Conséquences sociales des récents séismes en Turquie
Recommandation 1448
(2000)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l'Assemblée le 28 janvier 2000 (8e séance) (voir Doc. 8638, rapport de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille, rapporteur: M. Surján). Texte adopté parl'Assemblée le 28 janvier 2000 (8e séance).
- Thesaurus
1. L’Assemblée rappelle que les récents
tremblements de terre survenus en Turquie se sont produits dans une des régions
les plus peuplées, industrialisées et prospères du pays. Les pertes humaines
ont été considérables, de nombreuses personnes sont désormais invalides ou au
chômage, et l’économie locale a été détruite. Outre certains de leurs membres,
les familles ont tout perdu: leurs biens, un logement, un emploi et leur raison
d’être. Elles se trouvent désemparées et vivent dans la peur.
2. Aujourd’hui encore, malgré les efforts et la solidarité de la communauté
internationale, un grand nombre de familles parmi les plus déshéritées vivent
sous des tentes ou dans des préfabriqués, dans des conditions difficiles,
totalement dépendantes de l’aide sociale, dans une région où l’hiver est
particulièrement rude. Outre les logements, un grand nombre d’écoles,
d’universités, d’hôpitaux, etc., ont été détruits ou endommagés et rendus
inutilisables.
3. L’Assemblée se félicite de la réaction positive de
la communauté internationale et de l’aide financière octroyée jusqu’à présent,
expression de la solidarité nationale et internationale; mais elle relève que
le montant des moyens financiers nécessaires à la reconstruction excède de loin
les possibilités de la Turquie, compte tenu par ailleurs de son fort taux
d’endettement. L’aide à la reconstruction doit donc être généreuse et doit
impérativement se poursuivre et s’accélérer; mais elle doit également être
coordonnée afin d’optimiser son efficacité et la reconstruction devrait se
faire en accord et en consultation avec les autorités locales et les autres
acteurs concernés sur le terrain.
4. L’Assemblée constate par ailleurs
que les conséquences des séismes sur la population et leur traitement social
posent de gros problèmes aux services sociaux turcs et elle demande, de ce
fait, un renforcement de la coopération européenne pour l’élaboration des
politiques sanitaire et sociale appropriées.
5. Elle se félicite de
l’action du Gouvernement turc et des autorités municipales après ces séismes,
et tout particulièrement des services inestimables rendus par les organisations
non gouvernementales turques, qui, pour pouvoir continuer à jouer leur rôle,
doivent également bénéficier de moyens financiers adéquats et du soutien du
Conseil de l’Europe. Outre les ONG et la communauté internationale, les simples
citoyens peuvent apporter une aide non négligeable à la Turquie en visitant ce
pays lors de la saison touristique. Les principales régions touristiques sont
éloignées de la zone des tremblements de terre et les revenus tirés du tourisme
seront d'un grand secours pour les populations victimes des séismes.
6. L’Assemblée recommande donc au Comité des Ministres d’inviter les Etats
membres:
6.1 à intensifier - bilatéralement ou
dans tout autre cadre approprié - un partenariat entre les municipalités des
Etats membres et la Turquie pour une reconstruction prioritaire des écoles
détruites ou endommagées par les séismes;
6.2 à poursuivre
l’aide financière à la Turquie sous la forme de donations et d’octroi de prêts
- via en particulier la Banque de développement du Conseil de l’Europe - afin
d’assurer en priorité le relogement des familles et, le plus rapidement
possible, un fonctionnement optimal des services de base relevant de
l’éducation et de la santé;
6.3 à développer, en coopération
avec les autres organisations internationales concernées telles l'Unicef ou
encore l’OIT, des programmes d’activités intergouvernementales dans le domaine
social, pour assurer notamment:
a un soutien
psychosocial des victimes des tremblements de terre, en particulier des
enfants, et
b la réadaptation des travailleurs invalides du
fait des séismes;
6.4 à aider davantage au
développement de la société civile en Turquie et à apporter un soutien aux ONG
impliquées dans le traitement des conséquences des séismes;
6.5 à offrir à la Turquie l’expertise nécessaire pour promouvoir une
décentralisation administrative effective - actuellement en cours d’élaboration
- qui donne aux autorités locales et régionales des pouvoirs réels de décision
et de gestion.
7. Enfin, l’Assemblée invite le
Comité des Ministres à tirer, pour l’avenir, les leçons des séismes récents
survenus dans cette région d’Europe, qui peuvent se reproduire en Turquie mais
aussi partout sur le continent, notamment:
7.1 en procédant à la relecture critique des différents textes déjà
existants au Conseil de l’Europe relatifs aux secours en cas de catastrophe,
afin d’élaborer, si besoin est, un modèle européen actualisé de gestion de
crise en cas de désastre et de catastrophe naturelle;
7.2 en
invitant les Etats membres à vérifier s’ils disposent de normes antisismiques
applicables au secteur de la construction et à veiller au strict respect de
leur
application.