Afin de préserver l’héritage de l’ère industrielle européenne
pour les générations futures, l’Assemblée recommande aux Etats membres
du Conseil de l’Europe:
4.1 de
signer, de ratifier et de mettre en œuvre la Convention européenne
du paysage (STE no 176) et la Convention-cadre
du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour
la société (STCE no 199, «Convention
de Faro»);
4.2 d’adhérer à l’Accord partiel élargi du Conseil de l’Europe
sur les itinéraires culturels et au réseau de la Route européenne
du patrimoine industriel (ERIH), qui offrent un excellent cadre
pour mener des actions concertées de promotion et de préservation
du patrimoine européen aux niveaux national et international;
4.3 d’inclure dans la législation relative à la protection
des sites historiques des critères spécifiquement applicables au
patrimoine industriel, afin qu’un plus grand nombre de sites puissent
être désignés comme devant être protégés;
4.4 de créer, aux niveaux régional et national, des équipes
de recherche interdisciplinaires ayant notamment une expertise scientifique
et technique, chargées de dresser et de tenir à jour des inventaires
complets du patrimoine industriel;
4.5 de veiller à ce que les groupes consultatifs composés
d’experts et de représentants d’organismes officiels qui examinent
les sites à protéger travaillent et rendent leurs décisions en toute
transparence;
4.6 d’accorder de la valeur à l’expertise des bénévoles et
de créer des mécanismes de coopération permettant d’associer les
organisations non gouvernementales aux diverses procédures de protection et
de gestion efficace du patrimoine industriel et, le cas échéant,
de cultiver les ressources bénévoles au moyen de programmes de renforcement
des capacités;
4.7 de valoriser les sites du patrimoine industriel comme
partie intégrante du paysage social et étroitement liés aux savoir-faire,
à la mémoire et à l’identité locales, et, de par leur potentiel,
comme élément clé des stratégies de développement territorial;
4.8 d’encourager la création d’un réseau de groupes de travail
pluridisciplinaires – rassemblant des spécialistes de domaines pertinents
comme l’histoire de la construction, la protection des monuments, l’urbanisme
et les stratégies, les investissements et les partenariats financiers
– afin de faciliter les échanges de connaissances sur les projets
de régénération territoriale durable qui sont véhiculés par la réhabilitation
durable de sites du patrimoine industriel;
4.9 de prendre des mesures pour sauver de la destruction des
sites pertinents du patrimoine industriel désaffectés, notamment
dans les zones urbaines où la valeur des terrains est élevée;
4.10 d’intégrer tous les sites d’intérêt dans les bases de
données officielles des services d’aménagement ou leur équivalent,
afin de permettre un dialogue constructif entre les promoteurs immobiliers
et les défenseurs du patrimoine;
4.11 d’encourager la participation de la population locale,
non seulement à la préservation de l'identité et des témoignages
locaux, mais aussi à la définition du champ d’application des projets
de réhabilitation;
4.12 lors de la reconversion des bâtiments industriels, de
prendre des mesures visant à garantir le respect du caractère et
de l’intégrité des bâtiments, ainsi que du caractère de la communauté
locale;
4.13 dans le cadre des projets de réhabilitation de sites industriels,
de faciliter l’apport de ressources par des partenariats public-privé
afin de s’assurer que des fonds sont disponibles pour la conservation du
patrimoine;
4.14 de créer des partenariats avec des organismes privés et
des organisations non gouvernementales pour attirer l’attention
sur la valeur du patrimoine industriel et la faire apprécier, et
de nouer des relations avec d'autres ressources et sites du patrimoine culturel
existant aux niveaux local, régional et international (par exemple
dans le cadre de promenades culturelles, d’itinéraires et de réseaux
culturels, de manifestations pour la Journée européenne du patrimoine,
d’activités à thème).