Mettre fin à la violence à l'égard des enfants migrants et à leur exploitation
Réponse à Recommandation
| Doc. 15019
| 18 décembre 2019
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1363e réunion des Délégués des Ministres
(11 décembre 2019). 2020 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2160
(2019)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation
2160 (2019) de l’Assemblée parlementaire intitulée «Mettre fin à
la violence à l’égard des enfants migrants et à leur exploitation»,
qu’il a transmise, pour information et commentaires éventuels, au
Comité ad hoc pour les droits de l’enfant (CAHENF), au Groupe d’experts
sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA), au Comité
des Parties à la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection
des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels (STCE n° 201,
«Convention de Lanzarote»), au Comité directeur pour les droits
de l’homme (CDDH) et au Comité européen de coopération juridique
(CDCJ).
2. Le Comité des Ministres salue le travail de l’Assemblée parlementaire
et reconnaît l’importance de cette recommandation, qui souligne
les risques majeurs auxquels les enfants migrants sont exposés.
Le Comité des Ministres a pleinement conscience de la vulnérabilité
des enfants migrants et de la nécessité de veiller à leur protection
contre toutes les formes de violence et d’exploitation. Il lui paraît
important que les travaux menés dans ce domaine se poursuivent et
il soutient les activités mises en œuvre par les comités et les
mécanismes de suivi compétents.
3. Dans sa recommandation, l’Assemblée appelle le Comité des
Ministres à agir en réponse à trois problèmes. Le premier (paragraphe
6.1) concerne les lignes directrices sur la tutelle et la détermination
de l’âge établies afin de fournir des garanties appropriées aux
enfants dans le contexte de la migration. À ce sujet, le Comité
des Ministres informe l’Assemblée que la Recommandation
CM/Rec(2019)11 sur un régime de tutelle efficace pour les enfants non
accompagnés et les enfants séparés dans le contexte de la migration
a été adoptée par le Comité des Ministres le 11 décembre 2019. Concernant
les lignes directrices sur la détermination de l’âge, le Comité
ad hoc pour les droits de l’enfant conduit des consultations afin
de conclure ses travaux et d’être en mesure de transmettre le texte
au Comité des Ministres pour examen en 2020. Après l’adoption des
textes en question par le Comité des Ministres, celui-ci invitera
les comités et organes de l’Organisation compétents à assurer leur
promotion auprès des États membres.
4. Au paragraphe 6.2 de sa Recommandation, l’Assemblée appelle
le Comité des Ministres à charger le Comité directeur pour les droits
de l’homme (CDDH) d’examiner la possibilité d’élaborer des normes européennes
pour les centres d’accueil d’enfants migrants non privatifs de liberté.
Sur ce point, le Comité des Ministres informe l’Assemblée que, dans
le cadre de son mandat pour 2020-2021, le CDDH sera chargé d’examiner
la question du placement en structure familiale pour les enfants
non accompagnés ou séparés de leurs familles. Ce travail aura pour
toile de fond la situation de vulnérabilité particulière de ces
enfants et pourrait, le cas échéant, servir de base à la prise en
considération, en temps utile, de la proposition formulée par l’Assemblée
au paragraphe 6.2.
5. Enfin, en réponse au paragraphe 6.3, le Comité des Ministres
appelle les États membres qui sont parties à la Convention de Lanzarote,
mais qui ne l’ont pas encore fait, à prendre des mesures pour appliquer
les recommandations figurant dans le rapport spécial du Comité de
Lanzarote «Protéger les enfants touchés par la crise des réfugiés
contre l’exploitation et les abus sexuels». Il rappelle que les
recommandations contenues dans ce rapport spécial sont conformes
aux mesures législatives et à la mise en œuvre des politiques recommandées
par l’Assemblée parlementaire dans la
Résolution 2295 (2019) (voir paragraphes 8.1 et 8.2). Ce rapport propose aussi
un ensemble de bonnes pratiques dont les États peuvent s’inspirer.
Le Comité des Ministres rappelle qu’une évaluation des suites données
par les Parties concernées aux recommandations contenues dans ce
rapport spécial est en cours.
6. Le Comité des Ministres appelle également l’attention sur
la Déclaration du Comité de Lanzarote (du 28 juin 2018) sur la protection
des enfants migrants et réfugiés contre l’exploitation et les abus
sexuels. Dans cette déclaration, le Comité appelle les États parties
à veiller aux droits et à l’intérêt supérieur de l’enfant en toutes
circonstances, quel que soit son statut migratoire, au motif que
tous les enfants doivent jouir des mêmes droits et du même niveau
de protection. Une attention particulière doit être accordée aux
enfants migrants et réfugiés, en tenant compte de la vulnérabilité
accrue engendrée par des facteurs tels que la privation de liberté, la
séparation de leur famille, un accueil et des soins inadaptés et
l’absence de systèmes de tutelle efficaces.
7. Le Comité des Ministres souhaite finalement mentionner la
Ligne directrice 13 des Lignes directrices sur la mise en œuvre
du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant,
relatives à la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la
pornographie mettant en scène des enfants, adoptées en juin 2019 par
le Comité des droits de l’enfant de l’ONU (CRC). Les États y sont
encouragés, notamment, à accorder une attention spécifique aux enfants
migrants.