Rapport adressé par le Comité des Ministres à l'Assemblée consultative
Rapport statutaire
| Doc. 5
| 05 mai 1951
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Rapport statutaire
- Recommandation 1
(1950)
, Recommandation 11
(1950)
, Recommandation 18
(1950)
, Recommandation 20
(1949)
, Recommandation 20
(1950)
, Recommandation 23
(1949)
, Recommandation 24
(1950)
, Recommandation 25
(1950)
, Recommandation 27
(1950)
, Recommandation 28
(1950)
, Recommandation 29
(1950)
, Recommandation 30
(1950)
, Recommandation 39
(1949)
, Recommandation 4
(1950)
, Recommandation 47
(1950)
, Recommandation 48
(1950)
, Recommandation 49
(1950)
, Recommandation 50
(1950)
, Recommandation 5
(1950)
, Recommandation 52
(1950)
, Recommandation 57
(1950)
, Recommandation 6
(1950)
et Recommandation 8
(1950)
- Thesaurus
1
Luxembourg, le 23 avril 1951.
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de vous transmettre, sous ce pli, à l'intention
des Représentants à l'Assemblée Consultative, le rapport établi
par le Comité des Ministres conformément à l'article 19 du Statut.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma
haute considération.
J. BECH
Président du Comité des Ministres.
2 Introduction
1. Conformément aux dispositions de l'article 19 du
Statut du Conseil de l'Europe, le Comité des Ministres a l'honneur
d'adresser le présent rapport à l'Assemblée Consultative à l'occasion
de sa troisième session ordinaire.
2. Ce rapport couvre la période allant de l'ouverture de la deuxième
Session ordinaire de l'Assemblée Consultative (Août 1950) au 20
avril 1951. Un rapport complémentaire, couvrant la période comprise
entre cette date et l'ouverture de la troisième Session ordinaire
de l'Assemblée Consultative, sera adressé à l'Assemblée à la suite
de la session du Comité des Ministres qui s'ouvrira le 2 mai 1951.
3. Le premier titre du rapport a trait à la politique générale
du Conseil de l'Europe, telle que la définissent les recommandations
de l'Assemblée Consultative relatives à la création d'Autorités
spécialisées. Le second titre concerne les problèmes posés par la
révision du Statut et le fonctionnement général du Conseil. Le troisième
titre traite des relations entre le Conseil de l'Europe d'une part
et les organisations internationales ainsi que les Etats non membres,
d'autre part. Le quatrième titre est relatif à quelques questions
de politique extérieure. Le cinquième titre est consacré aux progrès
accomplis dans la réalisation des buts du Conseil. Un dernier titre
traite enfin des questions d'ordre intérieur et administratives.
3 TITRE I - Politique générale du Conseil de l'Europe
Autorités spécialisées
4. Au cours de la première partie de sa seconde session,
en août 1950, l'Assemblée Consultative a recommandé de poursuivre
la réalisation d'une union plus étroite entre les États membres
préconisée par le Statut, au moyen de la création dans le cadre
du Conseil de l'Europe, d'Autorités spécialisées dotées de fonctions
propres dans les domaines politique, économique, social, culturel
et juridique. Elle a adopté, à cet effet, le 28 août 1950, deux
recommandations adressées au Comité des Ministres, la recommandation
1 (
Doc. 121,
1950), relative à la création d'Autorités spécialisées, et la recommandation
4 (
Doc. 123,
1950) tendant à l'adoption d'un Protocole additionnel au Statut
permettant la mise en oeuvre d'accords partiels; une troisième recommandation,
relative aux principes qui devraient régir la création d'Autorités
spécialisées, a été adoptée par l'Assemblée lors de sa session de
novembre (Recommandation 52,
Doc.
154,1950).
5. Au cours de sa sixième Session, tenue à Rome en novembre 1950,
le Comité des Ministres a examiné ces recommandations, ainsi que
d'autres recommandations concernant la révision du Statut et le fonctionnement
général du Conseil de l'Europe. Il a, d'une part, donné son accord
de principe aux recommandations 1 et 4. Il a nommé, d'autre part,
un Comité de Hauts fonctionnaires chargé d'examiner l'ensemble des
questions soulevées par les recommandations de l'Assemblée de caractère
institutionnel, notamment les modalités selon lesquelles les recommandations
1 et 4 devaient être mises en oeuvre. Les travaux de ce Comité font
l'objet du titre II du présent rapport. Il convient d'indiquer toutefois,
dès à présent, que les deux organes du Conseil se sont montrés d'accord
pour appuyer, dans son principe, la politique générale des Autorités
spécialisées.
6. Le Comité des Ministres, en particulier, s'est préoccupé du
problème de l'établissement d'une liaison entre toute Autorité spécialisée
créée en dehors du cadre du Conseil de l'Europe, mais dont les activités
sont conformes au but du Conseil, et le Conseil lui-même. Les modalités
d'application de ce principe sont actuellement encore à l'étude
au sein du Comité des Ministres.
4 TITRE II - Révision du Statut et fonctionnement
général du Conseil de l'Europe
7. Au cours de sa sixième session, tenue en novembre
1950, le Comité des Ministres a adopté la résolution suivante :
« Le Comité des Ministres a examiné les recommandations de l'Assemblée
concernant les modifications à apporter au Statut et le fonctionnement
général du Conseil de l'Europe. les recommandations visées ci-dessus
devaient faire l'objet d'une étude plus approfondie, a décidé d'inviter
les gouvernements à désigner des représentants particulièrement
qualifiés et d'un rang élevé pour examiner en commun le problème
dans son ensemble. Dès maintenant, l'.accord s'est fait au sein
du Comité sur les principes contenus dans les recommandations 1
et 4 (
Doc. 121 et
123, 1950). «Le Comité
d'Experts devra avoir achevé sa tâche avant le 1er mars 1951. IL
fera rapport au Comité des Ministres qui consultera alors les organismes compétents
de l'Assemblée sur les conditions dans lesquelles les travaux entrepris
pourront être poursuivis. »
8. Le Comité d'Experts ainsi constitué a siégé à trois reprises,
en décembre 1950, en janvier et en février 1951. Au cours de ces
sessions, il a examiné toutes les recommandations et propositions
de l'Assemblée concernant la révision du Statut et le fonctionnement
général du Conseil de l'Europe, ainsi que certaines autres propositions
présentées par les gouvernements et le Secrétaire Général. Dans
l'intervalle de la seconde et de la troisième session, un sous-comité
spécial a tenu, le 10 février 1951, une réunion commune avec les représentants
de l'Assemblée Consultative sous la présidence de M. F. de Menthon.
Les points de vue exprimés à cette occasion par les représentants
de l'Assemblée et les explications complémentaires fournies par
ceux-ci au sujet des différentes recommandations en cours d'examen
ont été très utiles au Comité d'Experts qui s'est efforcé d'en tenir
le plus grand compte.
9. Afin d'assurer la coopération la plus étroite possible entre
les deux organes du Conseil de l'Europe, pour une tâche aussi importante
que la révision du Statut, le Comité d'Experts décida, avec l'entière
approbation des gouvernements, de transmettre son rapport au Président
de l'Assemblée Consultative en même temps qu'aux gouvernements afin
que l'Assemblée puisse faire connaître son point de vue.
10. Lors de la réunion qu'elle a tenue à Paris en mars 1951, la
Commission des Affaires Générales a présenté ses observations sur
le rapport du Comité d'Experts sous la forme d'un mémorandum en
date du 14 mars. Ce document a été examiné par le Comité des Ministres
au cours de sa septième session, les 16 et 17 mars 1951, en même
temps que le rapport du Comité d'Experts. Après avoir procédé à
l'examen des deux rapports le Comité des Ministres, dans un effort
pour aboutir à des solutions acceptables, tant par le Comité des
Ministres que par l'Assemblée, a pensé qu'il serait utile d'ouvrir
un débat au sein du Comité Mixte sur l'ensemble de la question de
la révision du Statut. Le Président de l'Assemblée a bien voulu
convoquer à cet effet le Comité Mixte, le 16 avril 1951.
5 TITRE III - Rapports avec les Organisations Internationales
et les États non membres
5.1 Chapitre 1. - Rapports avec les Organisations
Internationales
11. Lors de sa septième session, tenue en mars 1951,
le Comité des Ministres a défini les principes généraux qui doivent
régir l'établissement, sur une base conventionnelle, des relations
entre le Conseil de l'Europe et d'autres organisations internationales.
12. Les accords conclus en application de ces principes auraient
pour objet, comme le proposait l'Assemblée en novembre 1950 dans
sa recommandation 55 (
Doc.
156, 1950), de mettre à la disposition du Conseil de
l'Europe les connaissances et l'expérience des autres organisations,
d'éviter les doubles emplois, de tenir l'Assemblée Consultative
au courant des activités des autres organisations et de développer davantage
la fonction consultative de l'Assemblée. Dans cet esprit, le Secrétaire
Général a été chargé d'ouvrir des négociations avec les principales
organisations internationales intéressées. On peut résumer comme
suit l'état actuel des relations avec ces organisations internationales
:
5.1.1 Organisations des Nations Unies.
13. Certains contacts officieux ont déjà été pris avec
l'Organisation des Nations Unies et des informations échangées sur
un grand nombre de sujets d'intérêt commun. Le Conseil a été pressenti
officieusement en vue de la conclusion d'un accord définissant les
relations entre les deux organisations. Le Comité des Ministres
a autorisé le Secrétaire Général à préparer un projet à cet effet.
5.1.2 Organisation Européenne de Coopération Economique.
14. Le Conseil de l'Europe et l'Organisation Européenne
de Coopération Économique ont nommé l'un et l'autre une Commission
spéciale de liaison, chargée d'examiner la question des relations
entre les deux organisations et tous autres problèmes d'intérêt
commun. La Commission de liaison de l'O. E. C. E. comprend les représentants
de l'Italie, de la Suède et de la Suisse. La Commission du Conseil
de l'Europe comprend les représentants de la France, du Royaume-Uni
et de la Turquie, ainsi qu'un représentant du Bureau de l'Assemblée
Consultative. M. Menemencioglu, Ambassadeur de Turquie à Paris,
a été nommé Président de la Commission du Conseil de l'Europe et
Lord Layton chargé de représenter le Bureau de l'Assemblée. Les
deux Commissions ont tenu des réunions tous les mois, de janvier
à avril 1951, et sont convenues d'un arrangement tendant à organiser
la coopération des deux organisations en tenant compte de la recommandation
17 (
Doc. 112,
1950) adoptée par l'Assemblée en août 1950. Cet arrangement figure
en annexe 1 au présent rapport. Il a été approuvé par le Conseil
dé l'O. E. C. E. et le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe.
Aux termes d'une de ses dispositions, l'O. E. C. E. présentera au
Conseil de l'Europe, à l'occasion de chaque session de l'Assemblée
Consultative, un rapport sur le cours de ses travaux; le premier
de ces rapports sera présenté à l'Assemblée dès sa troisième session.
En ce qui concerne la recommandation 18 (
Doc. 74, chap. 1er, par. 1 (ii), 1950),
adoptée par l'Assemblée en août 1950 et relative à la création d'un
Conseil commun pour l'O. E. C. E. et le Conseil de l'Europe, la
Commission de l'O. E. C. E. a fait connaître qu'elle avait reçu
du gouvernement suédois un mémorandum en date du 5 janvier 1951
contenant des suggestions du môme ordre. Cette proposition a été
soumise à l'examen du Conseil de l'O. E. C. E. Dans ces conditions,
il a semblé prématuré d'examiner au sein des deux Commissions de
liaison cette question, qui sous deux formes différentes est en substance
la même, aussi longtemps que les gouvernements membres de l'O. E.
C. E. n'auront pas formulé leur opinion au sein du Conseil de cette
Organisation.
5.1.3 Organisation du Pacte de Bruxelles.
15. Lors de sa septième session, en mars 1951, le Comité
des Ministres a décidé de soumettre aux cinq puissances signataires
du Pacte de Bruxelles du 17 mars 1948, la Recommandation 19 (
Doc. 74, 1950, chap. 1er,
par I (i)), relative au transfert au Conseil de l'Europe des activités
sociales et culturelles de l'Organisation du Traité de Bruxelles.
