Paver la voie à la pleine participation publique à la rédaction d’une nouvelle constitution pour la Turquie
Proposition de résolution
| Doc. 12931
| 09 mai 2012
- Signataires :
- M. Ertuğrul KÜRKÇÜ,
Turquie, GUE ; Mme Karin ANDERSEN,
Norvège, GUE ; Mme Þuriður BACKMAN,
Islande, GUE ; M. Jim DOBBIN,
Royaume-Uni, SOC ; M. Tuur ELZINGA,
Pays-Bas, GUE ; M. Jean-Claude FRÉCON,
France, SOC ; Mme Annette GROTH,
Allemagne, GUE ; M. Andrej HUNKO,
Allemagne, GUE ; M. Tiny KOX,
Pays-Bas, GUE ; M. Jean-Paul LECOQ,
France, GUE ; M. George LOUKAIDES,
Chypre, GUE ; M. Bernard MARQUET,
Monaco, ADLE ; Sir Alan MEALE,
Royaume-Uni, SOC ; M. Patrick MORIAU,
Belgique, SOC ; M. Joseph O'REILLY,
Irlande, PPE/DC ; Mme Maureen O'SULLIVAN,
Irlande, GUE ; M. Grigore PETRENCO,
République de Moldova, GUE ; M. François ROCHEBLOINE,
France, PPE/DC ; M. Jim SHERIDAN,
Royaume-Uni, SOC ; M. Nikolaj VILLUMSEN,
Danemark, GUE
- Thesaurus
Cette proposition n'a pas été examinée par l'Assemblée et n'engage que ses signataires.
La Turquie, conformément à la Résolution 1380 (2004) de l’Assemblée
parlementaire, s’achemine vers une nouvelle constitution. La Commission
pour la réconciliation constitutionnelle du Parlement turc présentera
le premier projet pour discussion publique dans les prochains mois.
L’Assemblée se réjouit de l’initiative historique du Parlement
turc de baser sa constitution sur les lignes directrices établies
par le Conseil de l’Europe.
Cependant, l’Assemblée estime que, dans la période précédant
le débat public, la Turquie devrait ouvrir plus largement des opportunités
pour la participation publique et la liberté d’expression, d’association,
de réunion et de rassemblement, qui ne nécessitent pas forcément
un changement constitutionnel.
Quoi qu’il en soit, la poursuite du conflit armé dans les
provinces du sud-est de la Turquie, les morts dans les rangs des
combattants comme parmi les civils ainsi que les représailles et
la persécution à l’égard des militants kurdes et des groupes d’opposition
dans le pays, outre le fait que 8 parlementaires élus sont toujours emprisonnés,
auront à l‘évidence un impact négatif sur la participation du public
au débat constitutionnel et sur la confiance qu’il placera dans
ce débat.
C’est pourquoi l’Assemblée devrait inviter la Turquie à prendre
d’urgence des mesures pour gagner la confiance de la population
et permettre à tous les citoyens en Turquie d’exercer plus largement
leurs droits. Il conviendrait de demander l’avis de la Commission
de Venise et d’en tenir compte pour cette législation.
Au titre de ces mesures, il conviendrait notamment :
- de mettre en oeuvre un cessez-le-feu
bilatéral et d’instaurer un comité international de supervision
pour enquêter sur les éventuelles violations du cessez-le-feu et
les signaler ;
- de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre
un terme à la persécution des personnalités politiques kurdes et
des militants de l’opposition, de libérer les parlementaires élus
emprisonnés et de permettre aux personnes purgeant une peine de
prison ou en détention préventive de participer au processus politique ;
- de modifier les lois antiterroristes qui motivent des
ordonnances de mise en détention préventive, car elles font obstacle
à la libre expression des militants politiques, journalistes et
défenseurs des droits de l’homme.