Traitement extraterritorial des demandes d’asile et création de centres d’accueil sûrs pour les réfugiés à l’étranger
Réponse à Recommandation
| Doc. 14773
| 05 décembre 2018
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1330e réunion des Délégués des Ministres
(28 novembre 2018). 2019 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2135
(2018)
1. Le Comité des Ministres
a soigneusement examiné la
Recommandation
2135 (2018) sur le «Traitement extraterritorial des demandes d’asile
et création de centres d’accueil sûrs pour les réfugiés à l’étranger».
Il a transmis la recommandation au Comité directeur pour les droits
de l’homme (CDDH) et au Comité européen de coopération juridique
(CDCJ) pour information et observations éventuelles.
2. Le Comité des Ministres est extrêmement conscient des dangers
auxquels sont confrontés les migrants et les réfugiés dans leurs
tentatives pour arriver en Europe, notamment du fait des passeurs
d’immigrants clandestins et des trafiquants. Il reconnaît également
que le traitement extraterritorial des demandes d’asile peut entraîner
des avantages, mais aussi des situations complexes, même en tant
que moyen exceptionnel et limité d’accorder la protection. Dans
ce contexte, il a porté la
Résolution
2227 (2018) à l’attention des États membres.
3. Pour ce qui est du paragraphe 2.11 de la
Recommandation 2135 (2018) de l’Assemblée parlementaire, le Comité des Ministres
rappelle que la portée personnelle de l’Accord européen relatif
à la suppression des visas pour les réfugiés est limitée aux réfugiés
qui sont résidents sur le territoire d’une partie contractante et que
cela exclut donc en principe les personnes qui pourraient se voir
accorder le statut de réfugié ailleurs et avant de devenir résidents.
Il ne s’applique pas non plus aux personnes bénéficiant d’autres
formes de protection internationale.
4. Le Comité des Ministres note qu’avant de se demander s’il
faudrait ou non entamer des travaux pour réviser l’Accord européen
relatif à la suppression des visas pour les réfugiés, il conviendrait
d’approfondir l’analyse pour savoir si de nouvelles normes internationales
sont nécessaires pour traiter les problèmes soulevés par l’Assemblée
parlementaire, s’il y a au sein des États membres un soutien politique
pour élaborer de nouvelles normes, et dans l’affirmative, quelle
devrait en être la forme (révision d’instruments existants ou adoption
de nouveaux instruments). De plus, il note que la Convention en
question est antérieure à l’Union européenne et n’a été ratifiée
que par 23 États membres, deux d’entre eux en ayant suspendu l’application. Á la
lumière de ces considérations, le Comité des Ministres ne considère
pas qu’il existe pour l’instant de raisons impérieuses de modifier
l’Accord européen relatif à la suppression des visas pour les réfugiés.
5. En ce qui concerne les paragraphes 2.1.2 et 2.2 de la Recommandation,
le Comité des Ministres informe l'Assemblée que, à la suite du rapport
du Secrétaire Général sur le passage en revue des conventions du Conseil
de l’Europe et des décisions du Comité des Ministres du 10 avril
2013, le Comité des conseillers juridiques en droit international
public (CAHDI) ont procédé à une évaluation de l'importance pratique
de la Convention européenne sur les fonctions consulaires (STE n
° 61). À la suite de ces travaux, le CAHDI a conclu que la Convention
avait une pertinence pratique limitée et que les États préféraient
avoir recours à la Convention de Vienne sur les relations consulaires
(1963), laquelle convient mieux à la résolution des problèmes ou,
éventuellement, à l’établissement d’accords bilatéraux. Le CAHDI
n’a pas estimé nécessaire d’élaborer des amendements ou des protocoles
additionnels pour compléter la Convention. En juin 2016, le Comité
des Ministres a pris note des conclusions du CAHDI
Note à cet égard.
6. Enfin, le Comité des Ministres estime pertinent de rappeler
les importants travaux menés par le Conseil de l’’Europe sur la
question du traitement des demandes d’asile, que ce soit par le
biais d’instruments adoptés par le Comité des Ministres
Note ou
en coopération avec le HCR, l’Union européenne, la société civile
et d’autres acteurs internationaux.
Note