Le Comité a été informé dans le même temps que les cinq puissances
signataires, préalablement à toute décision du Comité des Ministres,
avaient déjà mis cette question à l'étude.
5.1.4 Organisation Internationale du Travail.
16. Le Comité des Ministres, au cours de sa septième
session, a autorisé le Secrétaire Général à entrer en négociations
avec l'Organisation Internationale du Travail en vue de la conclusion
d'un accord formel entre cette organisation et le Conseil de l'Europe.
Ces négociations ont déjà atteint un stade avancé. Une coopération
pratique avec l'O. I. T. a déjà été réalisée dans une large mesure.
Elle ne manquera pas de se révéler d'une importance toute particulière
pour la réalisation du programme social du Conseil de l'Europe.
Il est à présumer que l'O. I. T. acceptera, dans un avenir prochain,
de convoquer, en collaboration avec le Conseil de l'Europe, une
conférence en vue de la. préparation d'un Code européen de Sécurité
Sociale, comme le proposait l'Assemblée dans la recommandation 28
(
Doc. 99, 1950)
adoptée en août 1950. En outre, l'O. I. T. collabore déjà aux travaux
de la Commission des Questions sociales de l'Assemblée Consultative
et au Comité d'Experts sociaux convoqué par le Comité des Ministres.
5.1.5 Organisation des Nations Unies pour l'Education,
la Science et la Culture
17. Au cours de sa septième session, le Comité des Ministres
a autorisé le Secrétaire Général à entreprendre des négociations
avec l'U. N. E. S. C. 0. en vue de la conclusion d'un accord entre
les deux organisations. Les premiers contacts ont été pris. Un mémorandum
contenant des propositions d'accord, fait actuellement l'objet d'un
échange de vues. Il va de soi que l'aide de cette organisation sera
très précieuse pour la réalisation du programme culturel du Conseil
de l'Europe.
5.1.6 Organisations non gouvernementales.
18. Certains contacts préliminaires ont déjà été pris;
ils devraient permettre au Conseil de bénéficier des connaissances
techniques et de l'assistance de certaines organisations non gouvernementales
telles que la Chambre de Commerce Internationale et la Confédération
Internationale des Syndicats Libres. La seconde de ces organisations
a déjà fait auprès du Conseil de l'Europe une démarche officieuse
en ce sens.
5.2 Chapitre 2. Relations avec les Etats non membres
5.2.1 Liaison avec les territoires et pays d'outremer.
19. Lors de sa septième session, le Comité des Ministres
a donné son accord à la Recommandation 50 de l'Assemblée Consultative
(
Doc. 125, 1950),
relative à la liaison entre le Conseil de l'Europe et les territoires
et pays d'outre-mer; il a décidé de transmettre cette recommandation
aux gouvernements des États membres intéressés, tout en faisant
connaître à l'Assemblée Consultative que certaines mesures touchant
cette recommandation avaient été prises sans attendre par ces gouvernements.
20. Le gouvernement des Pays-Bas, en particulier, a déjà attiré
l'attention du gouvernement d'Indonésie sur la recommandation en
question.
21. Le gouvernement du Royaume-Uni, pour sa part, a donné son
accord au principe de consultations avec les pays du Commonwealth
britannique et à la proposition tendant à inviter ces pays à déléguer
des observateurs aux sessions de l'Assemblée Consultative. Il a
déjà informé les gouvernements du Commonwealth que, s'il leur appartenait
de donner suite à cette proposition, le Royaume-Uni, quant à lui, accueillerait
avec satisfaction la présence de leurs observateurs à Strasbourg.
5.2.2 Liaison avec les nations nord-américaines.
22. Au cours de sa septième session, le Comité des Ministres
a pris acte de la Recommandation 20 (
Doc. 741950, chap. 1« par. 1 (iii)),
adoptée par l'Assemblée en août 1950, et a affirmé son désir d'établir
une liaison étroite entre les organismes européens existants et
les nations nord-américaines. Il a suggéré à l'Assemblée Consultative
de mettre à l'étude les modalités d'une telle liaison et de lui
donner son avis sur ce point. En môme temps, le Comité a recommandé
aux gouvernements des Membres de présenter à ce sujet des propositions concrètes.
6 TITRE IV - Questions de politique extérieure
6.1 Chapitre 1. — Déclaration sur la Paix
23. Lors de sa sixième session, tenue à Rome en novembre
1950, le Comité des Ministres a suggéré que l'Assemblée Consultative
adoptât une déclaration sur la paix et a proposé à son examen un
projet de déclaration dont le texte figure en annexe au présent
rapport (Annexe 2). Le Comité des Ministres prend acte de la résolution
22 (
Doc. 158,
1950) adoptée sur ce sujet par l'Assemblée le 23 novembre 1950.
6.2 Chapitre 2. — Minorité turque en Bulgarie
24. L'attention du Comité des Ministres a été attirée,
lors de sa sixième session, sur la question de la minorité turque
de Bulgarie menacée d'expulsion par le gouvernement bulgare. Le
Comité des Ministres a adopté à ce propos la résolution suivante
: « Le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, ayant entendu le
Ministre des Affaires étrangères de Turquie, sur les notes échangées
entre les gouvernements turc et bulgare. « faisant abstraction de
tout examen juridique qui ne relève pas de sa compétence, « considérant
que, quelles que soient les dispositions contractuelles, objet de
la controverse entre les deux pays, celle-ci, à son avis, trouverait
la solution la plus équitable dans une entente mutuelle ou au besoin
dans une solution arbitrale, « élève une protestation solennelle
contre la prétention émise par la Bulgarie d'exiger le transfert
de 250.000 êtres humains sur le territoire turc, dans un délai de
3 mois, d'autant plus que ce cas fait partie d'une politique également
pratiquée par d'autres gouvernements et qui, indépendamment de ses
répercussions humaines tragiques, tend à créer un état de malaise
et de misère dans la vie économique des pays libres de l'Europe.
« estime que, dans l'intérêt de ces populations, aucune mesure ne
devrait être prise du côté de la Bulgarie pour leur déportation
en dehors de leurs foyers, et qu'aucune liquidation de leurs biens
ne devrait être effectuée avant que l'émigration ne fasse l'objet
d'un arrangement équitable entre les deux pays. » Par la suite,
le ' Comité des Ministres a été informé par le représentant de la
Turquie que les négociations relatives au règlement de ce problème
avaient pris un tour plus favorable.
7 TITRE V - Mesures prises en vue de la réalisation
des buts du Conseil de l'Europe
7.1 Chapitre 1. — Admission de la République Fédérale
d'Allemagne comme Membre du Conseil au sens de l'article 4 du Statut
25. Le Comité des Ministres, au cours de sa septième
session, a examiné une demande présentée par le Chancelier de la
République Fédérale d'Allemagne tendant, en raison des modifications
apportées au statut d'occupation, à faire admettre son pays comme
Membre du Conseil de l'Europe au sens de l'Article 4 du Statut. Le
Comité a donné son accord de principe à cette demande; avant de
prendre une décision définitive, il a toutefois décidé de demander
l'avis de la Commission Permanente de l'Assemblée Consultative.
La Commission Permanente, au cours de la réunion qu'elle a tenue
à Strasbourg le 7 avril 1951, s'est déclarée à l'unanimité favorable
à l'admission de la République Fédérale d'Allemagne en qualité de
Membre du Conseil au sens de l'Article 4 du Statut. Cet avis a été
porté à la connaissance du Comité des Ministres, qui sera ainsi en
mesure de prendre position à sa huitième session, en mai 1951.
7.2 Chapitre 2. — Questions Economiques
7.2.1 Autorité européenne pour le charbon et l'acier.
26. La première Autorité spécialisée a vu le jour le
18 avril 1951, lors de la conclusion entre les gouvernements allemand,
belge, français, italien, luxembourgeois et néerlandais, du Traité
instituant la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier.
27. Le désir de l'Assemblée Consultative de voir établie une liaison
étroite entre cette organisation et le Conseil de l'Europe (Recommandation
6 —
Doc. 132,
1950) a été porté à la connaissance des gouvernements signataires,
qui ont décidé de fixer, dans un Protocole signé le même jour, les
modalités de la liaison entre la Communauté du Charbon et de l'Acier
et le Conseil de l'Europe (Voir Annexe 3).
7.2.2 Politique agricole.
28. La recommandation 8 (
Doc. 110, 1950), adoptée par l'Assemblée
en août 1950, contenait une proposition tendant à créer une Autorité
européenne chargée de l'organisation de la production et des marchés agricoles.
Par la suite, en novembre 1950, l'Assemblée a adopté la recommandation
52 (
Doc. 154,1950)
et a nommé une sous-commission de sept membres, chargée de présenter
à la prochaine session de l'Assemblée un projet de Convention relatif
à la création d'une Autorité spécialisée pour l'agriculture. Ces
recommandations ont été portées à l'ordre du jour de la huitième
session du Comité des Ministres.
29. Dès le 24 mars 1951, cependant, le gouvernement français a
invité le Secrétaire Général à transmettre en son nom à tous les
gouvernements des Membres du Conseil de l'Europe et aux gouvernements
de l'Autriche, du Portugal et de la Suisse, une invitation à participer
à une Conférence qui serait chargée d'envisager la création d'une
organisation commune des principaux marchés agricoles, ainsi qu'une
note définissant les principes essentiels de sa proposition. Cette
invitation et la copie du mémorandum y relatif ont été transmises
aux gouvernements le 29 mars 1951.
7.2.3 Transports.
30. Le Comité des Ministres n'a pas donné suite jusqu'à
présent à la recommandation 7 (
Doc.
108, 1950) relative à la coordination des communications
européennes, adoptée par l'Assemblée en août 1950, étant donné qu'en
novembre 1950, l'Assemblée a décidé, par sa recommandation 52 (
Doc. 154, 1950), de
créer une Commission spéciale de sept membres chargée de rédiger
une Convention portant création d'une Autorité européenne spécialisée
pour les transports. Cette Commission spéciale ayant travaillé dans
l'intervalle de la seconde et de la troisième sessions de l'Assemblée,
le Comité des Ministres a jugé bon d'attendre les résultats de ses
travaux avant de prendre une décision en la matière
7.2.4 Plein Emploi.
31. Au cours de sa sixième session, en novembre 1950,
le Comité des Ministres a examiné la Recommandation 25 (
Doc. 103, 1950), relative
au plein emploi, adoptée par l'Assemblée en août 1950 et à laquelle
le Bureau de l'Assemblée avait conféré par la suite un caractère
prioritaire. Le Comité a adopté à ce sujet la résolution suivante
: « Le Comité des Ministres a accueilli avec faveur la recommandation
de l'Assemblée sur le plein emploi et décidé d'inviter les gouvernements
des États membres à fournir au Secrétariat Général, dans la mesure
où cela leur sera possible, et avant le 1er février 1951, les informations demandées
aux paragraphes 5 et 7 de la Recommandation. Le Secrétaire Général
a été chargé de procéder à l'étude de la documentation qu'il recevra
et d'en faire la synthèse, en consultation avec les autres Organisations
internationales qui s'occupent du problème et notamment avec l'O.
E. CE. »
32. En exécution de cette résolution, le Secrétaire Général a
invité tous les gouvernements Membres à fournir les renseignements
visés aux paragraphes 5 et 7 de la Recommandation. La plus grande
partie de cette documentation a été recueillie. Certaines réponses
n'ayant toutefois pas encore été communiquées, le Secrétariat Général
a attiré l'attention des gouvernements intéressés sur la situation
ainsi créée; il espère recevoir leurs réponses dans un bref délai.
Dans l'intervalle il a organisé un groupe d'étude, comprenant des représentants
de différentes autres organisations intéressées à ce problème. Ce
groupe a rédigé un rapport contenant des propositions précises pour
le maintien d'un niveau élevé de l'emploi en Europe, rapport qui
sera soumis à l'Assemblée à sa troisième Session.
