République fédérale de Yougoslavie – développements récents
Réponse à Recommandation
| Doc. 9005
| 21 mars 2001
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Réponse conjointe aux Recommandations 1481 (2000) et 1491 (2000) de l’Assemblée parlementaire, adoptée par le Comité
des Ministres le 14 mars 2001, lors de la 745e réunion
des Délégués des Ministres. 2001 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1491
(2001)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres
a étudié attentivement la
Recommandation 1481
(2000) de l’Assemblée parlementaire relative à la situation
dans la République fédérale de Yougoslavie, et la
Recommandation 1491 (2001) de l’Assemblée parlementaire relative à la République
fédérale de Yougoslavie – Développements récents. Il souhaite rappeler
que des développements importants sont intervenus depuis l’adoption
de ces textes dans les relations du Conseil de l’Europe avec la
République fédérale de Yougoslavie, notamment l’attribution du «statut
d’invité spécial» au parlement de ce pays.
Les Délégués des Ministres continuent à suivre de près les
développements en République fédérale de Yougoslavie (RFY), notamment
dans le sud du pays. Ils ont exprimé leur ferme soutien à la stabilité
dans la région et leur condamnation de tout acte de violence. Ils
appellent à la solution des problèmes par la voie de la négociation
et du dialogue.
2. S’agissant du paragraphe 1.ii
de la
Recommandation
1481, le Conseil de l’Europe a créé une mission pour la RFY,
dirigée par l’envoyé spécial du Secrétaire Général, qui coordonnera
les bureaux du Conseil de l’Europe dans le pays. Un bureau à Belgrade
(compétent pour les relations avec les autorités fédérales et serbes),
dirigé par un représentant spécial du Secrétaire Général, est en
cours d’établissement, sur la base d’un arrangement de partage de
locaux avec la Mission de l’OSCE. Le bureau déjà existant à Podgorica
est compétent pour les relations avec le Monténégro, et le bureau
du Conseil de l’Europe à Priština continuera à fonctionner dans
le cadre de la Résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations
Unies. Les activités d’assistance et de coopération du Conseil de
l’Europe en RFY seront étroitement coordonnées sur place avec la
Mission de l’OSCE selon l’échange de lettres signées par les secrétaires
généraux des deux organisations le 15 février 2001.
L’ouverture officielle de la Mission de l’OSCE et du bureau
du Conseil de l’Europe à Belgrade aura lieu le 16 mars 2001, en
présence du Président en exercice de l’OSCE et du Secrétaire Général
du Conseil de l’Europe. Le Président du Comité des Ministres se
rendra lui aussi à Belgrade pour une visite officielle du 19 au
21 mars.
3. En ce qui concerne le paragraphe 5.i
de la
Recommandation 1491, sur la base d’une première évaluation des besoins et
d’un certain nombre de visites du Secrétariat, le Conseil de l’Europe
a élaboré un programme d’activités de coopération prioritaires avec
la RFY (résumées dans le document SG/Inf(2000)48), qui comprennent
des activités visant à renforcer des institutions démocratiques,
les droits de l’homme et l’Etat de droit, notamment dans les domaines
du système judiciaire et de la police, que mentionne le paragraphe 1.i de
la
Recommandation 1481. Des expertises ont été fournies notamment sur la politique
en matière de l’enseignement supérieur, sur les médias et sur les
minorités.
4. Un certain nombre d’activités prioritaires ont déjà été mises
en œuvre, dont la 2e Conférence sur la réforme
des médias tenue en décembre 2000, qui a ouvert la voie à une assistance
du Conseil de l’Europe dans l’élaboration de la nouvelle législation
des médias. Se référant en particulier au paragraphe 5.iv de la
Recommandation 1491, la Commission européenne et le Conseil de l’Europe
discutent actuellement d’une proposition conjointe pour promouvoir
des réformes juridiques approfondies dans le domaine des médias.
