La pandémie de covid-19 a révélé les réalités gênantes des sociétés dans lesquelles nous vivons. La crise sanitaire mondiale a agi comme une loupe grossissante pour un certain nombre de problèmes liés aux droits de l'homme, dont font partie les mauvaises conditions de travail et de vie des travailleurs transfrontaliers et saisonniers.
Plus d’un tiers du budget de l’Union européenne est alloué aux subventions versées dans le cadre de la politique agricole commune. Ce volet important de la politique européenne ne mentionne même pas les droits des travailleurs agricoles et, malheureusement, aucun des neuf objectifs clairement définis de la réforme de cette politique européenne n’évoque ceux qui permettent de garnir nos assiettes.
Dans une Europe où les denrées alimentaires bon marché présentes dans les rayons des supermarchés semblent aller de soi, les travailleurs transfrontaliers et saisonniers sont souvent sous-payés et exploités, tandis que leur santé est gravement mise en danger. Pendant la crise sanitaire, les travailleurs transfrontaliers et saisonniers ont été cyniquement proclamés travailleurs essentiels, parce que leur absence risquait de provoquer une grave crise alimentaire.
Il importe que l’Assemblée parlementaire examine la situation difficile des travailleurs transfrontaliers et saisonniers en Europe, en particulier pendant la pandémie, en vue de recommander des propositions aux autorités compétentes pour améliorer les conditions de travail des intéressés et leur assurer un accès sans entrave et sans discrimination au marché du travail.