7.2.5 Office européen des Brevets,
33. Au cours de sa troisième session, en novembre 1949,
le Comité des Ministres a examiné la recommandation formulée par
l'Assemblée Consultative à sa première session et relative à la
création d'un Office européen des Brevets. Le Secrétaire Général
a été chargé de réunir toute la documentation appropriée sur ce
sujet et de préparer un rapport sur le meilleur moyen de le traiter,
en consultation avec les services techniques des gouvernements des
membres. Le Secrétaire Général a transmis, en conséquence, à tous
les gouvernements le projet élaboré par l'Assemblée en leur demandant
de formuler des observations détaillées. Ces observations ont été
recueillies et diffusées à tous les gouvernements. Conformément
à une décision prise par le Comité des Ministres, lors de sa sixième
session, un Comité d'Experts en matière de brevets a été constitué
en janvier 1950. Ce Comité, tout en se ralliant pleinement aux buts
poursuivis par la recommandation de l'Assemblée, a estimé que d'autres
voies devraient permettre de parvenir dans de meilleures conditions
aux fins désirées. La Convention portant la création de l'Office
devrait fixer les règles sur la base desquelles l'Office Européen
sera appelé à se prononcer sur le caractère de nouveauté d'une invention.
De plus, une unification des formalités et procédures en vigueur
dans les différents pays devra précéder l'établissement d'un Office Européen.
Cet Office devrait, de l'avis du Comité, s'intégrer dans l'Institut
International des Brevets créé à La Haye par la Convention de 1947,
signée entre les pays du Benelux et la France.
34. Sur la base de ces décisions de principe, un groupe de travail
du Comité des experts s'est réuni à Paris du 12 au 17 mars 1951
et a abordé la discussion des différents problèmes soulevés par
elles. Il a mené à bien la première tâche fixée par le Comité des
Experts, à savoir l'unification des procédures et formalités concernant la
demande et l'obtention de brevets d'invention dans les pays membres
du Conseil de l'Europe. Un formulaire-type de demande de brevets
a été élaboré. A la réunion du 2 juillet qui doit se tenir à La
Haye, le problème de la création de l'Office européen des brevets
sera étudié, ainsi que celui de son intégration dans l'Institut International
des brevets.
35. Il est à signaler qu'à la suite d'un échange de vues, la Suisse
a été associée au travail du Comité d'Experts. Un représentant du
gouvernement fédéral a siégé aux réunions du Comité d'Experts dès
la session du 12 mars de son groupe de travail à Paris. Le Bureau
International de Berne pour la protection de la propriété industrielle
délègue de son côté un représentant aux réunions du Comité d'Experts
et à celles de son groupe de travail.
7.2.6 Convention européenne sur le contrôle des cartels
internationaux.
36. A la suite de la recommandation adoptée par l'Assemblée
Consultative à sa première session en 1949, le Comité des Ministres,
après avoir consulté l'O. E. C. E., a décidé lors de sa troisième
session, d'entrer en rapport avec la Commission intérimaire de l'Organisation
internationale du Commerce en vue d'entreprendre une étude de ce
problème dans le cadre européen. Le Secrétariat Général, après avoir
accompli cette démarche, a provoqué la création d'un groupe de travail
non officiel comprenant des représentants de la Commission intérimaire
de l'O. I. C. et d'autres organisations intéressées. Les conclusions
préliminaires de ce groupe ont été portées à la connaissance de
l'Assemblée Consultative à sa seconde session, en 1950. Depuis cette
date, les travaux du Secrétariat Général ont été complétés par la
préparation d'un rapport et d'un avant-projet de Convention qui
ont été sou'rnis à tous les gouvernements Membres au début du mois
de mars 1951.
7.2.7 Pêche en Mer du Nord.
37. Le Comité des Ministres a examiné, à sa septième
session, la Recommandation 27 (
Doc.
111, 1950) adoptée par l'Assemblée en août 1950. Le Comité
a été informé que la Convention sur l'exploitation exagérée des
fonds de pêche en Mer du Nord, signée à Londres en 1946, n'était
pas entrée en vigueur en raison de l'absence de ratification de
la part des gouvernements belge, espagnol et islandais. Le gouvernement
du Royaume-Uni, dépositaire de la Convention, entreprend actuellement
toutes démarches utiles auprès des gouvernements intéressés en vue
d'assurer l'entrée en vigueur de la Convention aussitôt que possible.
7.2.8 Compagnies européennes.
38. Le Comité des Ministres n'a pas encore donné suite
à la recommandation 26 (
Doc.
106, 1950), relative aux Compagnies européennes, en raison
du fait que cette question est toujours à l'étude au sein de la Commission
des Questions économiques. Toutefois, il a noté que les aspects
juridiques de la question doivent faire l'objet, dans un proche
avenir, d'une étude de la part de l'Institut pour l'unification
du Droit Privé de Rome.
7.3 Chapitre 3. — Questions sociales
39. Le Comité des Experts sociaux a tenu sa seconde session
à Strasbourg en novembre 1950. Il a poursuivi l'étude, commencée
lors de sa première session, des problèmes posés par l'extension
h tous les États membres du Conseil de l'Europe de la Convention
multilatérale de Sécurité Sociale conclue entre les Puissances du
Pacte de Bruxelles, étude préconisée par l'Assemblée à sa première
session; il a également procédé à l'examen de mesures destinées
à faire bénéficier les ressortissants de tous les Etats membres
des prestations de sécurité sociale garanties par les législations
nationales. (Voir le premier rapport du Comité des Experts i Sociaux
en date du 16 juin 1950, transmis à ^l'Assemblée lors de sa seconde
session.)
40. Le second rapport du Comité des Experts sociaux, en date du
24 novembre 1950, a été examiné et approuvé par le Comité des Ministres
lors de sa septième session de mars 1951, et transmis pour information à
l'Assemblée Consultative (Voir Annexe 4). Les décisions ci-après
ont été ainsi adoptées :
7.3.1 Code européen de Sécurité Sociale.
41. Le Comité des Ministres avait déjà examiné au cours
de sa sixième session, la Recommandation 28 (
Doc. 99,1950), tendant à la création
d'un Code européen de Sécurité Sociale, considérée par lé Bureau comme
revêtant un caractère prioritaire. Le Comité a approxivé le principe
de cette recommandation et chargé le Comité des Experts Sociaux
d'examiner les modalités suivants lesquelles le problème évoqué
par l'Assemblée devait être traité, compte tenu de la Conférence
Internationale du Travail qui doit se tenir en juin 1951 pour étudier
le même problème sur le plan mondial.
42. Les Experts Sociaux ont suggéré que la Conférence envisagée
pour la préparation d'un Code européen de Sécurité sociale fût convoquée
en liaison avec le Bureau International du Travail et que, dans
l'intervalle, les gouvernements des membres du Conseil de l'Europe
fussent invités à transmettre au Secrétariat Général copie des réponses
qu'ils avaient faites au questionnaire du B. I. T. relatif aux normes
minima de la sécurité sociale. Le Comité des Ministres s'est rangé
à l'avis du Comité des Experts et a chargé, en outre, le Secrétaire Général
d'inviter le B. I. T. à entreprendre une étude comparative du coût
de la sécurité sociale dans les États membres du Conseil de l'Europe,
43. Le Comité des Experts sociaux tiendra une nouvelle réunion
le 2 mai 1951 en vue d'examiner la documentation dont il pourra
alors disposer, notamment le rapport établi par le B. I. T. sur
la base des réponses des gouvernements au questionnaire relatif
à la sécurité sociale et le rapport relatif aux coûts comparés des services
de sécurité sociale. La Conférence Internationale du Travail qui
doit se réunir en juin 1951 examinera la préparation d'une Convention
internationale de Sécurité sociale sur le plan mondial. Les résultats
de cette Conférence une fois connus, le Comité des Experts se réunira
de nouveau en vue de parvenir à des décisions sur les principes
à incorporer dans une Convention européenne et de fixer une date
pour la convocation d'une conférence européenne chargée de l'élaborer.
7.3.2 Extension aux ressortissants des États membres
des accords de sécurité sociale conclus entre les Puissances signataires
du Pacte de Bruxelles.
44. Conformément au principe énoncé dans la recommandation
29 (
Doc. 100,
1950), le Comité des Ministres a chargé le Secrétaire Général d'établir,
à l'intention du Comité des Experts sociaux, à des intervalles réguliers,
une liste faisant ressortir les progrès des négociations bilatérales,
et invité les gouvernements à fournir au Secrétariat toutes informations
à ce sujet.
45. Le Comité des Ministres a invité le Comité des Experts sociaux
à poursuivre, en collaboration avec le B. I. T. et le Secrétariat
Général, l'élaboration d'accords multilatéraux provisoires portant
sur :
.1 l'égalité des ressortissants
de tous les pays membres au regard des législations de sécurité sociale;
.2 l'extension aux ressortissants de tous les États membres
des conventions bilatérales et multilatérales conclues entre deux
ou plusieurs de ces pays.
7.3.3 Echange d'informations sur la sécurité sociale
entre les Etats membres.
46. Le Comité des Ministres a chargé le Secrétaire Général
d'organiser l'échange d'informations sur la sécurité sociale entre
les États membres, conformément aux suggestions du Comité des Experts
sociaux. Il a recommandé, en outre, aux gouvernements de désigner
le Ministère avec lequel le Secrétaire Général pourra correspondre
directement, afin de recueillir les renseignements nécessaires sur
la sécurité sociale, copie de toute correspondance étant adressée
au Ministère des Affaires étrangères.
47. Le Secrétariat Général a été informé de la négociation ou
de la conclusion, durant l'année, des accords bilatéraux suivants
:
.1 Convention générale entre
la France et la République Fédérale d'Allemagne sur la sécurité sociale.
(Paris, 10 juillet 1950).
.2 Convention générale entre la France et les Pays-Bas sur
la sécurité sociale. (La Haye, 1er janvier 1950).
.3 Convention générale entre le Grand-Duché de Luxembourg
et les Pays-Bas sur la sécurité sociale. (Luxembourg, 8 juillet
1950).
.4 Convention générale entre la France et la Sarre sur la
sécurité sociale. Accords complémentaires Nos 1—4. P. V. définitif
relatif à la mise en vigueur de la Convention, et deux arrangements
administratifs du 27 juillet 1950.
.5 Accord de réciprocité en matière de paiement des indemnités
ou prestations au titre des accidents du travail (y compris les
maladies professionnelles), conclu entre le gouvernement du Royaume-Uni
et le gouvernement du Danemark. (1950).
.6 Accord administratif relatif aux modalités d'application
de la Convention Italo-Belge en matière de sécurité sociale du 30
avril 1948. (Rome, 20 octobre 1950).
.7 Arrangement administratif relatif aux modalités d'application
aux travailleurs des mines de la Convention Générale entre l'Italie
et la France en matière d'assurances sociales du 31 mars 1948. {Notiziario
dell'Emigrazione, N° 10, 1950).
.8 Avenant à la Convention générale entre l'Italie et la
France tendant à coordonner l'application aux ressortissants des
deux pays de la législation italienne et de la législation française
sur la sécurité sociale. (Paris, 28 décembre 1950).
.9 Protocole relatif à la situation des travailleurs salariés
ou assimilés qui ont été employés en France, en Italie et en Sarre.
(19 janvier 1950).
En outre, il est à remarquer
que des négociations ont été entamées en décembre 1950 entre le
Royaume-Uni et la République Fédérale d'Allemagne en vue de la conclusion
d'un accord de réciprocité, et que les conventions multilatérales
ci-après ont été ratifiées ou conclues : Deux conventions multilatérales
signées par les Puissances du Pacte de Bruxelles ont été ratifiées
par le Royaume-Uni et une convention tripartite entre la Belgique,
la France et l'Italie sur la sécurité sociale, Paris, 19 janvier
1951, entrera en vigueur le 1er juillet 1951.
7.3.4 Convention générale d'assistance sociale et médicale
(Extension de la convention conclue entre les Puissances du Pacte
de Bruxelles).
48. Le Comité des Ministres a chargé le Secrétaire Général
de convoquer, en accord avec le Président du Comité dés Experts
sociaux, un sous-comité d'experts en matière d'assistance sociale
et médicale.
