Aspects juridiques concernant les «véhicules autonomes»
Réponse à Recommandation
| Doc. 15341
| 02 juillet 2021
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1408e réunion
des Délégués des Ministres (30 juin 2021). 2021 - Quatrième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2187
(2020)
1. Le Comité des Ministres a examiné la
Recommandation 2187 (2020) de
l’Assemblée parlementaire intitulée «Aspects juridiques concernant
les «véhicules autonomes»» et l’a transmise au Comité ad hoc sur l'intelligence
artificielle (CAHAI) et au Comité européen pour les problèmes criminels
(CDPC) pour information et commentaires.
2. Le Comité des Ministres partage pleinement les préoccupations
exprimées par l’Assemblée dans sa
Résolution 2346 (2020) et reconnaît
que les systèmes de conduite automatisée ou les véhicules totalement autonomes
reposant sur des systèmes d’Intelligence artificielle (IA) pourraient
avoir un impact grave sur la jouissance effective de nombreux droits
humains. Ils donnent aussi lieu à une série de nouveaux défis pour
les régimes réglementaires, notamment en matière de responsabilité
civile et pénale.
3. Le Comité des Ministres a pris note récemment de l'étude de
faisabilité du CAHAI sur un cadre juridique pour le développement,
la conception et l’application de l’intelligence artificielle, fondés
sur les normes du Conseil de l’Europe dans le domaine des droits
de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit. L’étude note que
les services et produits qualifiés d’«intelligence artificielle»
peuvent favoriser la prospérité humaine et le bien-être individuel
et social en étant porteurs de progrès et d’innovation, mais que,
dans le même temps, on assiste à une montée des préoccupations concernant
les effets négatifs de différents types d’applications de l’intelligence
artificielle sur l’homme et la société. L’étude conclut qu’un cadre
juridique approprié serait probablement composé d’une combinaison
d’instruments juridiques contraignants et non contraignants se complétant
les uns les autres. Le Comité des Ministres a chargé le CAHAI de
concentrer ses travaux sur l’élaboration des éléments spécifiques
d’un cadre juridique approprié, qui pourrait comprendre un instrument juridique
contraignant ainsi que des instruments non contraignants, le cas
échéant. Les résultats sont attendus vers la fin de l’année.
4. Il est rappelé que le CDPC a tenu, en 2018, une session thématique
sur l'IA et la responsabilité pénale, au cours de laquelle ont été
examinés la portée et le contenu des lois pénales nationales et
du droit international pertinents concernant l'utilisation de véhicules
automatisés. Après avoir réalisé une étude de faisabilité identifiant
la portée et les éléments principaux d’un futur instrument du Conseil
de l’Europe sur l’IA et le droit pénal, le CDPC a décidé, en novembre
2020, qu'un groupe de travail devrait être mis en place pour rédiger
un instrument sur l'IA et le droit pénal, qui serait consacré aux
préjudices causés par les véhicules automatisés. Plus précisément,
cet instrument devrait permettre de traiter de manière efficace
et cohérente la question de la responsabilité pénale, ainsi que
d’assurer et de promouvoir une plus grande coopération internationale
et un plus grand respect des droits fondamentaux dans ce domaine.
5. En conséquence, des études de faisabilité réalisées par deux
comités intergouvernementaux soulignent la nécessité de disposer
d’un cadre juridique pour l’intelligence artificielle en général
et dans le domaine spécifique des véhicules autonomes. Le Comité
des Ministres décidera des suites à donner à ces travaux dans les
mois à venir, dans le contexte de son examen du prochain Programme
et Budget. Dans la perspective de travaux qui seraient menés au
sein du CDPC, le Comité des Ministres encourage le CDPC à garder
à l’esprit les préoccupations particulières de l’Assemblée parlementaire
concernant les implications du développement et de la mise en circulation
de véhicules autonomes pour le droit pénal et concernant la nécessité
d’une réglementation qui soit conforme aux normes du Conseil de
l’Europe en matière de droits de l’homme et d’État de droit, et
qui garantisse notamment le respect du droit à la vie et du principe
de sécurité juridique.