L'accès des jeunes aux droits fondamentaux
Réponse à Recommandation
| Doc. 13388
| 21 janvier 2014
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1188e réunion des Délégués des Ministres
(15 janvier 2014). 2014 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2015
(2013)
1. Le Comité des Ministres a examiné la
Recommandation 2015 (2013) de l’Assemblée parlementaire sur «L’accès
des jeunes aux droits fondamentaux» et l’a portée à l’attention
des gouvernements des Etats membres afin qu’ils puissent s’inspirer
des mesures qu’elle propose. Il a également communiqué la recommandation
aux différentes instances intergouvernementales compétentes afin
de les en informer et de recueillir leurs commentaires
Note.
2. S’agissant de l’appel de l’Assemblée en faveur d’un cadre
juridique contraignant pour garantir l’accès des jeunes à leurs
droits fondamentaux, le Comité des Ministres rappelle que la Convention
européenne des droits de l’homme et la Charte sociale européenne
s’appliquent à tous les individus, y compris les jeunes
Note, et considère qu’il importe de veiller
en priorité au caractère exécutoire des droits qui y sont énoncés.
3. Le Comité des Ministres ne considère pas nécessaire d’instaurer
un nouveau médiateur chargé de veiller au respect et à la protection
des droits des jeunes. En effet, différentes instances du Conseil
de l’Europe, comme le Commissaire aux droits de l’homme, suivent
déjà ces questions. Cela étant, le Comité des Ministres encourage
les Etats membres à renforcer le rôle des médiateurs nationaux à
cet égard.
4. Il remercie l’Assemblée du soutien qu’elle apporte à la campagne
«Faites grandir les droits de l’homme» et prend note de sa recommandation
selon laquelle les examens des politiques nationales de jeunesse effectués
par le Service de la jeunesse pourraient accorder une attention
particulière à l’accès des jeunes aux droits humains et fondamentaux.
5. Comme l’Assemblée, le Comité des Ministres préconise une approche
intersectorielle de la politique de la jeunesse. Il suit avec attention
et encourage le développement de la coopération entre le secteur
de la jeunesse du Conseil de l’Europe et les autres secteurs et
instances de l’Organisation, ainsi qu’avec l’Union européenne. Il
note l’intérêt manifesté par les instances consultées2 pour
l’élaboration d’une éventuelle recommandation sur l’accès des jeunes
aux droits et leur disponibilité à y contribuer. Le Comité des Ministres encourage
les instances du secteur de la jeunesse, en consultation avec les
autres instances pertinentes, à lui soumettre des propositions à
cet égard, dans le cadre des mandats et du budget pour le biennium
2014-2015.
6. Ainsi, le Comité directeur pour les droits de l’homme (CDDH)
continue de suivre avec attention la situation des jeunes. Il étudie,
avec la Commission pour l’égalité entre les femmes et les hommes
(GEC) et le Comité de bioéthique (DH-BIO), l’impact des problèmes
sociaux et économiques actuels sur la jouissance des droits fondamentaux
des jeunes, notamment en ce qui concerne l’emploi, le logement,
la santé, l’éducation et la non-discrimination. De même, le Comité
européen pour la cohésion sociale (CDCS), en particulier dans le cadre
du projet conjoint «Edgeryders» du Conseil de l’Europe et de la
Commission européenne, a mis en place un instrument de communication
et de coopération entre les jeunes et les institutions démocratiques
en Europe. Enfin, le Centre Nord-Sud, conformément à sa future mission
dans le cadre de la politique du Conseil de l’Europe à l’égard des
régions voisines, continue à se concentrer sur l’accès des jeunes
aux droits.
7. Le Comité des Ministres assure l’Assemblée de son attachement
au respect du droit fondamental des jeunes d’exprimer librement
et de façon non violente leurs opinions politiques, conformément
au droit à la liberté d’expression, à la liberté d’opinion et à
la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des
idées, consacré par l’article 10 de la Convention européenne des
droits de l’homme (CEDH). Il rappelle dans le même temps que la
liberté d’expression n’est pas un droit absolu; son exercice doit
en particulier respecter les droits d’autrui, conformément au paragraphe
2 de l’article 10 de la Convention et à la lumière de la jurisprudence
pertinente de la Cour européenne des droits de l’homme.
8. Le Comité des Ministres assure l’Assemblée de son engagement
à garantir l’accès des jeunes aux droits, prévenir les violations
de ces droits, assurer un suivi et un recours adéquats et envisager
des moyens novateurs d’autonomiser les jeunes pour ce qui est de
l’accès à ces droits.