Le 16 septembre 2015, le Président ukrainien Petro Porochenko a imposé des sanctions à des centaines de personnes physiques et morales, dont 42 journalistes originaires de la Fédération de Russie (14), de Lettonie (4), de Moldova (4), de Pologne (3), d’Estonie (2), de Hongrie (2), de "l’ex-République yougoslave de Macédoine" (2), de Slovaquie (2), d’Espagne (2), d’Allemagne, de Suisse et de Bulgarie. Il y avait parmi eux des journalistes de la BBC, de El País, de die Zeit, de la chaîne RT, des agences Tass et RIA Novosti, de la chaîne de télévision NTV, de Channel One, de la nouvelle chaîne Russia-24, etc. L’ensemble des personnes énumérées ci-dessus sont interdites de séjour en Ukraine.
Sous la pression d’organisations européennes (OSCE, Union européenne), de responsables politiques européens, de médias (la BBC en particulier), du Département d’Etat américain et du président de l’association des correspondants des Nations Unies, M. Porochenko a raccourci sélectivement la liste en biffant les noms de six journalistes seulement de médias britanniques (la BBC), allemands et espagnols, en soulignant que «la liberté de la presse est une valeur suprême» pour lui.
En particulier:
Néanmoins, 36 journalistes de dix pays restent toujours frappés d’interdit.
Les mesures de cette nature des autorités ukrainiennes sont contraires au droit international et aux engagements internationaux de l’Ukraine, y compris en tant qu’Etat membre du Conseil de l’Europe, en particulier ainsi que l’envisagent l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, le paragraphe 14 de la Résolution 428 (1970) de l’Assemblée parlementaire intitulée «Déclaration sur les moyens de communication de masse et les droits de l’homme”; le paragraphe 7.ii de la Résolution n° 2 «Repenser le cadre de régulation des media» de la Cinquième conférence ministérielle européenne sur la politique des communications de masse (Thessalonique, 11-12 décembre 1997) et d’autres documents pertinents du Conseil de l’Europe.
M. Pushkov
demande au Comité des Ministres,
en ce qui concerne les mesures précitées du Président ukrainien faisant obstacle aux activités des journalistes, d’évaluer les sanctions ukrainiennes et d’apprécier si elles sont conformes aux principes de liberté des médias.