Vers une interprétation uniforme des conventions du Conseil de l'Europe: création d'une autorité judiciaire générale
du Conseil de l'Europe: création d'une autorité judiciaire générale
Recommandation 1458
(2000)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l’Assemblée le 6 avril 2000 (15e séance) (voir Doc. 8662, rapport de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme, rapporteur: M. Svoboda). Texte adopté par l’Assembléele 6 avril 2000 (15e séance).
- Thesaurus
1. L’Assemblée rappelle que l’objectif du Conseil
de l’Europe est de réaliser une union plus étroite entre ses membres, et
considère que cet objectif peut être poursuivi, entre autres, par la conclusion
d’accords internationaux.
2. Il existe à l’heure actuelle plus de 175
conventions et protocoles conclus sous l’égide du Conseil de l’Europe.
3. L’existence d’un important ensemble de textes juridiquement contraignants
demande des mécanismes de suivi et de contrôle effectifs et efficaces.
4. Une interprétation et une application uniformes des conventions du
Conseil de l’Europe dans les différents Etats membres, et entre les différents
instruments juridiques, s’avèrent aussi nécessaires.
5. Aussi
l’Assemblée est-elle convaincue qu’il est essentiel que les Etats membres du
Conseil de l’Europe conviennent d’une procédure permettant d’assurer
l’interprétation uniforme des textes juridiques qu’ils adoptent en
commun.
6. L’Assemblée est consciente du fait qu’un certain nombre de
conventions du Conseil de l’Europe prévoient déjà des mécanismes destinés à
assurer le contrôle ainsi que l’application et l’interprétation uniformes de
ces conventions, comme la Convention européenne des Droits de l’Homme, la
Charte sociale révisée, ou d’autres encore.
7. Un grand nombre de
conventions, cependant, ne possèdent pas de tel mécanisme.
8. En plus
du nombre croissant de conventions, le nombre d’Etats membres croît aussi, et
il est plus difficile que par le passé de parler d’une tradition juridique qui
leur soit commune. Pour cette raison, à côté de ses avis contraignants, le
pouvoir de donner des avis consultatifs non contraignants pourrait devenir une
compétence pratique fréquemment utilisée de l’autorité judiciaire
«générale».
9. Pour les raisons qui viennent d’être énumérées,
l’Assemblée recommande au Comité des Ministres d’établir une «autorité
judiciaire générale» propre au Conseil de l’Europe, qui prévoirait un mécanisme
d’interprétation uniforme des traités du Conseil de l’Europe, en commençant
d’abord par les conventions qu’il reste à conclure et par un nombre choisi de
conventions qui existent. Les compétences de l’«autorité judiciaire générale»
seraient de trois ordres:
9.1 émettre des avis
contraignants sur l’interprétation et l’application des conventions du Conseil
de l’Europe, à la demande d’un ou plusieurs Etats membres ou à celle du Comité
des Ministres ou de l’Assemblée parlementaire;
9.2 rendre des
avis juridiques non contraignants à la demande d’un ou plusieurs Etats membres
ou d’un des deux organes du Conseil de l’Europe;
9.3 rendre des
décisions préliminaires à la demande d’un tribunal national, d’une manière
analogue à ce que prévoit l’article 177 du Traité de Rome de 1956 portant
création de la Communauté économique européenne.