L'un des problèmes les plus urgents de la protection des droits humains est la violence et la discrimination policières. Ces graves violations des droits humains ont récemment été mises en lumière par le mouvement Black Lives Matter et elles ont été trop longtemps ignorées par la communauté internationale. Il est grand temps que l'Assemblée parlementaire examine la faisabilité de l'élaboration d'un instrument international contraignant qui traite de l'usage excessif et injustifié de la force par la police (brutalité policière), des violations des droits humains fondamentaux par la police (y compris le droit de réunion pacifique), des cas de profilage racial et ethnique et d'autres formes courantes de violations des droits humains commises par les forces de police dans les États membres.
L'Assemblée devrait rédiger un rapport qui explore la législation non contraignante existante et la jurisprudence bien établie de la Cour européenne des droits de l'homme afin d'élaborer des normes sur l'utilisation de la force par les forces de l'ordre. Des principes importants tels que la nécessité, la proportionnalité, la justice et la non-discrimination devraient guider les travaux de l'Assemblée sur cette question vitale et actuelle. En outre, le rapport devrait suggérer des voies possibles pour que les États membres s'engagent dans une convention juridiquement contraignante pour lutter contre la brutalité policière. Une telle convention devrait inclure l’obligation de mener des enquêtes efficaces sur les signalements de brutalités policières et elle devrait prévoir un mécanisme de contrôle international. En outre, la convention devrait se concentrer sur les critères fondamentaux de la formation et de l’éducation des agent·e·s des forces de l’ordre et de la réparation et de la justice pour les victimes de brutalités policières.