7.4 Chapitre 4. — Réfugiés
49. Lors de sa sixième session, le Comité des Ministres
a examiné la Recommandation n° 30 (
Doc. 109, 1950), relative au problème
des réfugiés, adoptée par l'Assemblée en août 1950. Le Comité a
reconnu qu'il était nécessaire que le Conseil de l'Europe se penchât
immédiatement sur ce problème et examinât les mesures à prendre
à cet égard. Il a invité les gouvernements intéressés à fournir
les informations les plus complètes sur l'ampleur du problème tel
qu'il se posait sur leur propre territoire, en précisant la mesure
dans laquelle ce problème était lié à la question connexe de la
population et de l'émigration. Le Comité a décidé par ailleurs que
le Secrétaire Général pourrait recruter le personnel supplémentaire
nécessaire pour lui permettre d'analyser les résultats de cette
enquête et de recommander au Comité les mesures qu'il lui paraîtrait indispensable
de prendre, en faisant état de leurs incidences financières.
7.5 Chapitre 5. —Questions culturelles
50. Au cours de sa sixième session, en novembre 1950,
le Comité des Ministres a approuvé le rapport élaboré en juin 1950
par le Comité des Experts culturels sur le plan de coopération culturelle
européenne esquissé par l'Assemblée Consultative en 1949. Ce rapport
a été transmis à l'Assemblée Consultative durant la deuxième partie
de sa seconde session. Par la même occasion, le Comité des Ministres
a donné son approbation à un certain nombre de propositions, présentées
par les experts eux-mêmes et relatives a l'aménagement d'une collaboration
plus pratique avec l'U. N. E. S. C. O., à l'établissement d'une
carte d'identité culturelle européenne, à l'extension aux États
membres du Conseil de l'Europe des résultats obtenus par la Commission
Permanente du Pacte de Bruxelles et l'Alliance culturelle Scandinave,
et à l'organisation, en mai 1951, avec l'appui moral et financier
du Conseil de l'Europe, d'un cours de durée limitée à l'Université
de Strasbourg sur des sujets de portée européenne.
51. Le Comité des Experts Culturels a tenu une seconde réunion
du 13 au 15 février 1951. Cette réunion avait pour objet l'examen
des recommandations culturelles adoptées par l'Assemblée en 1950
et des mesures prises par le Secrétariat Général en exécution du
rapport antérieur du Comité. Les conclusions formulées par les experts
au cours de cette réunion mettent en relief les progrès accomplis
dans les domaines mentionnés dans le paragraphe précédent et indiquent
les mesures que le Comité des Ministres pourrait prendre en réponse
aux recommandations culturelles adoptées par l'Assemblée en 1950.
Ces conclusions figurent à l'ordre du jour de la huitième session
du Comité des Ministres.
52. L'Université de Strasbourg a maintenant mis au point l'organisation,
durant la troisième session de l'Assemblée, d'un cours européen
de durée limitée sur les « problèmes démographiques dans l'Europe contemporaine
». Trente-six étudiants, ressortissants de tous les États membres
du Conseil assisteront à ce cours. La composi-ton du corps professoral
sera aussi internationale que possible; les conférences seront données
en français et en anglais.
7.6 Chapitre 6. — Convention de sauvegarde des Droits
de l'homme et des Libertés fondamentales
53. Lors de sa 6e session, en novembre 1950, le Comité
des , Ministres a examiné la recommandation 24 (
Doc. 93 et
104, 1950), contenant
l'avis de l'Assemblée sur le projet de Convention approuvé par le
Comité des Ministres au cours de sa 5e session, en août 1950.
54. Le Comité des Ministres a accepté, sous réserve de modifications
de rédaction secondaires, le préambule à la Convention proposé par
l'Assemblée Consultative, Quant au droit de propriété, au droit
à l'éducation et aux droits politiques, le Comité, tout en approuvant
le principe de leur insertion dans la Convention, a considéré que
les textes proposés par l'Assemblée nécessitaient une étude approfondie
de la part des représentants des gouvernements qui seraient chargés
de leur application. Afin de ne pas retarder la signature de la
Convention jusqu'à l'achèvement de cette étude, le Comité a décidé
de signer la Convention sans y insérer ces trois droits, mais en
convoquant sans attendre une réunion d'experts gouvernementaux, chargés
de préparer un Protocole additionnel à la Convention où les trois
droits en question seraient incorporés,
55. Le Comité s'est rallié à la proposition de l'Assemblée relative
au nombre de déclarations d'acceptation de la compétence obligatoire
de la Cour des Droits de l'homme à réunir pour que la Cour soit
créée. Toutefois, il ne s'est pas cru en mesure de donner son assentiment
aux autres projets d'amendements touchant le droit de recours individuel
et l'extension de la Convention aux territoires coloniaux. En ce
qui concerne cette dernière proposition, le Comité dut constater
en effet que l'adoption de l'amendement aurait considérablement retardé
la ratification de la Convention par certains États membres qui,
pour des raisons d'ordre constitutionnel, ne sauraient accepter
les engagements définis dans la Convention au nom des territoires
d'outremer dont ils assurent les relations internationales sans
avoir préalablement consulté les organes législatifs de ces territoires.
56. La Convention, dans sa forme définitive, a été signée à Rome
le 4 novembre 1950 au nom de tous les gouvernements membres, à l'exception
de la Grèce et de la Suède. Elle fut ultérieurement signée au nom
des gouvernements grecs et suédois le 28 novembre 1950, à Paris.
57. Le Comité d'experts gouvernementaux chargé de préparer un
Protocole additionnel à la Convention portant sur le droit de propriété,
le droit à l'éducation et le droit à la liberté politique, a tenu
trois réunions en janvier, février et avril. Le texte définitif
de ce Protocole sera examiné par le Comité des Ministres à sa huitième session,
en mai 1951.
7.7 Chapitre 7. — Questions juridiques et administratives
7.7.1 Convention multilatérale sur le traitement réciproque
de Nationaux.
58. Le Comité des Ministres a pris acte, au cours de
sa sixième session, de l'avis exprimé par l'Assemblée, dans sa recommandation
47 (
Doc. 105,
1950) d'août 1950, en réponse à sa demande. Le Comité a chargé le Secrétariat
général d'entreprendre l'étude demandée par l'Assemblée et de solliciter
le concours d'un groupe d'experts gouvernementaux, qui serait chargé
d'établir la liste des questions juridiques soulevées par la Recommandation
47 et susceptibles d'être soumises à l'Institut International pour
l'Unification du Droit Privé de Rome. Le Comité des Ministres attend
les résultats de l'étude entreprise sur cette question par un groupe de
travail de la Commission des Questions juridiques et administratives
de l'Assemblée Consultative. Ce groupe de travail a tenu à Rome,
en mars 1951 une réunion commune avec l'Institut afin de préparer
un projet préliminaire qui pourrait être soumis pour étude aux experts
gouvernementaux.
7.7.2 Système d'accords relatifs à la procédure civile.
59. A la suite d'une proposition présentée à la cinquième
session du Comité des Ministres, en août 1950, et invitant le Conseil
de l'Europe à étudier la possibilité d'instituer entre les États
membres un système d'accords relatifs à la procédure civile, le
Comité des Ministres a chargé le Secrétaire Général d'entrer en
rapport avec la Conférence de Droit international privé de La Haye
et l'Institut International pour l'Unification du Droit Privé de
Rome, en vue de préparer une telle étude et de provoquer la participation
à la Conférence de La Haye des États membres qui jusqu'à présent
ne s'y sont pas fait représenter. Ces contacts ont été établis et
l'étude en question est en cours. L'Institut de Rome procédera à
l'étude du problème en septembre 1951. La conférence de La Haye
se réunira en octobre et novembre 1951.
7.7.3 Passeport européen.
60. A la suite de la Recommandation formulée par l'Assemblée
Consultative en septembre 1949, le Comité des Ministres, au cours
de sa deuxième session en novembre 1949, a chargé le Secrétaire
Général de recueillir l'opinion des gouvernements Membres sur cette
proposition. Ces opinions ont été recueillies et communiquées aux
gouvernements le 5 octobre 1950. Au cours de la deuxième partie
de la seconde session de l'Assemblée, en novembre 1950, une autre
proposition de résolution portant sur la question a été renvoyée par
la Commission Permanente à la Commission des Questions juridiques
et administratives. Le 12 décembre 1950, le Secrétaire Général a
proposé qu'une réunion d'experts gouvernementaux fût convoquée en
vue de prendre une décision en la matière.
7.7.4 Allégement de la double imposition.
61. Lors de sa sixième session, en novembre 1950, le
Comité des Ministres, en réponse à sa propre demande, a pris acte
de la recommandation 48 (
Doc.
114, 1950), contenant l'avis de l'Assemblée sur la question
de l'allégement de la double imposition. Le Comité a chargé le Secrétaire
Général d'étudier la question en recueillant auprès des gouvernements
des renseignements sur les accords bilatéraux déjà conclus dans
ce domaine et en s'informant de l'opinion d'autres organisations
saisies de ce problème. Les informations en question ont été demandées
auxgouvernements, mais n'ont pas encore été reçues dans leur totalité.
7.7.5 Règlement pacifique des différends.
62. La Recommandation 56 (
Doc. 159, 1950) adoptée par l'Assemblée
Consultative en novembre 1950, est inscrite à l'ordre du jour de
la huitième session du Comité des Ministres.
7.8 Chapitre 8. — Information de l'opinion publique
63. Au cours de sa sixième session, en novembre 1950,
le Comité des Ministres a examiné la Recommandation 49 de l'Assemblée
Consultative (
Doc. 130,
1950), préconisant le développement de l'information de l'opinion
publique. Il a chargé le Secrétaire Général de préparer un plan
d'action assorti d'évaluations budgétaires en vue do mettre en oeuvre
la recommandation de l'Assemblée. Les propositions du Secrétaire
Général ont été soumises aux gouvernements en décembre 1950.
64. En approuvant le budget pour l'exercice financier de 1951,
en janvier 1951, les représentants des Ministres ont débloqué 25
% du crédit de 18 millions de francs prévu par le Secrétaire Général
pour les besoins de l'information en attendant que le Comité des
Ministres se prononce sur l'ensemble du programme proposé.
65. Lors de la septième session, le Comité des Ministres a approuvé
les lignes générales du plan soumis par le Secrétaire Général et,
pour assurer la collaboration la plus étroite entre les services
d'information des Gouvernements et ceux du Secrétariat Général,
a décidé de convoquer à Strasbourg, en avril 1951, une conférence
des représentants des services nationaux d'information. Cette conférence
aura pour tâche d'élaborer un plan à long terme de coopération entre
les services nationaux d'information et le Conseil de l'Europe et
de formuler des avis sur toute question d'ordre technique touchant
les activités du Conseil dans le domaine de l'information. En même
temps, le Comité des Ministres a autorisé le Secrétaire Général
à utiliser une fraction supplémentaire de 25 % du crédit prévu dans
le budget de 1951 pour les besoins de l'information.
66. Le Comité des Ministres a également chargé le Secrétaire Général
de s'informer auprès des organisations nationales de radiodiffusion
de la possibilité pour elles de se conformer à la proposition de l'Assemblée
relative aux émissions européennes, qui figure dans la recommandation
58 (
Doc. 161,
1950) de novembre 1950. Le Secrétaire Général a été informé que
la Radiodiffusion française autoriserait le Conseil de l'Europe
à diffuser une émission hebdomadaire sur la chaîne nationale. La
Radio italienne a fait savoir qu'elle n'était pas en mesure d'accepter
une émission hebdomadaire, mais envisagerait avec faveur une transmission spéciale
d'un quart d'heure, qui aurait lieu tous les mois et serait consacrée
aux aspects les plus importants des travaux effectués par le Conseil
durant cette période. Une réponse favorable a été reçue de Radio Luxembourg.
67. Le Comité des Ministres a reporté à sa huitième session l'examen
de la recommandation 57 (
Doc.
160, 1950), en date de novembre 1950, relative à une
définition commune pour la télévision européenne.
68. Enfin, le Comité des Ministres a invité le Secrétaire Général
à préparer à l'intention de l'Assemblée Consultative une documentation
illustrant les activités du Secrétariat Général dans le domaine
de l'information.
7.9 Chapitre 9. — Conférence européenne de la Jeunesse
69. A sa septième session, en mars 1951, le Comité des
Ministres a approuvé la proposition formulée par l'Assemblée dans
sa résolution 17 (
Doc.
