En 2013, feu Jim Dobbin et 19 de ses collègues ont déposé une proposition de résolution sur la dépendance involontaire aux tranquillisants, qui suggérait à l’Assemblée parlementaire d’inviter les États membres, compte tenu des implications individuelles et de santé publique, à reconnaître que la dépendance involontaire aux tranquillisants est une maladie grave, à imposer des directives concernant la prescription conformément à leurs propres réglementations et à ouvrir des services spécialisés de sevrage des tranquillisants.
Les implications individuelles et de santé publique de la dépendance involontaire à toute une gamme de médicaments délivrés sur ordonnance (analgésiques, tranquillisants, stimulants et antidépresseurs) sont de plus en plus manifestes ces dernières années. De fait, des recherches récentes montrent que l’épidémie très connue de dépendance aux analgésiques opioïdes qui frappe les États-Unis s’est propagée jusqu’en Europe: la prescription d’un analgésique est associée à un risque huit fois plus élevé d’utilisation ultérieure non médicale d’analgésiques délivrés sur ordonnance. Ce risque est dix fois plus élevé pour les sédatifs et sept fois plus élevé pour les stimulants.
Aucun patient ne commence à prendre des médicaments prescrits par un médecin avec l’intention d’en devenir dépendant. En général, les gens commencent à prendre:
Un modèle punitif de type « guerre contre les médicaments » n’est pas adapté à la gestion de la dépendance involontaire aux médicaments délivrés sur ordonnance. Au lieu de cela, l’Assemblée devrait recommander aux États membres d’appliquer un modèle de santé publique, dans l’intérêt de toutes les personnes concernées. Les recommandations clés – qui pourraient être coordonnées par le Groupe Pompidou du Conseil de l’Europe – devraient comprendre, d’une part, l’élaboration et l’application de lignes directrices adéquates en matière de prescription garantissant que les patients qui ont besoin de ces médicaments y aient effectivement accès, et, d’autre part, le suivi de l’utilisation et la prévention (et si nécessaire le traitement rapide) de la dépendance involontaire.