Les menaces contre l’humanité posées par le groupe terroriste connu sous le nom d’«EI»: la violence à l’encontre des chrétiens et d'autres communautés religieuses ou ethniques
Réponse à Recommandation
| Doc. 13789
| 19 mai 2015
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la réunion 1226bis des Délégués
des Ministres (6 mai 2015). 2015 - Troisième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2055
(2014)
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la Recommandation 2055 (2014) de l’Assemblée parlementaire
sur «Les menaces contre l’humanité posées par le groupe terroriste
connu sous le nom d’«EI»: la violence à l’encontre des chrétiens
et d'autres communautés religieuses ou ethniques», par laquelle l’Assemblée
«appelle une nouvelle fois l'attention sur la situation des chrétiens
et d'autres communautés religieuses et ethniques au Moyen-Orient,
en général, et en Irak et en Syrie, en particulier». Le Comité des Ministres
l’a portée à l’attention des gouvernements des Etats membres et
l’a communiquée aux instances compétentes pour information et commentaires
Note.
2. Le Comité des Ministres partage les inquiétudes de l’Assemblée
face au danger que représente le groupe terroriste l’«EIIL», également
appelé Daech. Les actions violentes qu’il commet contre ceux qui
ne partagent pas ses vues et croyances constituent une menace grave
pour la vie et l’exercice des droits fondamentaux des populations
qui se trouvent dans les régions sous son contrôle, ainsi que pour
la paix et la sécurité dans tout le Moyen-Orient et au-delà. Face
à ce déferlement de violence et aux graves conséquences humanitaires
qui en découlent pour les populations, la communauté internationale
doit unir ses efforts pour lutter contre le terrorisme, la radicalisation
et l’extrémisme, protéger et promouvoir les droits de l’homme et apporter
un soutien adéquat aux populations en difficulté.
3. Les attentats terroristes commis à Paris et Copenhague début
2015 ont rappelé cruellement les sociétés européennes à la réalité
de cette menace et ont démontré l’urgence d’une action contre la
radicalisation conduisant au terrorisme, dans le plein respect des
valeurs et standards du Conseil de l’Europe. Le Comité des Ministres
condamne fermement ces actes et appelle au renforcement de l’action
du Conseil de l’Europe. Le Comité des Ministres a déjà adopté plusieurs
décisions dans ce sens, notamment en vue de la préparation d’un
projet de Protocole additionnel à la Convention du Conseil de l’Europe
pour la prévention du terrorisme. Par ailleurs, il a décidé que
la prochaine Session ministérielle devrait porter l’attention requise
à la question de la lutte contre l’extrémisme et la radicalisation
conduisant au terrorisme. La Session devrait adopter un Plan d’action
à ce sujet.
4. Le Conseil de l’Europe mène déjà un certain nombre d’activités
dans le domaine du dialogue interculturel, y compris sa dimension
religieuse, tout particulièrement depuis la publication du Livre
blanc sur le dialogue interculturel. A cet égard, le Comité des
Ministres se réjouit de l’intérêt que l’Assemblée porte aux Rencontres
sur la dimension religieuse du dialogue interculturel. Il a pris
bonne note des propositions qu’elle formule à ce sujet et les gardera
à l’esprit pour l’avenir.
5. Le Comité des Ministres note la recommandation que lui adresse
l’Assemblée «de prévoir d’éventuels moyens pour surveiller les restrictions
gouvernementales ou sociétales à la liberté religieuse et aux droits
y afférents dans les Etats membres du Conseil de l’Europe et les
Etats voisins et d’en faire rapport régulièrement à l’Assemblée».
A ce sujet, le Comité des Ministres rappelle les termes de sa Déclaration
de 2011 sur la liberté religieuse dans laquelle il a souligné notamment
que «la liberté de pensée, de conscience et de religion est un droit
inaliénable [et qu’] il ne peut y avoir de société démocratique
fondée sur la compréhension et la tolérance sans respect de la liberté
de pensée, de conscience et de religion». Il a énoncé ces mêmes
principes dans sa Déclaration de 2009 sur les droits de l’homme
dans des sociétés culturellement diverses dans laquelle il rappelle
que «les Etats doivent s’appliquer à trouver un juste équilibre»
entre la liberté d’expression, la liberté de réunion et d’association,
ainsi que la liberté de pensée, de conscience et de religion, «tout
en veillant à ce que les restrictions soient prévues par la loi,
nécessaires dans une société démocratique et proportionnées au but
légitime poursuivi.»
6. Les travaux de la Commission européenne contre le racisme
et l’intolérance (ECRI) vont dans le sens de la recommandation précitée
de l’Assemblée, puisque, conformément à son Statut, elle examine
les législations, les politiques et les autres mesures prises par
les Etats membres pour combattre le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme
et l’intolérance ainsi que leur efficacité. Dans le cadre de ses
travaux de suivi par pays, l’ECRI examine régulièrement la situation
des personnes appartenant à des communautés ethniques et religieuses.
L’ECRI a également élaboré des Recommandations de politique générale
qui portent sur l’intolérance et les discriminations envers les
musulmans (RPG n° 5) et sur la lutte contre l’antisémitisme (RPG n°
9). Elle a aussi couvert les crimes violents, le discours de haine,
la discrimination et l’intolérance envers les chrétiens.
7. Le Commissaire aux droits de l’homme suit également ces questions,
en particulier dans le cadre de ses visites dans les Etats membres,
et formule, si nécessaire, des recommandations en vue de promouvoir
le respect des droits des personnes appartenant à des communautés
ou des minorités et de combattre l’intolérance et les discriminations.
8. Il y a lieu également de mentionner les études et rapports
préparés par la Commission de Venise sur la relation entre la liberté
de religion ou de conviction d’une part, et la liberté d’expression
d’autre part, ainsi que sur les non-ressortissants et les droits
des personnes appartenant à des minorités, ainsi que les travaux réalisés
et en cours au sein du Comité directeur pour les droits de l'homme
(CDDH) qui visent à compiler les normes existantes du Conseil de
l’Europe concernant les principes de la liberté de pensée, de conscience
et de religion et leurs liens avec d’autres droits de la Convention
européenne des droits de l’homme, en particulier la liberté d’expression
et la liberté d’association. Cette compilation sera complétée par
un recueil des bonnes pratiques au niveau national pour la mise
en œuvre des normes existantes. La prochaine étape de ces travaux consistera
en l’élaboration de lignes directrices sur la protection et la promotion
des droits de l’homme dans les sociétés culturellement diverses,
afin de donner des orientations aux Etats membres pour renforcer
la mise en œuvre effective des normes du Conseil de l’Europe dans
ce domaine.