131, 1950), adoptée en août 1950, et relative à l'organisation
à Strasbourg d'une Conférence européenne de la Jeunesse au cours
de l'été de 1951. Le Comité a décidé de contribuer aux frais d'organisation
de cette conférence, pour une somme de deux millions de francs, correspondant
à la demande présentée au Secrétaire Général par le Comité des Mouvements
de jeunesse responsable de l'organisation de la conférence. Le Secrétaire
Général a été informé que toutes dispositions ont été prises pour
que la conférence se tienne en juin 1951.
7.10 Chapitre 10. — Proposition tendant à la création
d'une Armée européenne
70. Le Comité des Ministres a examiné, au cours de sa
sixième session, la recommandation 5 (
Doc. 52, 1950), adoptée par l'Assemblée
Consultative Je 11 août 1950 et relative à la création d'une armée européenne.
Il a adopté à cet égard la résolution suivante : « Le Comité des
Ministres, après avoir pris acte de la recommandation de l'Assemblée
Consultative relative à la création d'une Armée européenne; Considérant que
les décisions sur des questions relatives à la défense nationale
ne sont pas de la compétence du Conseil de l'Europe; Constate l'évolution
intervenue et les diverses initiatives prises depuis lors en cette
matière, Et exprime l'espoir que les décisions que prendront les
gouvernements et les organisations internationales compétentes apportent
prochainement une solution satisfaisante au problème de la défense
de l'Europe libre. »
8 TITRE VI - Questions d'ordre intérieur et administratif
8.1 Chapitre 1. — Comité Mixte
71. Le Comité Mixte a tenu deux réunions au cours de
la période envisagée, la première à Rome en novembre 1950, immédiatement
avant la sixième session du Comité des Ministres, et la seconde
à Paris en avril 1951. La première de ces réunions a permis principalement
aux représentants de l'Assemblée Consultative, de souligner l'importance
attachée par leurs collègues aux recommandations adressées en août 1950
au Comité des Ministres, notamment à celles auxquelles le Bureau
avait conféré un caractère prioritaire. La seconde do ces réunions
a été surtout consacrée à la question de la révision du Statut dont
le Comité des Ministres avait décidé de saisir le Comité Mixte pour
parvenir à des solutions acceptables tant par le Comité des Ministres
que par l'Assemblée.
72. Lors de sa sixième session, en novembre 1950, le Comité des
Ministres a décidé de désigner pour le représenter au Comité mixte
les représentants du Danemark, de la France, de l'Italie et du Royaume-Uni,
le Président, le Président sortant et le prochain Président du Comité.
8.2 Chapitre 2. — Réunions régulières des Conseillers
des Ministres
73. Au cours de sa cinquième session, en août 1950, le
Comité des Ministres a décidé que les Conseillers des Ministres
tiendraient à Strasbourg des réunions périodiques en vue de faciliter
la liaison entre le Secrétariat Général et les Gouvernements membres
et de préparer le travail du Comité des Ministres. Cette décision devançait
la recommandation 11 (
Doc.
74, 1950, Chapitre II, paragraphe 10) adoptée par l'Assemblée Consultative
en août 1950.
74. La première de ces réunions s'est tenue en octobre 1950. Outre
les réunions précédant immédiatement les sessions du Comité des
Ministres, qui ont pour objet de préparer l'ordre du jour des Ministres
et de leur présenter des propositions, les Conseillers des Ministres
ont tenu chaque mois, de décembre 1950 à avril 1951, des réunions
à Strasbourg ou à Paris. Ces réunions ont été consacrées principalement
à la révision du Statut, mais elles ont présenté en outre l'avantage
de faciliter l'examen des nombreuses questions qui sont soumises
à la décision des gouvernements et la préparation des décisions
du Comité des Ministres lui-même. Il est prévu que ces réunions
continueront à se tenir régulièrement, elles semblent destinées
à jouer un rôle de plus en plus important, eu égard aux activités
sans cesse croissantes du Conseil de l'Europe.
8.3 Chapitre 3. — Représentation permanente des gouvernements
à Strasbourg
75. Le Comité des Ministres a approuvé, à sa septième
session, la proposition du Comité d'étude pour la révision du Statut,
tendant à rendre possible une représentation permanente des Etats
membres au siège du Conseil de l'Europe en vue d'assurer une liaison
plus étroite entre les gouvernements et le Secrétariat Général. Les
gouvernements de la Belgique et de l'Italie ont déjà nommé des représentants
permanents au siège du Conseil.
8.4 Chapitre 4. — Réunions d'experts gouvernementaux
76. Le grand nombre de recommandations présentées par
l'Assemblée Consultative et les décisions prises par le Comité des
Ministres ont provoqué la convocation de nombreuses réunions d'experts
gouvernementaux. Le caractère technique d'un grand nombre des questions
examinées au sein du Conseil de l'Europe a montré, dans ces éventualités,
qu'il était difficile pour le Comité des Ministres de prendre des
décisions sans en appeler au préalable à des avis autorisés. D'août
1950 à avril 1951 les réunions d'experts ci-après se sont tenues
:
Octobre 1950 Conseillers des
Ministres
Novembre 1950 Comité des Experts Sociaux.
Décembre 1950 Comité d'Étude pour la révision du Statut.
Janvier 1951
Réunion
des suppléants des Ministres pour l'approbation du budget 1951.
Comité d'Étude pour la révision du Statut.
Comité des Experts en matière de brevets.
Février 1951
Comité
d'Étude pour la révision du Statut.
Comité des Experts des Droits de l'homme.
Comité des Experts culturels.
Mars 1951
Conseillers
des Ministres.
Comité des Experts en matière de brevets.
Avril 1951
Comité des
Experts des Droits de l'homme.
Conseillers des Ministres.
Conférences des représentants des services d'in formation.
77. 77. En outre, le Comité des Experts Sociaux et le Comité des
Experts en matière de brevets doivent tenir d'autres réunions dans
un proche avenir.
8.5 Chapitre 5. — Budget pour 1951
78. Au cours de sa sixième session, en novembre 1950,
le Comité des Ministres a autorisé les suppléants des Ministres
à tenir une réunion spéciale en janvier 1951 et à approuver en son
nom le budget pour 1951. Cette réunion s'est tenue à Paris le 15
janvier. Le budget pour l'exercice 1951 a été approuvé pour un montant de
557.910.000 fr. Le Budget de l'exercice 1950 s'élevait à 603.000.000
de francs, dont 276 millions pour les dépenses ordinaires et 327
millions pour la construction et l'équipement du nouveau bâtiment.
Annexe 1 ANNEXE 1 - PROPOSITIONS APPROUVÉES PAR LE COMITÉ
DES MINISTRES DU CONSEIL DE L'EUROPE ET LE CONSEIL DE L'O. E. C.
E. EN VUE DE LA LIAISON ENTRE LES DEUX ORGANISATIONS
I
« 1. L'Organisation Européenne de Coopération Économique présente
au Conseil de l'Europe, en vue de leurs discussion par l'Assemblée
Consultative, des rapports sur les problèmes économiques qui ont
fait ou sont en train de faire l'objet d'études de sa part;
2. Ces rapports sont transmis au Comité des Ministres à l'occasion
de chaque session de l'Assemblée Consultative ou à tout autre moment
qui paraîtrait opportun;
3. Il appartiendra au Comité des Ministres du Conseil de l'Europe
de demander à l'un de ses membres — qui, si cela était jugé désirable,
serait assisté du Secrétaire général de l'O. E. C. E. — de présenter
ces rapports à l'Assemblée Consultative ou à la Commission Économique.
»
II
« Il a été également reconnu que la collaboration entre les
deux organisations devrait s'établir sur la base d'échanges réciproques.
2. La réunion commune des deux commissions pourrait être l'instance
où lés problèmes économiques soulevés par l'une ou l'autre des organisations
seraient passés en revue dans le but d'éviter tout double emploi et
d'aider à déterminer dans chaque cas la procédure qu'il apparaîtrait
souhaitable de suivre.
3. Les Secrétaires généraux des deux organisations continueraient
comme par le passé à collaborer pour l'étude des questions économiques.
La forme que cette collaboration revêtira sera, si nécessaire, arrêtée
lors des réunions communes des deux commissions. »
III
« La commission de l'O. E. C. E. a informé la commission du
Conseil de l'Europe que le gouvernement suédois avait décidé de
proposer au Conseil de l'O. E. C. E. de former un Comité ad hoc
pour l'étude des propositions contenues dans son memorandum du 5
janvier 1951. Ce Comité ad hoc examinerait aussi la possibilité
de progresser dans la direction tracée par la Recommandation 18.
La commission de l'O. E. C. E. a manifesté l'intention de faire
part de la suite qui aura été donnée à cette proposition lors de
la prochaine réunion des deux commissions. »
Ces propositions ont fait l'objet des commentaires ci-après
:
« (a) Il a été souligné que les termes « assistés du Secrétaire
général » qui figurent au paragraphe 3, de la section 1, signifiaient
que le Secrétaire général de l'O. E. C. E. fournirait au Ministre
chargé de présenter le rapport de l'organisation toute l'aide voulue,
mais sans être lui-même interpellé par les membres de l'Assemblée
Consultative.
(b) Les commissions interprètent les paragraphes de la section
II comme leur donnant la latitude de faire des propositions relatives
à l'incorporation de certaines questions au programme de travail
ou à l'ordre du jour des deux organisations.
(c) Il a été suggéré par un membre de la commission du Conseil
de l'Europe qu'au cas où l'O. E. C. E. entreprendrait, à la demande
du Conseil de l'Europe, des études sur des questions déterminées,
un observateur du Secrétariat du Conseil de l'Europe soit autorisé
à en suivre le développement.
(d) Les deux commissions considèrent que le paragraphe 2 de
la section II leur permet d'examiner, en session jointe, toutes
demandes de consultations d'experts de l'O. E. C. E., transmises
par la commission de liaison du Conseil de l'Europe. Les deux commissions
élaboreront d'un commun accord la procédure à suivre dans chaque
cas d'espèce. »
Annexe 2 ANNEXE 2 - DÉCLARATION SUR LA PAIX
« A la fin de sa session de 1950, le Conseil de l'Europe a
passé en revue les progrès accomplis durant l'année en ce qui concerne
la sauvegarde de la liberté individuelle, de la liberté politique
et de la prééminence du droit, idéaux auxquels, en vertu de son
Statut, il est consacré. Il a noté avec satisfaction les nombreux
traits encourageants qui se dégagent de l'année 1950.
« Le Conseil de l'Europe croit que l'année 1950, qui est ainsi
chargée de promesses d'avenir, se caractérise principalement par
la résistance spirituelle opiniâtrement opposée par les peuples
d'Europe à toutes les menaces faites à leur liberté. Elle représente
un tournant de l'histoire. Les peuples libres de l'Europe ont refusé d'être
réduits à l'esclavage au sein du système communiste et ont déjoué
les tentatives faites pour corrompre et détruire, par l'intérieur,
leurs institutions démocratiques. Les puissances européennes ont
donné la preuve de leur fidélité envers les Nations Unies en accordant
promptement leur appui à l'action entreprise en Corée. Elles ont
démontré par là leur ferme attachement à la cause de la paix mondiale.
Dans tous les pays, les objectifs véritables des communistes et
leurs méthodes de pénétration et de corruption des institutions
libres sont dévoilées. Le Conseil de l'Europe a noté avec une satisfaction
particulière qu'en dépit des efforts considérables déployés par
le Kominform et des directives particulièrement explicites données
à ses agents, les peuples libres ont refusé de se laisser duper
par des appels spécieux faits au nom d'une prétendue paix.
« Le Conseil de l'Europe repousse tous les appels qui, soi-disant
lancés au nom de la paix, cherchent à servir les intérêts politiques
et les desseins expansionnistes de certains Gouvernements
« Le Conseil continuera à travailler pour la cause de là vraie
paix, fondée sur le respect et la confiance mutuels et qui ne peut
être réalisée qu'entre des individus et des pays libres et égaux
devant la loi. Ils ont, à cette fin, établi et signé la Convention
des Droits de l'homme dans le but de mettre clairement en relief
les valeurs qui constituent la seule base à partir de laquelle les
hommes et les nations peuvent vivre en paix et en bonne intelligence.
