Au niveau normatif
œuvrer en faveur de la ratification, par tous les Etats membres du Conseil de l’Europe et d’autres, de la totalité des instruments juridiques internationaux existant dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et son financement, et en particulier de la Convention internationale de 1999 des Nations Unies pour la répression du financement du terrorisme;
parvenir d’urgence à un accord sur une définition du terrorisme, de préférence fondée sur celle adoptée en décembre 2001 par le Conseil européen de l’Union européenne dans une position commune;
faire de toute activité financière soutenant le terrorisme ainsi défini un délit pénal;
renforcer encore les législations nationales et toute convention internationale qui en auraient besoin, en les adaptant pour qu’elles tiennent compte des progrès technologiques et autres ainsi que de la sophistication croissante des terroristes, afin de réussir à dépister l’origine – légale ou non – ainsi que le cheminement des fonds prévus à des fins terroristes, en vue de leur saisie ou confiscation. A cet égard, l’Assemblée se félicite de la décision prise en mai 2002 par le Comité des Ministres pour que soit élaboré un protocole additionnel dans le cadre de la Convention européenne de 1997 pour la répression du terrorisme (STE no 90). Elle demande au Comité des Ministres d’envisager aussi la possibilité d’adapter la Convention du Conseil de l’Europe relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime (STE no 141), par exemple par le biais d’un protocole additionnel;
Au niveau opérationnel
intensifier la coopération entre les administrations nationales, les forces de police, les instances judiciaires, les institutions financières, les instances réglementaires et d’autres en vue de découvrir les transactions internationales suspectes et, grâce à cela, d’atteindre les organisations et les individus derrière ces transactions. Dans ce contexte, l’Assemblée se félicite de la création d’EuroJust en 2001 et soutient les décisions pour élargir les mandats du Gafi (Groupe d’action financière sur le blanchiment des capitaux) et du Comité restreint d’experts sur l’évaluation des mesures de lutte contre le blanchiment des capitaux (PC-R-EV) pour couvrir aussi la détection du financement du terrorisme; elle se félicite également de l’établissement, au sein d’Europol, d’un groupe d’action contre le terrorisme international, qui traite aussi des aspects financiers du terrorisme;
Au niveau du contrôle de la mise en œuvre des textes
veiller à ce que les conventions internationales et autres accords de lutte contre le financement du terrorisme soient mis en œuvre efficacement dans les Etats membres du Conseil de l’Europe et d’autres – notamment en renforçant les mandats et en augmentant les ressources du Gafi et d’autres organes compétents tels que le PC-R-EV, et en rendant publique toute lacune au niveau national afin d’augmenter la pression pour une action correctrice;
enfin, l’Assemblée réitère sa conviction – telle qu’exprimée notamment dans sa Résolution 1271 (2002) sur la lutte contre le terrorisme et le respect des droits de l’homme – qu’il ne faut jamais laisser la lutte contre le terrorisme porter atteinte aux valeurs fondamentales du Conseil de l’Europe, à savoir la démocratie, la prééminence du droit et les droits de l’homme – y compris aux dispositions de la Convention européenne des Droits de l’Homme et à l’interdiction de la peine de mort stipulée dans cette Convention.