Etats membres:
i à mettre en
œuvre le principe d’égalité et à adopter des mesures spéciales telles
qu’elles sont prévues par la Convention des Nations Unies sur l’élimination
de toute forme de discrimination à l’égard des femmes;
ii à mettre en œuvre le programme d’action de la Conférence
de Beijing;
iii à mettre en place une structure publique chargée de l’égalité
des chances, ainsi qu’un système statistique permettant de suivre
l’évolution des politiques de parité dans les Etats membres;
iv à promouvoir des campagnes d’information destinées à faire
évoluer les mentalités quant à l’enjeu démocratique que représente
la participation des femmes dans la vie politique, et à promouvoir,
en même temps, le partage des responsabilités du couple au sein
du foyer.