Un premier pas pourrait être d’apporter une assistance urgente aux
experts sur les médias qui préparent un nouveau cadre juridique
dans ce domaine (le Groupe juridique du Centre des médias de Belgrade
et le Groupe national de travail (NWG) établis dans le cadre de
la
Task force des médias du
Pacte de stabilité.
5. La Conférence sur la compatibilité de la législation et des
pratiques de la RFY avec les normes européennes, en particulier
relatives aux droits de l’homme (Belgrade, 16-17 février 2001) (voir paragraphe 5.vi
de la
Recommandation
1491) a joué un rôle important dans le lancement du programme
des réformes législatives et autres à entreprendre par les autorités
fédérales et de la république. Cette conférence, caractérisée par
une participation à haut niveau des autorités fédérales, de la république
et du Secrétariat, a amené à l’adoption d’un programme prioritaire
afin de soutenir la RFY en renforçant les droits de l’homme et l’Etat
de droit en vue de remplir les conditions pour son adhésion au Conseil
de l’Europe.
Un projet de programme consolidé de coopération avec la RFY,
qui englobe les activités initiales agréées avec les autorités yougoslaves
et les nouvelles propositions formulées à l’issue de la conférence,
a été élaboré par le Secrétariat. Le Comité des Ministres a apporté
son soutien à ce projet et examine actuellement les modalités de
sa mise en œuvre.
6. L’envoyé spécial du Secrétaire
Général a participé à la Conférence organisée à Belgrade les 2 et
3 février 2001, par le ministère fédéral des Minorités nationales
et ethniques, sur le développement d’une société multiculturelle
et multinationale (paragraphe 5.v de la
Recommandation 1491). Cette conférence a marqué une étape importante dans
la nouvelle approche politique des autorités fédérales et de la
Serbie concernant les relations avec les communautés et minorités
nationales et ethniques, y compris les Rom, leur reconnaissance et
leur intégration dans la société et l’Etat. Il a contribute aux
préparations pour des nouvelles législations ainsi qu’à une sensibilisation
du public, en liaison avec la participation de la RFY dans la Campagne
de sensibilisation pour promouvoir la société multiethnique et la
citoyenneté démocratique pour tous – projet Link Diversity du Conseil
de l’Europe/Pacte de stabilité. En ce qui concerne le premier, des
propositions ont été formulées à propos du programme spécifique
d’assistance sur l’élaboration de la législation relative aux communautés
et minorités nationales et ethniques. Le Comité des Ministres attache
la plus haute importance au respect des droits des minorités nationales
et des communautés ethniques en RFY, compte tenu également de la
demande de la RFY d’adhérer à la Convention-cadre pour la protection
des minorités nationales.
7. Pour favoriser une action multilatérale complémentaire dans
la RFY, le Secrétaire Général a organisé le 19 décembre 2000, à
Strasbourg, une réunion de coordination à laquelle ont participé
l’OSCE, la Commission européenne, l’administration du Pacte de stabilité
et les institutions de l’Onu concernées ayant leur siège à Genève.
La RFY participe pleinement à tous les projets multilatéraux menés
par le Conseil de l’Europe au sein du Pacte de stabilité depuis
l’admission du pays en tant que participant de plein droit au Pacte de
stabilité en octobre 2000. Dans ce cadre, le Conseil de l’Europe
contribue à travers son programme Paco (programme contre la corruption
et le crime organisé) à un grand projet régional contre la corruption
et le crime organisé, qui est en train d’être étendu à la RFY. De
même, la pleine participation de la RFY aux divers projets du Conseil
de l’Europe menés sous l’égide du Pacte de stabilité est en cours
d’examen.
8. Dans ses travaux en RFY, la mission et les bureaux du Conseil
de l’Europe ont pour instruction d’aider au maximum les organisations
internationales compétentes, notamment les institutions de l’Onu
et les ONG humanitaires, pour le retour ou l’intégration, le cas
échéant, des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur du
pays.
9. Etant donné qu’aucune ligne budgétaire n’a été incluse dans
le budget pour 2001 pour les activités de coopération avec la RFY,
un nombre de contributions volontaires a déjà été promis, en vue
de commencer à mettre ce programme en œuvre.