Justice par algorithme – le rôle de l’intelligence artificielle dans les systèmes de police et de justice pénale
Réponse à Recommandation
| Doc. 15395
| 25 octobre 2021
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1415e réunion
des Délégués des Ministres (20 octobre 2021). 2022 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2182
(2020)
1. Le Comité des Ministres a examiné la
Recommandation 2182 (2020) de
l’Assemblée parlementaire «Justice par algorithme – le rôle de l’intelligence
artificielle dans les systèmes de police et de justice pénale» et
l’a transmise au Comité européen pour les problèmes criminels (CDPC),
au Comité ad hoc sur l’intelligence artificielle (CAHAI) et au Comité
directeur pour les droits de l’homme (CDDH) pour information et commentaires
éventuels.
2. Le Comité des Ministres réaffirme que les systèmes de police
et de justice pénale de tous les États membres doivent exercer leurs
activités dans le cadre et les limites des mêmes normes fondamentales
en matière de droits de l’homme et d’État de droit, telles qu’elles
sont consacrées par la Convention européenne des droits de l’homme
(STE no 5) et interprétées dans la jurisprudence
de la Cour européenne des droits de l’homme. Le Comité partage l’avis
de l’Assemblée parlementaire, tel qu’il figure dans la
Résolution 2342 (2020) associée,
selon lequel, si l’utilisation de l’intelligence artificielle dans
les systèmes de police et de justice pénale présente des avantages
importants lorsqu’elle est correctement réglementée, elle peut avoir
une incidence particulièrement grave sur les droits de l’homme dans
le cas contraire. Le droit à la non-discrimination, le droit au
respect de la vie privée et le droit à un procès équitable sont
des aspects fondamentaux qui suscitent des inquiétudes particulières.
3. À cet égard, le Comité des Ministres rappelle la contribution
déjà apportée par le Conseil de l’Europe en matière d’établissement
de normes dans ce domaine et d’assistance aux États membres par
l’identification de principes permettant de relever ces nouveaux
défis. Il renvoie à ses décisions relatives aux droits de l’homme à
l’ère du numérique, prises lors de la 131e Session
ministérielle du 21 mai 2021, à Hambourg, dans lesquelles il encourage
la mise en œuvre, entre autres, de sa Recommandation
CM/Rec(2020)1 sur
les impacts des systèmes algorithmiques sur les droits de l’homme
et de la Charte éthique européenne d’utilisation de l’intelligence
artificielle dans les systèmes judiciaires et leur environnement,
publiée par la Commission européenne pour l’efficacité de la justice.
4. De plus, et précisément pour éviter les «patchworks réglementaires»
– des normes différentes selon les différents pays –, le Comité
des Ministres a décidé de donner la priorité aux travaux visant
à établir un cadre juridique approprié pour le développement, la
conception et l’application de l’intelligence artificielle sur la
base des normes du Conseil de l’Europe relatives aux droits de l’homme,
à la démocratie et à l’État de droit, et propice à l’innovation.
Il a invité ses Délégués, tout en examinant l’éventail complet des
options possibles, à se concentrer plus particulièrement sur un
éventuel cadre juridique qui peut être composé d’un instrument juridique
contraignant à caractère transversal qui inclut notamment des principes
généraux communs, ainsi que d’instruments additionnels contraignants
ou non contraignants afin de relever les défis liés à l’application de
l’intelligence artificielle dans des secteurs spécifiques. Les négociations
sur l’instrument transversal devraient être entamées avant la prochaine
Session ministérielle de mai 2022.