Contestation des pouvoirs de la délégation parlementaire de Serbie-Monténégro
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l’Assemblée le 27 avril 2004 (11e séance) (voir Doc. 10155, rapport de la commission des questions politiques, rapporteur: M. Jakic). Texte adopté par l’Assemblée le 27 avril 2004 (11e séance).
- Thesaurus
1. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe renvoie à l’article 8.2.a de son Règlement, qui autorise la contestation des pouvoirs d’une délégation nationale pour cause de violation grave des principes fondamentaux du Conseil de l’Europe mentionnés à l’article 3 et dans le préambule du Statut de l’Organisation
Note.
2. L’Assemblée s’associe à la déclaration de son Président à propos des récentes élections en Serbie et considère que MM. Slobodan Miloševic, Vojislav Seselj et Nebojsa Pavkovic, tous accusés de violations graves du droit humanitaire international devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, et pourtant têtes de liste de leur parti respectif, portent la responsabilité politique et morale des effroyables conflits interethniques dans l’ex-Yougoslavie. L’Assemblée regrette profondément que ces partis politiques n’aient pas pris leurs distances par rapport aux crimes de guerre terribles commis pendant ces conflits interethniques.
3. Rappelant sa
Résolution 1344 (2003), sur la menace que font peser sur la démocratie les partis et les mouvements extrémistes en Europe, l’Assemblée juge nécessaire de régler le problème des partis extrémistes et des membres individuels de ces partis lorsqu’ils sont nommés membres de leur délégation nationale auprès de l’Assemblée.
4. L’Assemblée note avec regret que, dans leur libellé actuel, les articles 8 et 9 ne permettent pas de contester les pouvoirs de membres individuels d’une délégation nationale pour des raisons substantielles, comme une violation grave des principes fondamentaux du Conseil de l’Europe par un ou plusieurs membres d’une délégation.
5. L’Assemblée est résolue à adapter son Règlement le plus tôt possible, dans le but de pouvoir contester les pouvoirs des membres individuellement, pour des raisons substantielles, afin que les forces démocratiques d’une délégation donnée ne soient pas pénalisées par une restriction des pouvoirs.
6. L’Assemblée estime inapproprié de ne pas ratifier les pouvoirs de l’ensemble de la délégation de la Serbie-Monténégro à cause de certains membres de cette délégation. Cette décision pénaliserait les forces démocratiques de la Serbie-Monténégro représentées dans sa délégation nationale et ferait le jeu des politiciens qui ne respectent pas les principes fondamentaux du Conseil de l’Europe.
7. En conséquence, l’Assemblée ne peut que ratifier les pouvoirs de la délégation parlementaire de la Serbie-Monténégro.