Les principes et garanties applicables aux avocats
Réponse à Recommandation
| Doc. 15342
| 02 juillet 2021
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1408e réunion des Délégués des Ministres
(30 juin 2021). 2021 - Quatrième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2188
(2020)
1. Le Comité des Ministres
a examiné la
Recommandation 2188
(2020) de l’Assemblée parlementaire sur «Les principes et garanties
applicables aux avocats», qu’il a transmise au Comité ad hoc sur
l’intelligence artificielle (CAHAI) et au Comité européen de coopération
juridique (CDCJ) pour information et commentaires éventuels.
2. Le Comité partage pleinement le point de vue de l’Assemblée
parlementaire selon lequel les avocats jouent un rôle essentiel
dans la protection des droits de l’homme, en particulier pour ce
qui concerne le droit à un procès équitable, et dans la mise en
œuvre des principes de l’État de droit. Comme l’Assemblée, le Comité s’inquiète
des nombreux cas d’atteintes aux droits des avocats, y compris des
attaques contre leur sécurité et leur indépendance, constatés depuis
quelques années.
3. Bien que des normes minimales soient énoncées dans sa Recommandation
Rec(2000)21 sur la liberté d’exercice de la profession d’avocat,
le Comité des Ministres est conscient que cet instrument n’offre
peut-être plus aux avocats le niveau de protection nécessaire dans
la société d’aujourd’hui. Par conséquent, s’agissant de l’éventualité
d’un nouvel instrument, le Comité rappelle qu’il a pris note récemment
de l’étude menée par la Comité européen de coopération juridique
(CDCJ) sur «La faisabilité d’un nouvel instrument juridique européen,
contraignant ou non, sur la profession d’avocat – valeur ajoutée
et efficacité potentielles». Cette étude a identifié certaines lacunes
de la protection juridique et certains problèmes liés à la profession d’avocat
et a montré qu’il était clairement nécessaire de renforcer les normes
minimales applicables aux avocats dans le cadre de leurs activités
professionnelles. Elle recommandait que le Comité des Ministres engage
le processus d’élaboration d’un nouvel instrument juridique qui
offrirait aux avocats une protection efficace leur permettant d’exercer
leur profession en toute indépendance, liberté et sécurité, sans
préjudice et sans entrave. Le Comité des Ministres a également pris
note du projet de mandat d’un comité d’experts subordonné au CDCJ,
chargé d’élaborer un projet d’instrument juridique européen, contraignant
ou non, sur la profession d’avocat, dont l’examen est prévu dans
le cadre des discussions sur le prochain Programme et Budget, à
l’automne 2021. Dans l’attente de sa décision sur l’élaboration
d’un nouvel instrument juridique, le Comité des Ministres encourage
les États membres à poursuivre leurs efforts visant à pleinement
mettre en œuvre les dispositions de la Recommandation
Rec(2000)21, entre autres moyens par le biais des activités de coopération
et de formation du Conseil de l’Europe.
4. Le Comité des Ministres a également conscience de l’appel
répété de l’Assemblée parlementaire à la mise en place d’une plateforme
pour la protection des avocats contre toute forme d’ingérence dans
l’exercice de leurs activités professionnelles. Dans sa réponse
à la
Recommandation 2121
(2018) de l’Assemblée parlementaire, le Comité indiquait qu’il
examinerait ultérieurement le bien-fondé de la proposition de mécanismes
d’alerte précoce visant à assurer la protection des différentes
professions engagées dans la défense des droits humains, à la lumière
de l’étude de faisabilité du CDCJ et de la pratique des procédures
et mécanismes d’alerte précoce existants. Eu égard à la mise en
œuvre du prochain Programme et Budget, qui inclura l’examen des
futurs travaux du Conseil de l’Europe concernant la profession d’avocat
comme indiqué ci-dessus, le Comité des Ministres maintient sa position.
5. Enfin, pour ce qui concerne la nécessité d’inscrire dans la
législation le droit à un procès équitable, le Comité des Ministres
rappelle l’article 6, paragraphe 1, de la Convention européenne
des droits de l’homme et la jurisprudence bien établie de la Cour
européenne des droits de l’homme sur le droit à un avocat et l’égalité des
armes en tant qu’éléments essentiels du droit à un procès équitable.
La garantie de la sécurité des avocats et des autres personnels
participant aux procédures judiciaires est inextricablement liée
à la protection du droit à un procès équitable.