La nécessité d'un bilan des progrès accomplis dans l'application de la Convention de Berne
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l'Assemblée
le 13 avril 2011 (15e séance) (voir Doc. 12459, rapport de la commission
de l'environnement, de l'agriculture et des questions territoriales,
rapporteur: M. Lotman). Texte adopté par l'Assemblée le 13 avril
2011 (15e séance). Voir également la Recommandation 1964 (2011).
- Thesaurus
1. L’Assemblée parlementaire se réfère
à la cérémonie du 30e anniversaire du Comité permanent de la Convention
relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel
de l’Europe (Convention de Berne, STE no 104), à l’Année internationale
de la biodiversité 2010 et à la Décennie des Nations Unies pour
la biodiversité 2011-2020, à sa
Recommandation 1918 (2010) sur la
biodiversité et le changement climatique, et à la déclaration signée
conjointement par l’Assemblée, le Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux du Conseil de l’Europe et la Conférence des OING du Conseil
de l’Europe à l’occasion de la Journée européenne de la biodiversité,
le 28 avril 2010.
2. A cet égard, l’Assemblée déplore que l’appauvrissement de
la diversité biologique soit désormais plus rapide que l’extinction
naturelle, ce qui illustre l’incapacité politique au niveau mondial
à atteindre l’objectif biodiversité 2010 et à enrayer l’appauvrissement
de cette biodiversité à l’horizon 2010, comme le préconisait la
Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique
en 2002.
3. Au sens le plus large, l’environnement concerne à la fois
les êtres humains et leur milieu naturel, qui forment une entité
unique, équilibrée du point de vue écologique et propice au développement.
L’Assemblée se réfère au principe 1 de la Déclaration de Stockholm
(Conférence des Nations Unies sur l’environnement, 1972) qui déclare:
«L’homme a un droit fondamental à la liberté, à l’égalité et à des
conditions de vie satisfaisantes, dans un environnement dont la
qualité lui permette de vivre dans la dignité et le bien-être. Il
a le devoir solennel de protéger et d’améliorer l’environnement
pour les générations présentes et futures.»
4. L’Assemblée rappelle sa
Recommandation
1885 (2009) sur l’élaboration d’un protocole additionnel
à la Convention européenne des droits de l’homme relatif au droit
à un environnement sain et la Résolution 10/4 du Conseil des droits
de l’homme des Nations Unies sur les droits de l’homme et les changements
climatiques, ainsi que l’étude explicative du Haut-Commissariat
des Nations Unies aux droits de l’homme (A/HRC/10/61), et souligne
que toute dégradation dans la fourniture des services des écosystèmes
affectera directement un large éventail de droits de l’homme et
de libertés fondamentales universellement reconnus, tels que le
droit à la vie et à la nourriture, l’accès à l’eau, la santé et
un logement adéquat, et le droit à la propriété et à l’utilisation des
terres.
5. Tant l’Assemblée que le Comité permanent de la Convention
de Berne ont déjà identifié et combattu dans diverses régions d’Europe
des activités nuisibles pour l’environnement, y compris celles menaçant
des sites fragiles d’un point de vue écologique. L’Assemblée réaffirme
par la présente ses résolutions et recommandations relatives à des
problèmes concrets de protection de la nature, comme sa
Résolution 1444 (2005) sur
la protection des deltas européens et sa
Recommandation 1837 (2008) sur la
lutte contre les atteintes à l’environnement en mer Noire. Elle
lance également un appel pour que les recommandations du Comité
permanent de la Convention de Berne soient pleinement appliquées.
6. En outre, la jurisprudence de la Cour européenne des droits
de l’homme établit que la dégradation de l’environnement, l’appauvrissement
de la diversité biologique et l’altération des écosystèmes affectent également
de manière indirecte d’autres droits de l’homme protégés par la
Convention européenne des droits de l’homme (STE no 5), notamment
le respect de la vie privée et familiale, et du domicile (article
8), l’accès à la justice et à un recours effectif (article 13),
et la liberté d’expression et celle de recevoir ou de communiquer des
informations ou des idées (article 10).
7. Selon les études scientifiques, l’Europe devrait connaître
un réchauffement climatique supérieur à la moyenne mondiale, avec
un réchauffement plus intense l’hiver en Europe du Nord et l’été
dans le Bassin méditerranéen. Les projections annoncent dans les
deux cas des valeurs doubles du réchauffement moyen de la planète.
La transformation des habitats, des espèces, de leur répartition
géographique, de leurs schémas migratoires et, à terme, de la composition
et du fonctionnement des écosystèmes d’Europe affectera inévitablement
l’aptitude de ces derniers à fournir les divers services dont dépendent
les sociétés humaines.
8. Les mesures d’atténuation par réduction des émissions de gaz
à effet de serre sont certes indispensables pour réduire les retombées
négatives sur l’environnement et la biodiversité à moyen et à long terme,
mais il faut également des mesures concrètes pour faciliter l’adaptation
des écosystèmes naturels et aménagés aux phénomènes actuellement
induits par le changement climatique. L’adaptation spontanée sera insuffisante
pour réduire les impacts sur la diversité biologique à tous les
niveaux, en particulier sur les écosystèmes vulnérables, et pour
préserver le bien-être durable de l’humanité.
9. L’Assemblée estime donc qu’il est essentiel de prendre des
mesures fermes de protection des habitats, de la flore et de la
faune, et de veiller à la bonne gestion et à l’élargissement des
réseaux existants de zones protégées pour que les stratégies nationales
et européennes réussissent à préserver la biodiversité malgré l’évolution
du climat.
10. L’Assemblée salue l’initiative de l’Union européenne visant
à élaborer la stratégie de l’union pour la diversité biologique
après 2010, en consultation avec les citoyens, les parties prenantes,
l’administration publique, les entreprises et la société civile,
afin d’intensifier les efforts de l’Union européenne pour enrayer
les pertes de diversité biologique dans le monde.
11. A cet égard, l’Assemblée invite l’Union européenne et les
Etats membres concernés du Conseil de l’Europe à intensifier leurs
efforts pour augmenter leur contribution à la réalisation de l’objectif
de biodiversité mondiale que se sont fixées les Parties à la Convention
sur la diversité biologique, notamment de mettre en œuvre les recommandations
et les résolutions du Comité permanent de la Convention de Berne.