Le Conseil affirmé que seuls ces idéaux peuvent assurer la paix
désirée par toute l'humanité, et il s'engage à les préserver par
tous les moyens qui sont en son pouvoir.
« Le Conseil invite le Gouvernement soviétique et ses satellites,
qui font constamment état de leur attachement à la paix, à démontrer
cet attachement plutôt par des actes que par des paroles et en se
prêtant à une coopération effective avec les autres nations du monde.
Le Conseil demande en particulier à ces gouvernements d'établir
à l'intérieur de leurs propres frontières les conditions de liberté
intellectuelle, religieuse et politique qui seules permettront à
leurs peuples de se joindre aux citoyens de l'Occident libre dans
un climat de compréhension mutuelle et d'amitié. Le Conseil estime
que, dans ces conditions, les frontières pourraient s'ouvrir et
un libre courant d'idées circuler à travers l'Europe. »
Annexe 3 ANNEXE 3 - PROTOCOLE SUR LES RELATIONS DE L'AUTO-RITE
POUR LE CHARBON ET L'ACIER AVEC LE CONSEIL DE L'EUROPE
LES HAUTES PARTIES CONTRACTANTES :
PLEINEMENT CONSCIENTES de la nécessité d'établir des liens
aussi étroits que possible entre la Communauté Européenne du Charbon
et de l'Acier et le Conseil de l'Europe, notamment entre leurs deux
Assemblées;
PRENANT ACTE des recommandations de l'Assemblée du Conseil
de l'Europe;
SONT CONVENUES des dispositions suivantes :
Article 1
Les gouvernements des États membres sont invités à recommander
à leurs Parlements respectifs que les membres de l'Assemblée, qu'ils
sont appelés à désigner, soient choisis de préférence parmi les
représentants à l'Assemblée Consultative du Conseil de l'Europe.
Article 2
L'Assemblée Commune de la Communauté présente chaque année
à l'Assemblée Consultative du Conseil de l'Europe un rapport sur
son activité.
Article 3
La Haute Autorité communique chaque année au Comité des Ministres
et à l'Assemblée Consultative du Conseil de l'Europe le Rapport
général prévu à l'article 17 du Traité.
Article 4
La Haute Autorité fait savoir au Conseil de l'Europe la suite
qu'elle a pu donner aux recommandations qui lui auraient été adressées
par le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, en vertu de
l'article 15 (b) du Statut du Conseil de l'Europe.
Article 5
Le présent Traité et ses annexes seront enregistrés auprès
du Secrétariat Général du Conseil de L'Europe.
Article 6
Des accords entre la Communauté et le Conseil de l'Europe
pourront entre autres prévoir toute autre forme d'assistance mutuelle
et de collaboration entre les deux organisations, et, éventuellement,
des formes appropriées de l'une ou de l'autre.
Annexe 4 ANNEXE 4 - RAPPORT AU COMITÉ DES MINISTRES -
présenté par le Comité d'experts en matière de Sécurité sociale
en conclusion de sa seconde Session
Au cours de sa cinquième Session, le Comité des Ministres
a approuvé les conclusions contenues dans le rapport que lui avait
présenté le Comité d'experts en matière de Sécurité sociale à l'issue
de sa première Session (CM (50) 26). Parmi ces conclusions figuraient
celles dont le texte suit :
« Que le Comité d'experts se réunisse périodiquement, la date
de ses réunions étant fixée par le Secrétaire Général du Conseil
de l'Europe et le Président du Comité. »
2. Le Comité d'experts s'est en conséquence réuni à Strasbourg
du 20 au 23 novembre 1950.
Il a tenu les séances suivantes :
le 20 novembre : de 15 h. à 19 h.
le 21 novembre : de 9 h. 45 à 13 h. 15 et de 15 heures
à 17 h. 20.
le 22 novembre : Pas de séance. Le Comité a visité un
certain nombre d'institutions sociales sur l'invitation du Directeur
de la Caisse Régionale de Sécurité sociale de Strasbourg.
le 23 novembre : de 9 h. 30 à 13 heures et de 15 h. 15
à 18 h. 20.
Les États membres étaient ainsi représentés :
BELGIQUE :
1.1 MM. WATILLON, Directeur Général de la Protection sociale,
au Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale,
1.2 DUQUESNE, Chef de Bureau au Ministère du Travail et de
la Prévoyance sociale.
DANEMARK :M. P. JuiIL-ClIRISTENSEN, Chef de Bureau au
Ministère des Affaires sociales.
FRANCE : M. P. LAROQUE, Directeur Général de la Sécurité
sociale au Ministère du Travail.
RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE ALLEMANDENote:
4.1 MM. DOBBERNACK, Conseiller Ministériel
auprès du Ministère du Travail.
4.2 ECKERT, Directeur Ministériel au Ministère du Travail.
GRÈCENote:
M. P. ROZAKIS, Représentant de la Grèce au Conseil de l'Europe.
ISLANDE : N'était pas représentée.
IRLANDE : M. W. MAGUIRE, Secrétaire au Ministère de la
Sécurité Sociale.
ITALIENote:
9.1 M. CARLONI, Chef
de la Division des Questions internationales à l'Institut national
de Sécurité Sociale.
9.2 M. MAZZETTI, Directeur Adjoint à l'Institut national de
Sécurité Sociale.
LUXEMBOURGNote:M.
P. WILWERTZ, Conseiller d'État, Commissaire à l'Office national
du Travail.
PAYS-BAS : M. A. C. M. VAN DE VEN, Chef de la Direction
de la Sécurité sociale au Ministère des Affaires sociales.
NORVÈGE : M. A. KRINGLEBOTTEN, Directeur au Ministère
des Affaires sociales.
SARRE : N'était pas représentée.
SUÈDE : M. E. BEXELIUS, Directeur Général de la Direction
générale de la Prévoyance sociale.
TURQUIE : M. N. TEKUL, Président du Conseil d'Administration
de l'Organisme des Assurances sociales.
ROYAUME-UNI :
16.1 MM.
C. G. DENNYS, C. B., M. C. Directeur au Ministère des Assurances
Nationales.
16.2 T. C. STEPHENS, « Principal » au Ministère des Assurances
Nationales.
La Commission des Questions sociales de l'Assemblée Consultative
était représentée à la séance du 20 novembre par son Bureau, composé
des membres suivants :
MM. P.
J. S. SERRÀRENS, Président,
CHAMPION, Vice-Président,
HEYMAN, Rapporteur.
Les membres du Bureau de la Commission des Questions sociales
ont assisté à diverses autres séances.
Le Bureau International du Travail était représenté par les
observateurs suivants :
MM. MORELLET,
Directeur Général AdjointNote,
A. ZELENKA, Conseiller auprès du B. I. T.
3. La première séance fut ouverte par le Secrétaire Général
du Conseil de l'Europe, qui rappela le mandat confié au Comité d'Experts.
Le Représentant français, M. P. LAROQUE, fut ensuite réélu Président
du Comité.
4. Le mandat du Comité a été fixé par les décisions suivantes
du Comité des Ministres :
a La décision
du 21 mars 1950, par laquelle le Comité des Ministres a institué
le Comité d'Experts pour le charger de l'étude des problèmes posés
par l'extension aux États membres du Conseil de l'Europe de la Convention
multilatérale de Sécurité sociale conclue entre les Puissances du
Pacte de Bruxelles.
b La décision du 4 août 1950, par laquelle le Comité des
Ministres a approuvé les conclusions formulées dans le premier Rapport
du Comité d'Experts, étendant ainsi implicitement le mandat du Comité
aux questions suivantes :
2.1 La
question de savoir s'il serait possible et souhaitable de parvenir
à un accord provisoire général consacrant l'égalité des ressortissants
de tous les pays membres du Conseil de l'Europe avec les nationaux
de chacun de ces pays, au regard des législations de Sécurité sociale,
dès lors que les intéressés résident dans ce pays.
2.2 La possibilité d'admettre, par un accord général ou par
des accords particuliers, les ressortissants de tous les pays membres
du Conseil de l'Europe au bénéfice des conventions bilatérales ou
multilatérales de Sécurité sociale intervenues entre deux ou plusieurs
de ces pays, dès lors qu'ils remplissent les conditions exigées
des nationaux des pays signataires des conventions pour que celles-ci
leur soient applicables.
2.3 La possibilité d'établir entre tous les États membres
une convention générale d'assistance par extension de la Convention
multilatérale d'assistance médicale et sociale conclue entre les
puissances du Pacte de Bruxelles.
c La décision prise par le Comité des Ministres lors de
sa septième Session, après examen de la recommandation de l'Assemblée
Consultative relative à l'adoption d'un Code européen de Sécurité sociale.
Le texte de cette décision est le suivant (
document CM (50) 88, par. 6) :
« Le Comité des Ministres a approuvé le principe de la recommandation
de l'Assemblée relative à un Code européen de Sécurité sociale et
a décidé de charger le comité d'experts sociaux qui se réunira à
Strasbourg le 20 novembre prochain, d'étudier les modalités suivant
lesquelles le problème évoqué par l'Assemblée devrait être traité,
compte tenu de la réunion organisée par l'O. I. T. sur le même problème
pour 1951. »
D'autre part, aux termes de la décision citée au paragraphe
b) ci-dessus, le Comité des Ministres a chargé le Secrétaire Général
du Conseil de l'Europe d'entrer en relation avec l'Organisation
Européenne de Coopération Économique en vue d'éviter tout chevauchement
des travaux dans le domaine de la Sécurité sociale. Le 27 septembre
1950, le Secrétaire Général du Conseil a adressé à ce sujet une
lettre au Secrétaire Général de l'O. E. C. E. qui en a accusé réception,
mais n'a pas fait parvenir jusqu'ici de réponse explicite.
Point 1 de l'ordre du jour : Code européen
de Sécurité sociale
Le Comité était saisi d'un document de travail établi par
le Secrétariat Général (doc.
CM/WP II (50) 16). Le Président de la commission des
Questions sociales de l'Assemblée Consultative, M. J. P. S. SERRARENS,
a fait connaître les raisons qui avaient conduit l'Assemblée à adopter
une recommandation en faveur de ce code. Il faut que l'Europe conserve
sa position d'avant-garde dans le domaine de la Sécurité sociale.
En outre, une coopération économique de plus en plus étroite exige
l'harmonisation des charges sociales dans les pays membres du Conseil
de l'Europe.
Le Code doit offrir un cadre assez large pour que les ratifications
puissent être nombreuses. Il faut qu'il soit élaboré en liaison
étroite avec l'Organisation Internationale du Travail. La Conférence
qui aura à décider de l'adoption du Code devra être constituée sur
la base tripartite d'une représentation des gouvernements, des employeurs
et des travailleurs. La conférence devra être convoquée conjointement
par le Conseil de l'Europe et l'O. I. T.
Le Président déclare que le Comité a deux questions à examiner,
l'une de forme — ou de procédure —, l'autre de principe.
(a) La première question est celle de la méthode à suivre
pour l'élaboration du Code. La Conférence pourrait être convoquée
par l'O. I. T., avec le concours du Conseil de l'Europe, ou par
le Conseil de l'Europe, avec lé concours de l'O. I. T.
(b) La question de principe est la suivante : comment coordonner
les travaux du Conseil de l'Europe et ceux de l'O. I. T. sur le
plan international? La Conférence Internationale du Travail de 1951
discutera probablement les principes d'une Convention mondiale de
Sécurité sociale analogue au Code européen envisagé. L'O. I. T. a
adressé à cette fin un questionnaire à ses membres. Des renseignements
donnés dans les réponses sur la situation actuelle des États membres
de l'O. I. T. (qui comprennent 13 membres du Conseil de l'Europe) ressortiront
les principes qu'il conviendra d'inscrire dans cette convention.
Cette documentation serait, de toute évidence, fort utile aux travaux
du Conseil de l'Europe.
