Compte tenu de ces considérations, l’Assemblée appelle les
États membres du Conseil de l’Europe:
8.1 à prévenir les discriminations, quel qu’en soit le motif,
dans l’accès aux soins de manière générale, et à lutter contre elles;
8.2 à assurer une prise en charge respectueuse des droits
humains et de la dignité humaine lors de consultations médicales,
de soins et de l’accouchement;
8.3 à demander aux ministères responsables des questions de
santé et d’égalité de recueillir des données concernant les actes
médicaux pratiqués lors des accouchements et les cas de violences gynécologiques
et obstétricales, de mener des études sur ce sujet et de les rendre
publiques;
8.4 à diffuser les bonnes pratiques promues par l’OMS et à
demander aux ordres nationaux des médecins de débattre de cette
question et d’élaborer des recommandations afin de prévenir des violences
gynécologiques et obstétricales, notamment dans le cadre d’une commission
de promotion de la bientraitance en gynécologie;
8.5 à mener des campagnes d’information sur les droits des
patient·e·s et de sensibilisation à la prévention et à la lutte
contre le sexisme et la violence à l’égard des femmes, comprenant
les violences gynécologiques et obstétricales;
8.6 à adopter et à mettre en œuvre une législation relative
au consentement éclairé des patient·e·s et à leur droit à l’information
aux différentes étapes des procédures médicales, si cela n’est pas
encore fait;
8.7 à garantir un financement adéquat aux établissements de
santé afin d’assurer des conditions de travail dignes au personnel
soignant, un accueil respectueux et bienveillant des patient·e·s
et parturientes, et un accès aux traitements antidouleur;
8.8 à assurer une formation spécifique des gynécologues obstétriciens
et à mener des actions de sensibilisation aux violences gynécologiques
et obstétricales dans le cadre de cette formation;
8.9 à s’assurer que la formation des médecins, des sages-femmes
et des infirmier·ère·s accorde une place importante à la relation
entre le personnel soignant et les patient·e·s, à la notion de consentement éclairé,
à l’égalité entre les femmes et les hommes, à l’accueil des personnes
LGBTI, des personnes en situation de handicap et des personnes vulnérables,
à la communication, à la prévention du sexisme et des violences,
et à la promotion d’une approche humaine des soins;
8.10 à proposer des mécanismes de signalement et de dépôt de
plainte spécifiques et accessibles aux victimes de violences gynécologiques
et obstétricales, au sein des hôpitaux et en dehors, notamment auprès
des défenseurs des droits;
8.11 à prévoir un mécanisme d’examen des plaintes pour violences
gynécologiques et obstétricales excluant toute médiation, et à prévoir
des sanctions, si tel n’est pas encore le cas, à l’égard des professionnels
de santé lorsqu’une plainte pour ce type de violences est avérée;
8.12 à proposer un service d’assistance aux victimes de violences
gynécologiques et obstétricales, et à assurer la prise en charge
des soins;
8.13 à signer et à ratifier, pour les États qui ne l’ont pas
encore fait, la Convention d’Istanbul, et à la mettre en œuvre;
8.14 à mettre en œuvre la Recommandation CM/Rec(2019)1 du Comité
des Ministres sur la prévention et la lutte contre le sexisme.