La nécessité d’une gouvernance démocratique de l’intelligence artificielle
Recommandation 2181
(2020)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Texte
adopté par la Commission permanente, agissant au nom
de l’Assemblée, le 22 octobre 2020 (voir Doc. 15150, rapport de la commission des questions politiques et
de la démocratie, rapporteure: Mme Deborah
Bergamini).
1. L’Assemblée parlementaire se réfère
à sa
Résolution 2341
(2020) sur la nécessité d’une gouvernance démocratique
de l’intelligence artificielle et salue les efforts continus menés
jusqu’ici aux niveaux national, européen et international, notamment
au niveau du Conseil de l’Europe, pour instaurer un cadre réglementaire pour
l’intelligence artificielle (IA). En l’absence d’un tel cadre, l’Assemblée
note que les entreprises privées qui élaborent et utilisent des
technologies fondées sur l’IA ont opté jusqu’ici dans ce domaine
pour une politique d’autoréglementation reposant sur des instruments
de droit souple.
2. L’Assemblée salue le travail accompli par le Comité ad hoc
sur l’intelligence artificielle (CAHAI), qui est chargé d’examiner,
sur la base de larges consultations multipartites, la faisabilité
et les éléments potentiels d’un cadre juridique pour la conception,
le développement et l’application de l’IA, fondé sur les normes
du Conseil de l’Europe dans le domaine des droits humains, de la
démocratie et de l’État de droit.
3. L’Assemblée est convaincue qu’une action forte et rapide est
nécessaire de la part du Conseil de l’Europe pour relever les défis
que pose l’utilisation des technologies fondées sur l’IA qui peuvent
perturber, entre autres, le fonctionnement des institutions et processus
démocratiques. Les instruments de droit souple et l’autoréglementation
se sont révélés insuffisants jusqu’ici pour relever ces défis et
protéger les droits humains, la démocratie et l’État de droit. Le
Conseil de l’Europe occupe une position stratégique qui lui permet de
fournir les conseils et l’assistance nécessaires, en étroite coopération
et coordination avec d’autres institutions et organisations européennes
et internationales, en vue de l’instauration d’un cadre réglementaire global
de l’IA.
4. Au vu de ce qui précède, l’Assemblée recommande au Comité
des Ministres:
4.1 d’exprimer son
soutien quant à l’élaboration d’un instrument juridiquement contraignant gouvernant
l’intelligence artificielle, éventuellement sous la forme d’une
convention, en tenant compte, entre autres, des éléments figurant
dans la
Résolution 2341
(2020);
4.2 de garantir qu’un tel instrument juridiquement contraignant
soit fondé sur une approche globale, se rapporte à l’ensemble des
cycles de vie des systèmes fondés sur l’IA, soit destiné à l’ensemble
des parties prenantes et comprenne des mécanismes afin de garantir
la mise en œuvre de cet instrument.