Assurer la viabilité de la Cour de Strasbourg: les insuffisances structurelles dans les Etats Parties
Réponse à Recommandation
| Doc. 13166
| 15 avril 2013
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1168e réunion des Délégués des Ministres (10 avril 2013). 2013 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2007
(2013)
1. Le Comité des Ministres a examiné attentivement
la Recommandation 2007 (2013) de l’Assemblée parlementaire intitulée
« Assurer la viabilité de la Cour de Strasbourg : les insuffisances
structurelles dans les Etats parties ». Il peut assurer à l’Assemblée
que l’avenir de la Cour et sa viabilité continuent de figurer parmi ses
principales priorités. Dans le cadre du suivi de la Déclaration
de Brighton, il a pris des mesures et envisage d’en prendre d’autres
en vue de répondre à un certain nombre de préoccupations de l’Assemblée.
Le Comité des Ministres tient également à attirer l’attention sur
les efforts considérables que déploie la Cour pour rationaliser
ses procédures et accroître son efficacité.
2. Dans la Déclaration de Brighton, les Etats parties à la Convention
ont affirmé leur ferme volonté de s’acquitter de l’obligation, qui
leur incombe au premier chef, de mettre en œuvre la Convention au
niveau national. Début 2013, le Comité directeur pour les droits
de l’homme (CDDH) a soumis au Comité des Ministres un rapport montrant
que depuis que le processus de réforme du système de la Convention
a été lancé à Interlaken en 2010, les Etats parties à la Convention
ont pris diverses mesures pour améliorer son application à l’échelon
national, y compris des activités de sensibilisation comme la diffusion
de publications présentant la jurisprudence de la Cour ou l’organisation
de formations sur les principes énoncés par la Convention. Des informations
sur la procédure de saisine de la Cour et sur les critères de recevabilité
des requêtes ont été mises à disposition du public. Sur la base
de son rapport, le CDDH a formulé un certain nombre de recommandations à
l’intention des Etats membres. Le Comité des Ministres a approuvé
ces recommandations et a invité les Etats membres à réfléchir à
ce qu’ils pourraient faire pour y donner suite. De plus, le CDDH
préparera, avant la fin de 2013, des conclusions et d’éventuelles
propositions d’action sur (i) les moyens de régler le grand nombre de
requêtes résultant de problèmes systémiques identifiés par la Cour
et (ii) des mesures plus efficaces à l’égard des Etats qui ne donnent
pas suite aux arrêts de la Cour dans un délai approprié.
3. En ce qui concerne le paragraphe 1.1 de la recommandation
de l’Assemblée, le Comité des Ministres note que des efforts considérables
ont été déployés pour moderniser la base de données HUDOC de la
Cour, notamment par l’introduction d’options de recherche avancées
en 2012. La base de données sur l’exécution (CMIS) est en cours
d’amélioration: un système de gestion des documents va y être intégré
ainsi qu’un outil de publication. La page Web va également être
modifiée afin d’améliorer sa présentation et de la rendre plus facile
d’utilisation. Le Comité des Ministres note que ces initiatives
contribuent grandement à offrir le meilleur accès possible aux informations
relatives à la jurisprudence de la Cour et à progresser dans l’exécution
de ses arrêts et décisions.
4. Le Comité des Ministres rappelle que, depuis janvier 2011,
il applique un système à deux axes pour la surveillance de l’exécution
des arrêts et décisions de la Cour. Les affaires sont examinées
soit dans le cadre d’une procédure standard, soit dans le cadre
d’une procédure soutenue. Parmi les indicateurs utilisés pour décider
si une affaire doit être examinée dans le cadre de la procédure
de surveillance soutenue figurent les arrêts pilotes et les arrêts
révélant d’importants problèmes structurels et/ou complexes. Le
Comité continuera de donner la priorité à ces affaires (paragraphe
1.2 de la recommandation de l’Assemblée). Il partage les préoccupations
de l’Assemblée parlementaire concernant les insuffisances majeures
et structurelles observées dans les Etats parties qui nuisent à
l’efficacité du système de la Convention. Le Comité des Ministres
réfléchit activement à ce qui pourrait être fait pour améliorer
encore la surveillance de l’exécution des arrêts et décisions de
la Cour. Il a également chargé le Comité directeur pour les droits
de l’homme d’y réfléchir et attend ses propositions pour l’automne
(voir paragraphe 2 ci-dessus). Un rapport décrivant les progrès accomplis
en la matière sera établi en vue de la 123e Session ministérielle
de mai 2013. Dans ce contexte, le Comité des Ministres tient aussi
à attirer l’attention de l’Assemblée sur la réflexion qu’il mène
au sujet du rôle joué par les activités d’assistance du Conseil
de l’Europe. Il a invité le Secrétaire Général à rédiger un document
sur le choix et la coordination des activités d’assistance avant
l’été, qui lui sera utile pour ses futurs travaux dans ce domaine.
5. Le Comité des Ministres est favorable à la proposition de
l’Assemblée qui serait de produire régulièrement des analyses fondées
sur des statistiques concernant les progrès réalisés dans l’élimination
des insuffisances structurelles telles qu’identifiées par la Cour
et le Comité des Ministres (paragraphe 1.3 de la recommandation
de l’Assemblée). Il soulèvera et examinera cette question notamment
lors de ses échanges avec la Cour concernant les méthodes et les
indicateurs d’évaluation des résultats. Il note que des informations importantes
sont déjà disponibles dans son rapport annuel sur la surveillance
de l’exécution des arrêts de la Cour.
6. Le Groupe de travail ad hoc sur la réforme du système de la
Convention des droits de l'homme (GT‑REF.ECHR) du Comité des Ministres
a récemment tenu un échange de vues avec le Directeur des droits de
l’homme sur la charge de travail et les activités du service de
l’exécution des arrêts. A cette occasion, la question des ressources
humaines du Secrétariat a été abordée (paragraphe 1.4 de la recommandation
de l’Assemblée). Le Comité des Ministres tiendra dûment compte de
ces questions lors de la préparation du biennium 2014-2015.