L’économie souterraine : une menace pour la démocratie, le développement et l’Etat de droit
Réponse à Recommandation
| Doc. 13023
| 18 septembre 2012
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1149e réunion des Délégués des Ministres (12 septembre 2012). 2012 - Quatrième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1988
(2011)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la Recommandation 1988 (2011) de l’Assemblée parlementaire
sur « L’économie souterraine : une menace pour la démocratie, le
développement et l’Etat de droit », qu’il a communiquée au Comité
européen pour les problèmes criminels (CDPC), au Comité d'experts sur
l'évaluation des mesures de lutte contre le blanchiment des capitaux
et le financement du terrorisme (MONEYVAL) et à l'Accord élargi
sur le « Groupe d'Etats contre la corruption – GRECO » pour information
et commentaires éventuels.
2. Le Comité des Ministres note l’invitation de l’Assemblée parlementaire
à développer et à renforcer la coopération entre le Conseil de l’Europe
et d’autres organisations internationales afin de faciliter les
efforts interétatiques pour s’attaquer aux activités économiques
souterraines et à la criminalité économique. Il souligne que ces
activités représentent une menace directe aux valeurs promues par
le Conseil de l’Europe, en particulier à l’Etat de droit, et constituent
un obstacle important au développement économique.
3. A cet égard, le Comité des Ministres tient à rappeler l’étroite
coopération déjà existante entre le Conseil de l’Europe et de nombreuses
organisations internationales, notamment les Nations Unies, l'Organisation
de coopération et de développement économiques (OCDE), l’Organisation
des Etats d’Amérique, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international
(FMI) par le biais du Groupe d’Etats contre la corruption (GRECO) et
du Comité d'experts sur l'évaluation des mesures de lutte contre
le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (MONEYVAL).
Pour ce qui est de la coopération avec l’Union européenne (UE),
le GRECO a, au fil des ans, coopéré avec des instances telles qu’Eurojust,
Olaf et Europol. Des perspectives concrètes de participation formelle
de l’UE au GRECO se profilent désormais. Les discussions à ce sujet
ont été accélérées par l’adoption, en 2009, du « Programme de Stockholm »
au titre duquel le Conseil européen a invité la Commission européenne
à élaborer une politique globale de lutte contre la corruption en
étroite coopération avec le GRECO, et à faire rapport sur les modalités
d’une adhésion de l’Union au GRECO. Il est indubitable qu’une coopération
renforcée entre l’UE et le GRECO dans le domaine de la lutte contre
la corruption revêt la plus haute importance pour une approche européenne
cohérente à cet égard.
4. Le Comité des Ministres partage l’avis de l’Assemblée parlementaire
sur l’importance de faciliter l’adhésion de l’Union européenne et
des Etats non membres aux conventions du Conseil de l’Europe pour intensifier
la coopération dans la lutte contre l’économie souterraine et la
criminalité économique. Il souligne que les Etats membres du Conseil
de l’Europe peuvent à tout moment adhérer aux conventions.
5. Dans le cadre de l’examen du suivi du rapport du Secrétaire
Général sur le passage en revue des conventions du Conseil de l’Europe
et à la lumière des nouveaux développements, le Comité des Ministres examinera
la faisabilité et la nécessité d’actualiser les conventions dont
il est fait référence au paragraphe 1.8 de la recommandation de
l’Assemblée. De plus, le Comité des Ministres invite les Etats membres
qui ne l’ont pas encore fait à explorer la possibilité de signer
et de ratifier les conventions listées aux paragraphes 1.2 et 1.9
de cette même recommandation.
6. En réponse à la demande d’envisager l’élargissement de la
portée du Quatrième cycle d’évaluation du GRECO, le Comité des Ministres
souhaite informer l’Assemblée, après consultation avec le GRECO,
que celui-ci ne peut à ce stade assurer un tel élargissement pour
couvrir l’exécutif, outre le législatif et le judiciaire.
7. Concernant la recommandation de l’Assemblée parlementaire
de mettre en place un observatoire européen pour collecter des données
sur les produits de consommation contrefaits et de qualité insuffisante qui
présentent des risques importants pour la santé publique, le Comité
des Ministres regrette de devoir informer l’Assemblée que dans la
situation budgétaire actuelle, il ne mettra pas en place une telle
structure. Il en va de même en ce qui concerne la réalisation d’études
sur la situation du crime organisé, sur le travail non déclaré et
sur l’utilisation par les Etats membres de services d’intermédiation
financière par le biais de centres financiers délocalisés. Cependant,
le Comité des Ministres gardera à l’esprit ces recommandations de l’Assemblée.
Il note que la Convention du Conseil de l’Europe sur la contrefaçon
des produits médicaux et les infractions similaires menaçant la
santé publique (« Convention Medicrime »), STCE n° 211) contient
un mécanisme pour l’échange d’informations tant au niveau national
qu’international. Une fois que la Convention entrera en vigueur
et que son Comité des Parties sera mis en place, il pourra être
utilisé pour recueillir les données susmentionnées, et la nécessité
d’un Protocole additionnel à cette Convention pourra être examinée. Le
Comité des Ministres rappelle également que, tant au titre des normes
du GAFI que de la Convention du Conseil de l'Europe sur le blanchiment,
le dépistage, la saisie et la confiscation des produits du crime
et sur le financement du terrorisme (STCE n° 198), toutes les infractions
graves qui génèrent des flux d'argent, notamment la fausse monnaie
et la contrefaçon de produits, constituent des infractions sous-jacentes
au blanchiment de capitaux. Dans le cadre de son processus d'évaluation,
MONEYVAL évalue si ces infractions sous-jacentes sont érigées en
infractions pénales en droit national et, si tel n'est pas le cas,
les éventuelles lacunes font l’objet d’un suivi.