Les alternatives au placement en rétention d’enfants migrants
Réponse à Recommandation
| Doc. 13790
| 19 mai 2015
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1227e réunion des Délégués des Ministres (12-13 mai 2015). 2015 - Troisième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2056
(2014)
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la Recommandation 2056 (2014) de l’Assemblée parlementaire
«Les alternatives au placement en rétention d’enfants migrants»,
qu’il a communiquée au Comité directeur pour les droits de l’homme
(CDDH), au Comité européen de coopération juridique (CDCJ) et au
Comité d’experts sur la stratégie (2016-2019) du Conseil de l’Europe
sur les droits de l’enfant (DECS‑ENF), pour information et commentaires
éventuels.
2. Le Comité des Ministres partage les préoccupations de l’Assemblée
et rappelle que les droits de l’enfant sont une priorité pour le
Conseil de l’Europe. Il se réfère en particulier à la situation
des enfants migrants, notamment des mineurs non-accompagnés et considère
que le Conseil de l’Europe, en s’appuyant sur les travaux qu’il
a menés dans ce domaine, a un rôle à jouer pour mettre fin au placement
en rétention d’enfants migrants et identifier des alternatives à
cette pratique. Il rappelle à cet égard les Vingt principes directeurs
sur le retour forcé (2005), les Lignes directrices sur une justice
adaptée aux enfants (2010), ainsi que les principes mis en avant
par la Stratégie du Conseil de l’Europe sur les droits de l’enfant
(2012-2015). Le Comité des Ministres encourage la mise en œuvre
effective des instruments pertinents de l’Organisation en la matière.
3. Le Comité des Ministres prend note de la recommandation de
l’Assemblée de lancer une étude pour rassembler des données qualitatives
et quantitatives sur les pratiques de placement en rétention d’enfants
et l’utilisation de solutions non privatives de liberté au sein
de la collectivité, ainsi que pour promouvoir le partage de ces
pratiques dans toute l’Europe. Il y a lieu de noter que l’Agence
des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) a lancé plusieurs
collectes de données et des projets de recherche d’analyse comparative portant
sur les enfants, qui répondent pour partie à la demande de l’Assemblée.
Le Comité des Ministres estime que la FRA, eu égard à sa compétence
pour mener des études de cette nature dans le domaine des droits
de l’enfant et afin d’éviter la duplication des efforts, pourrait
être à ce stade l’instance appropriée pour procéder, sur la base
des résultats de recherches antérieures, à la collecte de données
proposée par l’Assemblée. Le Comité des Ministres exprime néanmoins
sa disponibilité pour étudier ultérieurement, sur la base d’éventuels
travaux de la FRA dans ce domaine, la possibilité de collecter des
données concernant d’autres Etats membres du Conseil de l’Europe
en ce qui concerne notamment le recours à des mesures alternatives
au placement en rétention d’enfants migrants, contribuant ainsi
à la diffusion des meilleures pratiques existantes parmi les Etats
membres du Conseil de l’Europe.
4. S’agissant de la proposition d’établir des lignes directrices
adaptées aux enfants migrants pour l’application de procédures d’évaluation
de l’âge, le Comité des Ministres reconnaît l’importance de la question et
rappelle que le Conseil de l’Europe a déjà coopéré avec certains
de ses Etats membres afin d’assurer que les procédures d’évaluation
de l’âge utilisées soient compatibles avec les standards de l’Organisation
en matière de droits de l’homme. Il note cependant l’absence de
consensus sur les procédures à appliquer pour mieux déterminer l’âge
d’un individu. Dans ce contexte, il attire l’attention sur l’étude
du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) concernant
la détermination de l’âge en Europe et portant sur les Etats membres
de l’Union européenne. Le Comité des Ministres salue les travaux
déjà menés par l’Assemblée dans le domaine des enfants migrants
et suggère que sur cette base, celle-ci pourrait identifier plus
de bonnes pratiques actuelles d’évaluation de l’âge dans les Etats
membres du Conseil de l’Europe. Ces travaux pourraient constituer
une base solide pour poursuivre la coopération avec les Etats membres
qui en expriment le souhait et pour examiner plus avant la possibilité
d’élaborer des lignes directrices.