La sélection prénatale en fonction du sexe
Réponse à Recommandation
| Doc. 12968
| 26 juin 2012
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1146e réunion des Délégués des Ministres (20 juin 2012). 2012 - Troisième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1979
(2011)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres estime que la
sélection prénatale en fonction du sexe remet en question les valeurs,
principes et droits fondamentaux défendus par le Conseil de l’Europe
et consacrés dans la Convention européenne des droits de l’homme
(CEDH) et ses protocoles additionnels pertinents. Cette pratique
va également à l’encontre des principes généraux de l’égalité entre
les femmes et les hommes définis par le Comité des Ministres dès
1988 dans sa Déclaration sur l’égalité des femmes et des hommes
et confirmés en 2009 à Madrid dans sa Déclaration « Faire de l'égalité
entre les femmes et les hommes une réalité dans les faits ». Au-delà
de ce constat, le Comité des Ministres souligne les dangers de cette
pratique, qui risque d’entraîner des déséquilibres démographiques
et sociaux graves. S’agissant de l’admissibilité de l’utilisation des
techniques médicales d’assistance à la procréation pour choisir
le sexe de l’enfant à naître, une seule exception au principe de
non-sélection est prévue par l’article 14 de la Convention pour
la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain
à l’égard des applications de la biologie et de la médecine, en
vue d’éviter une maladie héréditaire grave liée au sexe.
2. Le Comité des Ministres note la corrélation établie par l’Assemblée
entre la sélection prénatale en fonction du sexe, ses causes profondes
et la violence à l’égard des femmes. A cet égard, il appelle instamment les
Etats membres à prendre les mesures législatives ou autres nécessaires
pour réprimer toutes les formes de violence à l’égard des femmes,
y compris les avortements et stérilisations forcés. Le Comité encourage également
les Etats membres qui ne l’ont pas encore fait à signer et ratifier
la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte
contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique
pour qu’elle entre en vigueur rapidement.
3. Il les encourage également à signer et ratifier la Convention
pour la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être
humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine,
qui constitue le cadre juridique de référence pour les questions
relatives à la sélection prénatale en fonction du sexe. Par ailleurs,
le Comité des Ministres invite le Comité directeur pour les droits
de l’homme (CDDH) à prendre en compte la suggestion faite par l’Assemblée
au paragraphe 3.2 de sa recommandation, dans le cadre de ses travaux intergouvernementaux
sur la protection des droits de l’homme dans le domaine de la biomédecine,
dans la limite des ressources disponibles.
4. Le Comité des Ministres est conscient du rôle crucial de l’information
et de la sensibilisation des familles et des institutions sociales.
Il estime qu’un travail tout particulier doit être fait en la matière.
A cet égard, il prend note de la recommandation de l’Assemblée pour
ce qui concerne l’assistance et la coopération sur les questions
relatives à la sélection prénatale en fonction du sexe (par exemple
les tests non-invasifs). La Commission pour l’égalité entre les
femmes et les hommes (GEC) fournira aux Etats membres une expertise sur
l’élaboration de législations, politiques, pratiques, programmes
de formation et moyens de sensibilisation pour soutenir l’application
des normes reconnues à l’échelle internationale en matière d’égalité
entre les femmes et les hommes. Elle entreprendra également de mettre
en œuvre le plan d’action et la résolution adoptés lors de la Conférence
du Conseil de l’Europe des ministres responsables de l’égalité entre
les femmes et les hommes tenue à Bakou, en mai 2010, afin de poursuivre
la réalisation d’une véritable égalité entre les femmes et les hommes.