En vue de préserver la paix et la justice sociales au moyen
d’«emplois plus nombreux et de meilleure qualité», l’Assemblée recommande
aux Etats membres:
7.1 de consolider
les stratégies nationales pour garantir des conditions de travail
décentes à l’ensemble de la population et de promouvoir la convergence
intra-européenne dans ce domaine;
7.2 de veiller à ce que les droits, les conditions et la protection
liés au travail, ainsi que des clauses sociales et environnementales
contraignantes accompagnées de mécanismes de contrôle, soient systématiquement
inscrits dans les accords de libre-échange et d’investissements
bilatéraux et multilatéraux, et dans le nouveau cadre de développement
durable remplaçant les OMD après 2015;
7.3 de garantir une mise en œuvre cohérente des normes fondamentales
du travail au niveau mondial, ainsi que des dispositions pertinentes
de la Charte sociale européenne, en particulier celles relatives
à la liberté syndicale et à la négociation collective, à une rémunération
équitable et à une couverture sociale, à la non-discrimination et
aux services de l’emploi, à la protection des mineurs et à un environnement
professionnel sain et sûr;
7.4 d’adhérer à la procédure de réclamation collective de
la Charte sociale européenne, s’ils ne l’ont pas déjà fait;
7.5 de mettre à profit les relations avec les associations
d’employeurs et les syndicats pour promouvoir les engagements des
entreprises en matière de dialogue social, de création et de préservation
d’emplois, de répartition du travail, de rémunération équilibrée
du capital et du travail, d’organisation saine sur le lieu de travail
et de développement des compétences;
7.6 de garantir des règles du jeu équitables à toutes les
entreprises, petites, moyennes et grandes, de promouvoir une concurrence
loyale au moyen des politiques fiscales nationales et de renforcer
les mesures contre l’évitement fiscal;
7.7 de garantir un salaire de subsistance national et des
socles nationaux de protection sociale à un niveau adapté aux besoins
de développement du pays;
7.8 de faciliter la mission des inspections du travail et
le dialogue entre les partenaires sociaux pour endiguer l’emploi
irrégulier et les pratiques abusives en matière de conditions de
travail (s’agissant notamment de la durée minimale et maximale des
heures de travail, de la sécurité sur le lieu de travail et de la
protection spéciale des groupes de populations vulnérables);
7.9 de profiter des possibilités de financement et d’intervention
offertes par la Banque de développement du Conseil de l’Europe pour
soutenir de façon ciblée l’amélioration des offres d’emploi pour
les jeunes, les minorités et les personnes handicapées;
7.10 de mettre en place de nouveaux moyens de communication
(notamment via les médias sociaux et les réseaux sociaux) pour signaler
aux pouvoirs publics les violations des normes du travail;
7.11 de prévoir des garde-fous et des sanctions sévères pour
lutter contre l’emploi irrégulier et d’améliorer les garanties sociales
contractuelles pour les travailleurs détachés, jeunes, migrants
et les travailleurs domestiques;
7.12 d’éliminer le fossé salarial entre les femmes et les hommes;
7.13 de lutter efficacement contre le chômage des jeunes, et
en particulier de ceux qui ne sont ni au travail, ni scolarisés,
ni en formation, en intervenant sur le marché du travail et dans
l’éducation par le biais de programmes pour la formation et l’emploi.