Nécessité de s’occuper d’urgence des nouveaux cas de défaut de coopération avec la Cour européenne des droits de l'homme
Réponse à Recommandation
| Doc. 13644
| 17 novembre 2014
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1211e réunion des Délégués des Ministres
(12 novembre 2014). 2015 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2043
(2014)
1. Le Comité des Ministres a examiné attentivement
la Recommandation 2043 (2014) de l’Assemblée parlementaire sur la
« Nécessité de s’occuper d’urgence des nouveaux cas de défaut de
coopération avec la Cour européenne des droits de l’homme », qui
a été transmise au Comité directeur pour les droits de l’homme (CDDH)
pour information et commentaires éventuels.
2. Le Comité des Ministres rappelle sa Résolution CM/Res(2010)25
sur le devoir des Etats membres de respecter et protéger le droit
de recours individuel devant la Cour européenne des droits de l’homme
(« la Cour »), qui a appelé les Etats membres à « prendre des mesures
rapides et efficaces concernant toute indication de mesures provisoires
de la Cour en vue d’assurer le respect des obligations en vertu
des dispositions pertinentes de la Convention ».
3. En avril 2013, le Comité des Ministres a pris note d’un rapport
du CDDH sur les mesures provisoires prises au titre de l’article 39
du Règlement de la Cour et en général a soutenu ses conclusions.
Il a pris note en particulier du fait qu’un grand nombre de mesures
provisoires concernent des expulsions vers d’autres Etats membres
du Conseil de l’Europe, et rappelé à tous les Etats membres leurs
obligations en vertu de la Convention. A cette occasion, le Comité
a rappelé que la jurisprudence de la Cour a clairement établi que l’article 34
de la Convention entraîne une obligation pour les Etats parties
de se conformer à une indication de mesures provisoires faite en
vertu de l’article 39 du Règlement de la Cour et qu’un manquement
à cet égard peut impliquer une violation de l’article 34 de la Convention.
Le Comité a finalement invité la Cour et les Etats membres à considérer
les diverses propositions qui leur ont été adressées dans le rapport
du CDDH et à informer le Comité des Ministres de leur réponse.
4. La réponse de la Cour a été examinée par le Comité des Ministres
en mai 2014. Le Comité a pris note de la tendance à la baisse du
nombre de mesures provisoires demandées et accordées. Il s’est félicité
des mesures prises par la Cour pour accroître l’efficacité de son
système de gestion et de traitement des demandes, en particulier
de la mise en place d’une procédure centralisée de gestion et du
traitement prioritaire de ces demandes. Il s’est aussi félicité
du renforcement du dialogue sur les mesures provisoires entre la
Cour et les gouvernements défendeurs et a encouragé la Cour à le
poursuivre, y compris, si les délais le permettent, dans la phase
d’instruction d’une demande. Les réponses des Etats membres au rapport
du CDDH sont attendues avant la fin de l’année.
5. Le Comité des Ministres note que certains des manquements
au respect d’indications de mesures provisoires sont intervenus
après l’adoption de la Résolution CM/Res(2010)25 du Comité des Ministres
et que certains ont impliqué des actions illégales au regard du
droit interne. Le Comité des Ministres et les Etats membres doivent
continuer de chercher des réponses adéquates à de tels incidents.
En conclusion, le Comité relève l’importance de la pleine mise en
œuvre des mesures pertinentes qui figurent dans les Lignes directrices
du Comité des Ministres pour éliminer l’impunité pour les violations
graves des droits de l’homme adoptées en 2011, le cas échéant en
tenant compte de la nature des actions survenues au niveau interne
Note.