Création d'un institut euroméditerranéen d'hydrotechnique du Conseil de l'Europe (technologie et gestion de l'eau)
Recommandation 1471
(2000)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l’Assemblée le 25 septembre 2000 (25e séance) (voir Doc. 8746, rapport de la commission de la science et de la technologie, rapporteur: M. Fernández Aguilar). Texte adopté par l’Assemblée le 25 septembre 2000 (25eséance).
- Thesaurus
1. L’Assemblée renvoie à son programme d’action sur la gestion des ressources en eau douce en Europe ainsi qu’à la recommandation et à la directive adoptées à cette occasion (
Recommandation 1224 (1993) et Directive nº 492 (1993)).
2. Elle renvoie également aux
nombreux débats consacrés à la coopération dans la région méditerranéenne, et
en particulier aux travaux de la Conférence des régions méditerranéennes
(actuellement appelée Conférence des régions de la Méditerranée et de la mer
Noire), dans lesquels le problème de l’eau apparaît comme le facteur le plus
crucial pour le développement futur et la paix dans la région.
3. La
coopération entre l’Union européenne et les pays méditerranéens a débuté à
Lisbonne en 1992, lors d’une réunion de haut niveau au cours de laquelle a été
élaboré un cadre général de coopération politique, économique et culturelle.
Trois ans plus tard, en novembre 1995 à Barcelone, la Conférence
euroméditerranéenne a reconnu que «l’approvisionnement en eau ainsi qu’une
gestion et un développement appropriés des ressources en eau constituent des
éléments prioritaires pour tous les pays méditerranéens, et (qu’) il est
important de développer la coopération dans ces domaines».
4. L’Assemblée se félicite des travaux menés par de nombreuses organisations
et institutions du Bassin méditerranéen qui contribuent ou ont contribué à
l’étude et à la gestion des problèmes d’eau. Elle attache un intérêt tout
particulier aux contributions apportées dans le cadre du Centre international
de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) (créé à l’initiative du
Conseil de l’Europe et de l’OCDE), de l’Unesco, du Plan bleu méditerranéen, du
Conseil mondial de l’eau, de l’Association internationale de recherches
hydrauliques et des nombreux autres instituts et organismes œuvrant dans ce
domaine (Institut méditerranéen de l’eau, Agence de l’eau Rhône-Méditerranée,
Institut du droit de l’eau, etc.). Elle note également avec intérêt les
activités menées par la Fondation européenne de la science dans le domaine de
l’eau.
5. D’énormes défis devront néanmoins être relevés, qui
exigeront notamment:
5.1 des efforts généralisés
et redoublés pour faire face aux besoins en eau et aux situations de crise
(c’est-à-dire de tension entre l’offre et la demande) dans différentes régions
du Bassin méditerranéen, en accordant une attention toute particulière à leurs
effets sur l’environnement aggravés par le processus de
désertification;
5.2 une collaboration sensiblement accrue
entre les pays industrialisés, les pays en transition et les pays en voie de
développement. Cet aspect est particulièrement important pour les pays de la
région euroméditerranéenne qui disposent des ressources en eau les plus
faibles. Une attention particulière doit être accordée à des problèmes tels
que:
a l’adaptation aux conditions locales,
sociales et économiques, et l’introduction de techniques permettant, dans
différents secteurs, une exploitation plus efficace de l’eau;
b un meilleur recyclage et une meilleure réutilisation de l’eau
polluée, tout en maintenant une protection élevée de
l’environnement;
c une amélioration de l’évaluation de
l’incidence des différentes formes d’utilisation de l’eau sur l’environnement,
grâce à des indicateurs appropriés, et en suggérant des méthodes pour les
appliquer;
d une multiplication des initiatives en termes
d’éducation, d’information et de sensibilisation, initiatives spécifiquement
conçues pour chacun des pays ou régions du Bassin euroméditerranéen de façon à
susciter une culture d’utilisation efficace de l’eau;
e la
mise en place de réseaux de communication et d’échange d’expériences.
5.3 la limitation de la détérioration
actuelle de l’eau et la prise de mesures préventives additionnelles pour
préserver et améliorer cette situation, en tant que méthode efficace pour
maintenir les ressources actuelles dans de bonnes conditions;
5.4 la mise en œuvre des solutions proposées en y associant les
utilisateurs (approche de bas en haut);
5.5 l’amélioration des
critères de propriété des eaux territoriales notamment en transférant les
ressources en eau pour remédier à la pénurie;
5.6 la défense de
la mer Méditerranée, réceptacle ultime de toutes les contaminations du
continent transportées par les fleuves et les aquifères côtiers;
5.7 la nécessité de procéder à un contrôle plus strict lors de
l’élaboration de normes internationales relatives à l’usage, abusif ou non, de
l’eau potable à des fins humaines, agricoles, touristiques ou
industrielles.
6. L’Assemblée estime que les progrès
accomplis par la science dans différents domaines et le développement de
nouvelles technologies constitueront des facteurs importants permettant de
mieux répondre au défi que représentent une meilleure gestion de l’eau et une
plus grande accessibilité de celle-ci. Ce savoir-faire sera bénéfique à la fois
aux régions où l’eau est rare et à celles où l’eau est abondante, en Europe et
dans le monde. Pour les régions où l’eau est rare, parmi les solutions qui
pourraient être explorées et développées davantage figure le dessalement de
l’eau de mer grâce aux nouvelles technologies et à l’énergie solaire.
7. Elle se félicite de l’offre généreuse formulée par la région autonome de
Murcie, soutenue par le Gouvernement espagnol et favorablement accueillie par
d’autres régions et Etats méditerranéens, de mettre à disposition les
installations et ressources nécessaires à la création d’un nouvel outil de
coopération destiné à améliorer les technologies hydrauliques ainsi que la
gestion des ressources en eau dans la région méditerranéenne.
8. A la
lumière de ce qui précède, l’Assemblée recommande au Comité des Ministres:
8.1 de contribuer à la création d’un institut euroméditerranéen d’hydrotechnique et de gestion des ressources en eau en s’associant à ce projet de coopération au travers d’un accord partiel ouvert conclu à cette fin conformément à la Résolution statutaire (93) 28 du Comité des Ministres, et d’inviter l’Union européenne à adhérer à cet accord;
8.2 d’entrer en rapport avec le Gouvernement espagnol
et les autorités de la région autonome de Murcie en vue d’installer le siège de
l’institut euroméditerranéen d’hydrotechnique du Conseil de l’Europe
(technologie et gestion de l’eau) à Murcie;
8.3 de lancer une
consultation active parmi les Etats membres, les autres Etats riverains de la
Méditerranée, l’Union européenne, la Fondation européenne de la science,
l’Unesco, le CIHEAM et toutes les autres organisations et institutions
éprouvant un intérêt pour ce domaine particulier, de telle sorte que cette
nouvelle initiative concernant l’hydrotechnique et la gestion des ressources en
eau dans la région euroméditerranéenne dispose d’une base de soutien et de
coopération la plus large
possible.