La question du temps entre en jeu. Ce sont les principes de
la Convention de l'O. I. T. qui seront adoptés en juin 1951. Le
Conseil de l'Europe ne peut guère aboutir à des résultats concrets
avant cette date. Une réunion du Comité d'experts pourrait donc
être convoquée en mai 1951 pour étudier les réponses fournies au questionnaire
précité, questionnaire qui, dans l'intervalle aurait été également
adressé à la République Fédérale Allemande et à la Sarre, qui ne
sont pas membres, de l'O. I. T.
En juin 1951, époque où l'on disposera du rapport de la Conférence
Internationale du Travail, le Comité des Experts pourrait se réunir
à nouveau en vue de déterminer les principes qu'il convient d'incorporer
dans le Code européen; il fonderait ses délibérations sur l'attitude
adoptée parles gouvernements intéressés à l'égard de la Convention
de l'O. I. T. La conférence consacrée à l'adoption du Code pourrait
alors être convoquée dès que possible.
M. Morellet explique la position de l'O. I. T. mais il insiste
sur le fait que ses déclarations sont sujettes à l'approbation du
Conseil d'administration de cette Organisation. La préoccupation
principale de l'O. I. T. est le problème de la coordination. Il
n'existe pas d'obstacle constitutionnel qui puisse empocher l'O.
I. T. d'organiser une conférence régionale et d'adopter une convention
régionale. M. Morellet considère que la Conférence en question devrait
être convoquée par l'O. I. T. et par le Conseil de l'Europe, agissant
de concert.
Le Rapporteur de la commission des Questions sociales de l'Assemblée
Consultative, M. Heyman, souligne que la question de procédure a
déjà fait l'objet d'une décision du Comité des Ministres, conformément
à la recommandation de l'Assemblée Consultative.
L'O. I. T. est libre de convoquer des conférences régionales,
mais ses membres européens ne sont pas nécessairement les mêmes
que ceux du Conseil de l'Europe. Il est donc important que ce soit
le Conseil de l'Europe qui prenne l'initiative de convoquer la conférence,
ce qui est conforme à la décision du Comité des Ministres.
En ce qui concerne le problème de l'harmonisation des charges
sociales, M. Heyman souligne la nécessité d'examiner tant les salaires
que les prélèvements effectués au titre de la sécurité sociale,
puisque l'un et l'autre de ces éléments influent sur le coût de
la production.
Le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe ayant indiqué
que le Comité des Ministres souhaitait avoir l'avis du Comité d'experts
sur la procédure de convocation de la Conférence Européenne du Travail,
celui-ci a estimé que, dans la mesure où il était nécessaire de
prendre immédiatement position sur ce point, la procédure permettant
la collaboration la plus étroite entre l'Organisation Internationale
du Travail et le Conseil de l'Europe serait celle de la convocation
conjointe de la conférence par ces deux organisations.
Après avoir discuté à nouveau les méthodes propres à établir
une coordination entre les travaux du Conseil de l'Europe et ceux
de l'O. I. T. et les moyens de profiter au mieux des travaux de
cette organisation, le Comité d'experts a décidé de formuler les
Recommandations suivantes, sous réserve de l'accord de l'O. I. T.
:
a Les États membres du Conseil
de l'Europe devraient transmettre au Secrétariat Général leurs réponses au
Questionnaire du B. I. T. relatif aux normes de sécurité sociale.
Ces réponses devraient ensuite être communiquées aux gouvernements
des États membres ainsi qu'à chacun des membres du Comité d'experts.
b Ledit Questionnaire devrait être soumis aux gouvernements
de la République Fédérale allemande et de la Sarre. Leurs réponses
devraient être adressées au Secrétariat Général du Conseil de l'Europe,
afin qu'elles puissent être examinées par le Comité des experts
au cours de sa prochaine réunion
Note.
c Le Bureau International du Travail serait invité à procéder,
en collaboration avec les experts en la matière, à une étude comparée
du coût de la sécurité sociale dans les États membres du Conseil
de l'Europe, ce coût étant rapproché de la masse des salaires, ainsi
que de toutes les interventions financières contribuant à améliorer
le niveau de vie des travailleurs. Les résultats de cette étude
seraient communiqués aux experts avant la prochaine session du Comité
Note.
d Le Comité d'experts devrait se réunir en mai 1951 pour
examiner en commun le rapport établi par le B. I. T. en vue de la
Conférence Internationale du Travail de juin 1951, ainsi que les
documents indiqués à l'alinéa c) ci-dessus. Il s'efforcerait de
définir la position des États membres du Conseil de l'Europe à l'égard
des questions soumises à la Conférence Internationale du Travail
et procéderait à un premier examen du contenu possible d'une Convention
européenne.
e Après la Conférence Internationale du Travail, le Comité
d'experts se réunirait à nouveau afin d'examiner la situation telle
qu'elle se présentera à la suite de cette Conférence. A ce moment,
le Comité serait en mesure d'adopter une attitude précise en ce
qui concerne les principes du Code européen.
f Le Comité d'experts au cours de sa session suivant la
réunion de la Conférence Internationale du Travail de juin, rechercherait
la date la plus rapprochée à laquelle il lui paraîtrait possible
de proposer la convocation de la conférence européenne.
Point 2 de l'ordre du jour : Principes
des traités bilatéraux en matière de sécurité sociale, notamment à
la lumière des négociations récemment engagées entre la France et
les Pays Scandinaves.
Le Président fait un exposé relatif aux négociations engagées
entre la France et les Pays Scandinaves. Des conventions bilatérales
sont en voie de conclusion entre :
La
France et le Danemark,
La France et la Norvège,
La France et la Suède.
Des projets de convention ont déjà été établis et soumis à
l'approbation des gouvernements. Un projet de convention multilatérale
entre ces quatre pays a également été mis au point.
Les conventions bilatérales couvrent l'assurance maladie,
maternité, décès, vieillesse, accidents du travail, maladies professionnelles
et allocations familiales. Le but poursuivi est de rendre possible
la totalisation des périodes d'assurance et le maintien des droits
acquis, lorsqu'une personne assurée quitte un pays pouf un autre.
La principale difficulté à laquelle on s'est heurté en établissant
ces projets de conventions, a été soulevée par les pensions de vieillesse,
du fait qu'en Scandinavie le système adopté en matière de vieillesse
ne se fonde pas sur les cotisations. Les ressortissants de l'un
de ces pays, lorsqu'ils sont en âge d'être pensionnés, sont, sans
aucune condition, même de résidence, en droit de toucher une pension
complète qui est financée par un impôt ordinaire. Ce système diffère
de ceux que pratiquent la plupart des pays européens, où les pensions
de vieillesse dépendent des cotisations versées par les personnes
assurées et sont proportionnelles à ces versements.
Quand deux pays qui pratiquent l'un et l'autre le système
contributif, concluent un accord relatif à la totalisation des périodes
d'assurance, le système généralement adopté est que le versement
des pensions est à la charge des pays intéressés, compte tenu du
total des périodes accomplies par l'assuré dans les deux pays, mais
de telle manière que chaque pays doit verser une fraction de la
pension correspondant au rapport entre le temps passé dans ce pays
et la période globale prise en considération. Ce système n'a pu
être appliqué dans le cas en question. D'ailleurs, les pays Scandinaves
appliquent entre eux un autre système, d'après lequel une résidence
de cinq ans dans l'un d'eux donne le droit d'y toucher une pension
complète. Ces pays auraient préféré adopter une formule permettant
d'éviter le transfert de fonds d'un pays à l'autre.
La solution à laquelle ont abouti la France et les pays Scandinaves
groupe des éléments de l'un et l'autre système. Comme les détails
en seront fournis par les conventions mêmes, on n'a pas jugé utile
de les donner ici.
La nature particulière du cas a toutefois rendu nécessaire
d'établir une distinction entre les personnes en âge d'être pensionnées
résidant en France, d'une part, et de l'autre les personnes résidant
dans un Pays Scandinave, par exemple la Norvège.
Une personne résidant en France aura droit à une pension calculée
en fonction du temps de sa résidence en Norvège et de la période
d'assurance qu'elle a accomplie en France. Comme il serait impossible
de fixer la fraction de pension de vieillesse du type norvégien
à laquelle le bénéficiaire aurait droit du fait de sa résidence en
Norvège, le gouvernement norvégien remboursera à la France, non
une partie de la pension norvégienne, mais une partie de la pension
française.
D'autre part, une personne résidant en Norvège aura droit,
conformément aux dispositions de la loi norvégienne, à une pension
complète, et la France devra rembourser la partie de la pension
à laquelle cette personne aurait eu droit du fait des cotisations
versées par elle en France.
La convention multilatérale établit entre les conventions
bilatérales un lien tel qu'il puisse permettre son extension à d'autres
pays.
Les points suivants ont fait l'objet d'une discussion :
a Serait-il possible que le Comité
dresse un plan général des négociations bilatérales qui doivent
se tenir entre les États membres et en fixe la date, en prenant
en considération le temps dont dispose chaque gouvernement et en
donnant la priorité aux négociations les plus importantes?
b Étant donné qu'un réseau complet de conventions bilatérales
entre les États membres se composerait de 105 conventions, serait-il
possible, une fois conclues un certain nombre de conventions importantes, de
remplacer les autres par une Convention multilatérale?
Il ne s'agirait pas là d'une Convention multilatérale du type
de celle conclue entre les puissances du Traité de Bruxelles ou
de celle négociée entre la France et les pays Scandinaves, conventions
qui toutes deux se superposent à un réseau de conventions bilatérales
en vue de les coordonner. Ce serait une Convention multilatérale
destinée à compléter un réseau de conventions bilatérales de manière
à en rendre les principes également applicables aux pays qu'elles
ne couvrent pas directement.
En ce qui concerne le point a), la majorité des membres ont
paru considérer que leurs gouvernements ne pourraient s'engager
ni à se conformer à un programme rigide, ni à donner la priorité
à certaines négociations.
Certains membres ont exposé les plans de leurs gouvernements
respectifs en ce qui concerne les négociations bilatérales comme
suit :
Les Pays-Bas entameraient des négociations avec l'Italie en
avril 1951 et désireraient négocier avec les pays Scandinaves en
septembre 1951.
Le Royaume-Uni négocie actuellement avec huit des États membres
du Conseil de l'Europe et, d'autre part, avec certains États qui
n'appartiennent pas au Conseil.
L'Italie désire arrêter comme suit son plan de négociations
:
1 Février 1951 Royaùme-Uni
2 Avril 1951 Pays-Bas
3 Octobre 1951
3.1 Danemark
3.2 Norvège
3.3 et Suède
4 Novembre 1951 - Luxembourg.
La France n'a pas de plans immédiats, mais elle a conclu des
accords avec 10 des États membres du Conseil de l'Europe.
Le Comité a décidé que, pour l'instant, il ne pouvait que
prendre note des informations ci-dessus.
Il a décidé, en outre, d'inviter le Secrétariat Général à
soumettre au Comité, à intervalles réguliers ou, tout au moins,
à chaque session du Comité, une liste montrant les progrès des négociations
bilatérales. Cette liste devrait fournir des informations sur les
négociations en cours, aussi bien que sur les accords signés, ratifiés
et appliqués.
En ce qui concerne lè point (b), la Comité a décidé que, pour
l'instant, il ne pouvait que prendre note de la possibilité d'établir
une telle Convention multilatérale complémentaire.
Point 3 de l'ordre du four : Formules-types
pour la terminologie des traités bilatéraux.
Aucune proposition concrète n'ayant été présentée à ce sujet,
le Président a déclaré qu'il serait utile de s'assurer que les différents
pays abordaient les mêmes problèmes de la même manière; du fait
que de nombreuses conventions bilatérales ont déjà été conclues
en matière de sécurité sociale, il y aurait intérêt, partout où
ce sera possible, à ce que le texte des nouvelles conventions fût
établi sur le modèle des conventions déjà existantes.
Toutefois, le Comité a estimé qu'il n'était pas possible d'établir
dans l'abstrait une « Convention type » pouvant servir de modèle
dans tous les cas qui se présenteront à l'avenir.
Point 4 de l'ordre du jour : Possibilité
et opportunité d'un accord général consacrant l'égalité des ressortissants
de tous les pays membres du Conseil de l'Europe avec les nationaux
de chacun de ces pays, au regard des législations de sécurité sociale,
dès lors que les intéressés résident dans ce pays.
