A la lumière de ces considérations, l’Assemblée réitère les
recommandations adressées aux pays de la région, dans leur ensemble
et individuellement, dans la
«L'égalité entre les femmes et les hommes:
une condition du succès du Printemps arabe». De plus, elle appelle
les pays de la région:
8.1 à appliquer
le principe d’égalité consacré dans leur Constitution de manière
cohérente et approfondie, y compris par le biais de politiques et
de programmes spécifiques;
8.2 à s’assurer que le droit de la famille et des successions
est conforme au principe d’égalité, notamment en ce qui concerne
le rôle du chef de famille, l’autorité parentale, le divorce, la
garde des enfants et l’héritage;
8.3 à lutter contre la violence à l’égard des femmes par le
biais d’un cadre juridique fondé sur la prévention de la violence,
la protection des victimes et la répression des auteurs, visant
sur le plan pénal toutes les formes de violence à l’égard des femmes,
y compris la violence domestique, les mutilations génitales féminines,
le délaissement des filles, les crimes dits «d’honneur» et la violence
sexuelle; cette législation devrait être mise en œuvre avec cohérence
et faire l’objet d’évaluations régulières;
8.4 à éliminer toute barrière qui entrave l’accès effectif
des femmes à la justice et à leur garantir l’accès et la participation
aux mécanismes de justice transitionnelle;
8.5 à soutenir la société civile, y compris les organisations
de femmes, et à l’impliquer dans l’élaboration et la mise en œuvre
de lois et politiques susceptibles d’avoir un impact sur le statut
des femmes;
8.6 à promouvoir la pleine participation des femmes et des
organisations de femmes à la vie publique et politique, notamment
en introduisant dans la législation électorale des dispositions
visant à promouvoir la représentation de femmes élues dans les instances
publiques. Au sein de ces instances ainsi que, le cas échéant, des
partis politiques, des activités d’information et de formation devraient
être organisées pour améliorer les capacités de tous les élus, sans
distinction de sexe;
8.7 à promouvoir la représentation des femmes au sein du système
judiciaire et des professions juridiques, ainsi que des forces de
police;
8.8 à impliquer les médias dans la promotion de l’égalité,
à la fois par la lutte contre les stéréotypes de genre et par une
représentation accrue des femmes dans les effectifs des différents
organes d’information, notamment la radio et la télévision;
8.9 à garantir l’égalité d’accès à l’éducation à tous les
niveaux, sans discrimination fondée sur le sexe, et à intensifier
la lutte contre l’analphabétisme, y compris chez les adultes, plus
particulièrement les femmes;
8.10 à intensifier la coopération avec le Conseil de l’Europe,
notamment en adhérant aux conventions et aux accords partiels élargis
pertinents, en particulier la Commission européenne pour la démocratie par
le droit (Commission de Venise), s’ils ne l’ont pas déjà fait;
8.11 à envisager l’adhésion à la Convention du Conseil de l’Europe
sur la lutte contre la traite des êtres humains (STCE n° 197) et
à la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte
contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique
(STCE n° 210, «Convention d’Istanbul»);
8.12 à renforcer la coopération interparlementaire avec le
Conseil de l’Europe par le biais d’outils disponibles tels que le
statut de partenaire pour la démocratie et la coopération dans le
cadre du programme intitulé «Renforcer la réforme démocratique dans
les pays du voisinage méridional» (Programme Sud);
8.13 à renforcer les liens de coopération internes à la région
afin d’échanger de bonnes pratiques en matière d’amélioration du
statut des femmes.