Agendas de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe en matière de droits de l’homme: des synergies, pas des doubles emplois!
Réponse à Recommandation
| Doc. 13432
| 26 février 2014
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1192e réunion des Délégués des Ministres (19-21 février 2014). 2014 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2027
(2013)
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la Recommandation 2027 (2013) de l'Assemblée parlementaire
relative à la coopération avec l’Union européenne. Le Comité rappelle
qu’il procède à un examen annuel de cette coopération, lequel est
périodiquement inscrit à l’ordre du jour de ses Sessions ministérielles.
Ainsi, il a pris note avec satisfaction, en mai 2013, du développement
de la coopération sur la base du Mémorandum d’accord de 2007 entre
le Conseil de l'Europe et l’Union européenne, qui reconnaît le rôle
du Conseil de l'Europe en tant que référence en matière de droits
de l'homme, de l’Etat de droit et de démocratie en Europe. Le Mémorandum
de 2007 demeure une base solide pour orienter et structurer le partenariat
stratégique, fondé sur ces valeurs entre le Conseil de l’Europe
et l’Union européenne.
2. Le Comité des Ministres rappelle également que la protection
et la promotion des droits de l’homme constituent un objectif commun
au Conseil de l’Europe et à l’Union européenne. C’est pourquoi il
se félicite des initiatives prises par l’Union européenne pour renforcer
sa capacité à contribuer à la protection des droits de l'homme et
de l’Etat de droit, tout en soulignant la nécessité d’éviter les
doubles emplois et d’assurer une cohérence et une complémentarité
entre son système de protection et celui du Conseil de l'Europe.
La création de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne
(FRA) et la nomination d’un Représentant spécial pour les droits
de l'homme devraient être évaluées dans cette perspective. De fait,
une excellente coopération s’est développée entre le Conseil de
l'Europe et la FRA dans divers domaines sur la base de leurs mandats, forces
et savoir-faire respectifs. Les deux parties conviennent que l’Accord
de 2008 entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe conserve
sa validité en tant que base pour la coopération entre la FRA et
le Conseil de l’Europe. Des contacts utiles ont aussi été noués
entre le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe
et les institutions compétentes de l’Union européenne, notamment
le Représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de
l'homme. Les contacts ont aussi été multipliés pour consolider la cohérence
entre les normes du Conseil de l’Europe et la législation de l’Union
européenne, ainsi que les synergies entre l’Union européenne et
les organes de suivi du Conseil de l'Europe. A cet égard, le Comité
des Ministres continue à attacher une importance particulière à
l’adhésion rapide de l’Union européenne à la Convention européenne
des droits de l’homme. Il considère que l’adhésion de l’Union européenne
contribuera à accroître la cohérence en matière de protection des
droits de l’homme à travers le continent au profit de tous les Européens.
3. Le Comité des Ministres rappelle en outre que le renforcement
du partenariat entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne
constitue un élément essentiel du processus de réforme de l’Organisation,
qui vise notamment à renforcer son rôle en tant que référence en
matière de droits de l'homme, de l’Etat de droit et de démocratie
en Europe.
4. S’agissant plus spécifiquement des propositions récentes de
cadre de l’Union européenne pour renforcer le respect, par les Etats
membres de l’Union, de l’Etat de droit, le Comité des Ministres
soutient sans réserve les efforts déployés par le Secrétaire Général,
qui a intensifié ses consultations politiques avec les institutions
de l’Union européenne, soulignant en particulier le message selon
lequel un éventuel futur cadre de l’Union européenne devrait tenir
compte des instruments et de l’expertise du Conseil de l’Europe
et coopérer étroitement avec celui-ci.
5. En l’absence d’informations détaillées sur le contenu et les
implications de cet éventuel futur cadre de l’Union européenne,
le Comité des Ministres estime qu’il est prématuré de percevoir
ces initiatives comme amoindrissant le rôle du Conseil de l’Europe
ou du système de la Convention dans l’architecture paneuropéenne
des droits de l’homme. Le dialogue entre le Conseil de l'Europe
et l'Union européenne dans ce domaine devrait conduire à des synergies,
dans le plein respect des principes énoncés dans le Mémorandum d’accord
de 2007, qui prévoit, notamment, que « l’Union européenne considère
le Conseil de l’Europe comme la source paneuropéenne de référence
en matière de droits de l’homme », et que « en préparant de nouvelles
initiatives dans ce domaine, le Conseil de l'Europe et les institutions
de l’Union européenne s'appuieront sur leur expertise respective
selon le cas au travers de consultations ».
6. Le Comité des Ministres souligne aussi la contribution essentielle
que l’Union européenne apporte à un certain nombre d’initiatives
du Conseil de l'Europe et se félicite des mesures prises par l’Union
pour favoriser la participation d’Etats membres et non membres de
l’Union aux conventions du Conseil de l'Europe.
7. En ce qui concerne les invitations que l’Assemblée a adressées
à l’Union européenne, le Comité des Ministres rappelle que ces questions
sont régulièrement abordées avec les représentants compétents de l’Union
européenne à la fois dans le cadre du dialogue politique à haut
niveau mené périodiquement et au niveau opérationnel.
8. En conclusion, le Comité des Ministres réaffirme sa ferme
volonté de renforcer le système de protection des droits de l'homme
en Europe, dont la pierre angulaire est la Convention européenne
des droits de l'homme. Il continuera de suivre de près les questions
soulevées par l’Assemblée, y compris dans le cadre de son examen
régulier de la coopération avec l’Union européenne.