Comme documents de travail relatifs à ce point de l'ordre
du jour, le Comité disposait de memoranda présentés par les gouvernements
suivants :
France, Irlande, Pays-Bas, Norvège et Royaume-Uni. Un memorandum
émanant du gouvernement danois est arrivé pendant la séance, mais
n'a pu être préparé aux fins de distribution.
Le Président explique que le but d'un accord provisoire de
ce genre serait de produire certains résultats temporaires, en attendant
la conclusion de conventions bilatérales de sécurité sociale. L'accord
aurait donc un caractère strictement provisoire. Le Président déclare
que les memoranda reçus semblent favorables à la proposition, bien
que certains d'eux, notamment la Norvège, formulent quelques réserves
sur l'égalité de traitement ce en qui concerne les pensions de vieillesse.
Les membres du Comité, après un examen d'ensemble du problème
posé par l'établissement d'un tel accord, sont parvenus aux conclusions
suivantes :
a Il est possible et
souhaitable de réaliser, dans un délai rapproché, un accord général
couvrant les branches de la sécurité sociale autres que la vieillesse,
l'invalidité et les pensions de survivants
Note. Cet accord garantirait dans
chaque pays, l'égalité des ressortissants de tous les pays membres
du Conseil de l'Europe avec les nationaux du pays intéressé, au
regard des législations de ces diverses branches, sous la double
condition :
1.1 Que les intéressés
aient, dans le pays, leur résidence effective et permanente; et
1.2 Que clans la mesure où il s'agit de l'application de législations
visant la couverture de risques, les risques soient survenus après
le moment où les intéressés ont installé leur résidence dans le
pays. L'accord ne couvrirait que les législations en vigueur à la
date de sa signature. Il s'étendrait cependant aux législations
nouvelles si, dans un délai de trois mois à comjiter de l'intervention
de celles-ci, le pays intéressé ne notifiait pas aux autres pays
signataires son opposition à cette extension. Le représentant de
l'Irlande a déclaré que son gouvernement serait contraint de formuler
une réserve sur l'extension automatique de l'accord en cas d'absence
de notification. Le gouvernement irlandais préfère procéder par
voie de conventions bilatérales, et une telle extension n'est pas
suffisamment en accord avec cette méthode. Il faut en outre tenir
compte du fait que la législation existante ne prévoit pas d'accords
de réciprocité en ce qui concerne les systèmes non contributifs.
L'accord porterait sur les législations intéressant les branches
suivantes de la sécurité sociale :
Accidents
du travail et maladies professionnelles ;
Maladies et maternité;
Décès (à l'exclusion des pensions de. survivants);
Allocations familiales;
Chômage (sous réserve des exigences éventuelles d'une
certaine durée de travail dans le pays considéré, ne pouvant excéder...).
Le représentant du Royaume-Uni a fait observer que son gouvernement
serait obligé de formuler une réserve en ce qui concerne les allocations
familiales; en effet, la législation en vigueur dans son pays, qui impose
aux étrangers un délai de résidence supérieur à celui exigé des
nationaux, exclut jusqu'à présent toute possibilité d'accord de
réciprocité en la matière.
b En ce qui concerne les pensions de vieillesse, d'invalidité
et de survivants, il a été constaté qu'il était impossible de parvenir
à un accord provisoire général consacrant l'égalité des ressortissants
des pays membres du Conseil de l'Europe et des nationaux.
En effet, la législation du Danemark, de la Norvège et de
la Suède ouvrant le droit à pension aux nationaux de ces pays sans
aucune condition de contribution ou même de durée de résidence,
l'on ne concevrait pas qu'un tel régime pût s'appliquer à des étrangers
sans qu'une réciprocité fût garantie dans les autres pays aux ressortissants
des pays Scandinaves. Or, dans les pays dont la législation repose
sur le système contributif, une réciprocité réelle implique la totalisation
des périodes passées dans les divers pays, laquelle -ne peut être réalisée
que par des accords bilatéraux exigeant une longue et minutieuse
mise au point. L'Irlande se trouve actuellement dans une situation
analogue à celle des pays Scandinaves, et sa législation existante
ne prévoit pas d'accords de réciprocité en ce qui concerne les systèmes
non contributifs.
Il a été décidé, dans ces conditions, d'envisager dans ce
domaine un accord provisoire limité aux pays autres que le Danemark,
la Norvège, la Suède et l'Irlande. Cet accord consacrerait le principe
de l'égalité des ressortissants des pays signataires et des nationaux
au regard tant des régimes contributifs que des régimes non contributifs
existants dans les pays de résidence des intéressés. Toutefois,
le droit aux pensions non contributives serait subordonné à une
résidence ininterrompue de cinq ans, à la date de l'ouverture du
droitNote.
D'autre part, il a été admis qu'un pays comme le Royaume-Uni,
qui offre aux étrangers, à défaut de la pension non contributive
elle-même, le droit à une allocation d'un montant égal attribué
dans des conditions analogues, satisferait à la règle d'égalité.
Le bénéfice de l'accord provisoire serait limité aux personnes
résidant do manière effective et permanente dans le pays débiteur
des pensions.
Le représentant de l'Italie aurait souhaité que l'accord pût
s'appliquer aux bénéficiaires de pensions quittant le territoire
du pays débiteur.
Le Bureau International du Travail serait invité à préparer,
en liaison avec le Secrétariat Général du Conseil de l'Europe, le
texte des deux accords qui serait adressé aux experts avant le 1er
avril 1951 pour être examiné par le Comité à sa session de mai.
Point 5 de l'ordre du jour : Possibilité
d'admettre, par un accord général ou par des accords particuliers,
les ressortissants de tous les États membres au bénéfice des conventions
bilatérales et multilatérales intervenues entre deux ou plusieurs
de ces pays, dès lors qu'ils remplissent les conditions exigées
des nationaux des pays signataires.
Les documents de travail du Comité, sur ce point, étaient
constitués par les memoranda présentés par un certain nombre de
gouvernements et mentionnés au paragraphe précédent.
Après discussion, le Comité a décidé de recommander que l'extension
envisagée, aux ressortissants des États membres autres que les États
signataires, des conventions bilatérales ou multilatérales existant
à l'heure actuelle, fût réalisée par le moyen d'un accord multilatéral
général plutôt que par la voie d'accords particuliers.
Cet accord général devra définir les- clauses des conventions
bilatérales ou multilatérales qui feront l'objet de cette extension,
savoir :
a totalisation des périodes
d'assurance ou de résidence;
b clauses relatives à la détermination de la législation
applicable en fonction du lieu de travail ou de résidence des intéressés;
c paiement des prestations sur le territoire d'autres pays
contractants, à l'exclusion de pays tiers.
L'accord général s'appliquerait à toutes les branches de la
Sécurité sociale autres que la vieillesse, l'invalidité et les pensions
de survivants (dans la mesure où l'invalidité et les droits des
survivants ne sont pas régis par les législations sur les accidents
du travail et les maladies professionnelles).
Un accord supplémentaire serait envisagé entre les pays autres
que les pays Scandinaves et l'Irlande. Cet accord appliquerait les
mêmes principes aux dispositions des conventions concernant la vieillesse,
l'invalidité et les pensions de survivants.
Le Comité a décidé de demander au Bureau International du
Travail de préparer, en liaison avec le Secrétariat Général du Conseil
de l'Europe, les projets de ces accords.
Le représentant de l'Irlande a demandé qu'il fût mentionné
que son gouvernement préférait un accord réalisé par la voie de
conventions bilatérales.
Point 6 de l'ordre du four : Échange de
renseignements sur la Sécurité sociale entre les États membres du
Conseil de l'Europe.
Le Comité d'Experts ayant décidé au cours de sa première session,
de recommander aux États membres d'échanger, par l'intermédiaire
du Secrétariat Général, des renseignements sur leurs systèmes de
Sécurité sociale, en insistant particulièrement sur la situation
réservée aux étrangers dans ces systèmes, lé Secrétariat Général
avait préparé pour la présente session un document de travail qui
formulait certaines suggestions en vue de l'exécution de cette recommandation
(Doc. CM/WP 11 (50) 18).
Après un échange de vues relatif à la méthode qu'il conviendrait
d'adopter pour recueillir et diffuser les informations en questions,
à la nécessité d'éviter les doubles emplois avec d'autres organisations
et à l'opportunité de désigner dans chaque pays un service qui,
dans ce domaine, serait chargé de se tenir en contact avec le Secrétariat
Général du Conseil de l'Europe, le Comité a décidé de formuler les recommandations
suivantes :
a Informations sur l'état
actuel de la Sécurité sociale. Il conviendrait de prendre pour base
le sommaire des législations de Sécurité sociale en vigueur dans
les États membres de l'O. I. T., qui a été préparé par le Bureau
International du Travail. Dans chaque pays, le Ministère compétent
devrait reviser les informations données dans le sommaire du B.
I. T. en vue de procéder aux modifications et adjonctions qui pourraient
se révéler nécessaires. Les résultats de cette révision devraient
être communiqués au Secrétariat Général du Conseil de l'Europe,
ainsi qu'au Bureau International du Travail. Les gouvernements de
la République Fédérale Allemande et de la Sarre devraient être invités
à transmettre des informations sur leurs systèmes de Sécurité sociale
en s'inspirant du modèle des sommaires du B. I. T.
b Informations sur les faits nouveaux intervenus. Chaque
gouvernement Membre devrait, par l'intermédiaire de son service
compétent, transmettre au Secrétariat Général du Conseil de l'Europe, des
exemplaires des documents officiels imprimés relatifs aux événements
importants intervenus dans le domaine de la Sécurité sociale, notamment
ceux qui affectent la situation réservée aux étrangers en matière
de Sécurité sociale. Au surplus, chaque gouvernement Membre devrait
transmettre une fois par an au Secrétariat Général une étude sur
les faits nouveaux qui seraient intervenus. Cette étude devrait être
basée sur un questionnaire dont le texte a été approuvé par le Comité
d'experts et qui est annexé au présent rapport. Il pourrait être
indiqué de combiner la transmission de ces informations avec la transmission
annuelle au B. I. T. des informations relatives à l'application
des Conventions internationales du Travail.
c Contacts entre les gouvernements et le Secrétariat Général.
En vue du rassemblement des informations en question, le Secrétariat
Général devrait être habilité à correspondre directement avec le
service compétent de chaque pays. Chaque gouvernement devrait désigner
un Ministère qui serait chargé de maintenir le contact avec le Secrétariat
Général, même si les questions de Sécurité sociale sont traitées par
plusieurs Ministères.
d Mode de diffusion des informations. Le Secrétariat Général
du Conseil de l'Europe devrait, en collaboration avec le 0. I. T.
et les autres organisations intéressées, envisager la possibilité
de publier un bulletin périodique où seraient reproduites lesdites
informations.
e Informations spéciales sur la situation faite aux étrangers
dans les systèmes de Sécurité sociale des Etats membres.Le projet
de document dans lequel le Secrétariat Général a présenté ces informations (
Doc. CM WP II (50) 18,
annexe I) devrait être révisé par les autorités compétentes de chaque
État membre. Les corrections et adjonctions nécessaires devraient
être communiquées au Secrétariat Général avant le 15 janvier 1951.
Le document ainsi révisé serait alors distribué aux gouvernements Membres.
Point 7 de l'ordre du jour : Constitution
d'un sous-comité chargé d'étudier la possibilité d'établir entre les
Etats membres une convention générale d'assistance sociale et médicale
par extension de la convention conclue entre les puissances du Pacte
de Bruxelles dans ce domaine.
Le problème de l'assistance publique étant différent de celui
de la Sécurité sociale et les experts en matière de Sécurité sociale
n'étant donc pas nécessairement compétents pour traiter ce problème,
le Comité a décidé de recommander aux gouvernements Membres de désigner
des experts spéciaux qui seraient chargés de formuler des recommandations
en la matière. Ce Comité devrait être convoqué dès que possible.
Le Comité d'experts en matière de Sécurité sociale juge souhaitable
que sa prochaine session se tienne au début du mois de mai 1951.
Il présume en effet qu'il pourra alors disposer du rapport du Bureau
International du Travail, établi sur la base des réponses au Questionnaire
relatif aux normes de Sécurité sociale.