A la lumière de cette évaluation, l’Assemblée parlementaire
invite les Etats membres du Conseil de l’Europe:
10.1 à empêcher de porter atteinte
aux normes démocratiques existantes lors de la prise de décisions liées
à la «crise de la dette souveraine» et lors d’éventuelles actions
communes européennes, en laissant la latitude maximale possible
aux gouvernements nationaux et autres institutions nationales démocratiquement
légitimées, en particulier aux parlements;
10.2 à réfléchir à la manière dont ces processus pourraient
être rendus plus démocratiques à l’avenir, en tenant compte également
de l’élaboration des futures politiques économiques au niveau européen et,
en attendant, à agir avec la plus grande transparence lorsque sont
prises des décisions de vaste portée affectant profondément les
économies nationales et la vie des personnes;
10.3 à signer et à ratifier la Charte sociale européenne révisée
et la Convention européenne de sécurité sociale (STE no 78), si
cela n’a pas encore été fait, et à envisager de soutenir une mise
à jour de cette dernière, conformément aux besoins inhérents aux
situations professionnelles et aux styles de vie d’aujourd’hui,
afin d’améliorer les droits des citoyens des Etats membres jusqu’à
un niveau au moins égal aux droits garantis par les accords bilatéraux
sur la sécurité sociale;
10.4 le cas échéant, à initier un débat public sur les conséquences
sociales et l’impact sur la souveraineté démocratique si le mécanisme
européen de stabilité et le pacte budgétaire européen devaient entrer
en vigueur;
10.5 à envisager des mesures visant à moderniser les structures
et processus démocratiques en ayant recours à de nouvelles formes
de participation et de consultation des citoyens, comme les référendums,
lorsque la Constitution ou la législation prévoient de telles possibilités;
10.6 à évaluer avec précision les programmes d’austérité actuels
du point de vue de leurs effets à court et à long terme sur les
processus décisionnels démocratiques et les normes relatives aux
droits sociaux, les systèmes de sécurité sociale et les services
sociaux, tels que les systèmes de retraite et de santé, les services
à la famille ou les services d’assistance aux groupes les plus vulnérables
(personnes handicapées, migrants, personnes sans emploi, etc.);
10.7 à concevoir des programmes de consolidation budgétaire
fondés non seulement sur les économies à appliquer aux budgets gouvernementaux
à divers niveaux et aux dépenses sociales en particulier, mais aussi
sur des revenus plus élevés à générer, en particulier grâce à des
impôts majorés pour les groupes à hauts revenus et les larges bénéfices
des entreprises, et à une lutte plus acharnée contre l’évasion fiscale,
la fraude fiscale, les paradis fiscaux, la corruption et l’économie
souterraine;
10.8 dans la mesure du possible, à compléter les programmes
de consolidation budgétaire par des mesures encourageant une croissance
économique durable, y compris des mesures visant à créer de nouveaux
emplois de qualité et les conditions et l’environnement économique
permettant de développer, avec succès, des initiatives individuelles
et l’entrepreneuriat, l’emploi étant une condition préalable pour
de futures recettes fiscales;
10.9 à lancer de vastes programmes de relance économique visant
à lutter contre les forts taux de chômage et leurs conséquences
économiques et sociales négatives, y compris des mesures spécifiques
visant à soutenir les jeunes générations dans la période de transition
entre formation et emploi;
10.10 à poursuivre et à soutenir les efforts entrepris pour
renforcer la réglementation du secteur financier et des structures
financières dont la taille, l’intégration systémique, la complexité
ou l’interconnexion pourraient compromettre la stabilité financière
et la capacité des régulateurs à résister à leurs demandes, y compris
des mesures concernant le système bancaire parallèle, comme celles demandées
par le Parlement européen et initiées actuellement par la Commission
européenne;
10.11 à améliorer l’échange d’information entre eux, la coopération
et l’harmonisation fiscale, à mettre en place des mesures communes
pour la disparition progressive des paradis fiscaux et des zones fiscales
opaques, et à étudier les possibilités de mettre en place de nouveaux
impôts sur certains types d’opérations financières en Europe.